Cinq élections partielles fédérales lundi

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Emmanuella Lambropoulos tentera de succéder à Stéphane Dion dans Saint-Laurent.

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Vicky Fragasso-Marquis
La Presse Canadienne
Montréal

À la suite de la démission du député Stéphane Dion et de l'investiture controversée du Parti libéral dans Saint-Laurent, les candidats des principaux partis d'opposition espèrent que le gouvernement libéral sera sanctionné à l'occasion de l'élection partielle qui aura lieu lundi. Mais la candidate libérale à la succession de Stéphane Dion semble sûre de gagner son siège après avoir remporté l'investiture à la surprise de tous.

Les projecteurs sont braqués sur le fief libéral depuis que les membres du Parti libéral ont fait un pied de nez à la direction du parti en élisant une candidate peu connue, mais bien enracinée dans la région, au détriment de deux candidates très connues, dont l'ex-ministre Yolande James.

Quelques semaines auparavant, le maire de l'arrondissement, Alan De Sousa, avait vu sa candidature rejetée sans que le parti lui offre d'explication claire.

L'élection est très suivie également parce qu'elle a été provoquée par la démission du député de longue date et ancien ministre, Stéphane Dion, qui avait été écarté du conseil par le premier ministre Justin Trudeau.

Selon les candidats qui se présentent contre la libérale Emmanuella Lambropoulos, ces deux événements ont surpris et déçu la population de la région, qui vote par automatisme pour le Parti libéral, ont-ils tous dit en entrevue avec La Presse canadienne à quelques heures du vote, samedi.

Ils espèrent que les électeurs changeront leurs habitudes pour démontrer cette déception qu'ils ont ressentie chez eux.

«Ils (les libéraux) ont tenu notre population pour acquis. Mais là, le monde s'est réveillé avec tous les événements qui se sont passés», a affirmé le candidat conservateur, Jimmy Yu, en entrevue dans un café de la circonscription.

«Ça paraît qu'il y a beaucoup de grogne. Il y a beaucoup de gens qui votaient libéral par habitude, ça a toujours été une circonscription libérale et on se rend compte que, peut-être, ils ne se sentent pas écoutés. Ils commencent à voir les autres partis, que ça existe», a ajouté le candidat néo-démocrate, Mathieu Auclair, lors d'un entretien dans son local de campagne.

Rencontrée à son grand bureau de campagne sur le boulevard Descarie, Mme Lambropoulos a dit ne pas ressentir cette colère - tout au contraire.

«Pour vous dire la vérité, j'ai cogné à beaucoup de portes et la majorité de gens m'ont dit qu'ils étaient très libéraux et qu'ils vont rester libéraux. Ils me disent aussi qu'ils sont contents que j'aie gagné, ils sont contents que ce soit quelqu'un de local qui a gagné», a-t-elle affirmé.

«Je ne pense pas que trop de personnes vont utiliser (la controverse de l'investiture) comme un facteur déterminant», a-t-elle poursuivi.

Daniel Green, candidat et vice-président du Parti vert, croit aussi que les dernières décisions des libéraux pourraient leur nuire auprès de l'électorat, notamment quant à l'abandon de leur promesse sur la réforme du mode de scrutin.

«On pensait qu'on avait tout vu avec Harper (Stephen, ancien premier ministre conservateur), et là on voit un Parti libéral qui se comporte de façon tellement antidémocratique», a-t-il lancé.

Prudence sur les résultats

Tous demeurent prudents sur le résultat de lundi, sauf M. Yu, qui se dit convaincu de gagner en raison des nombreuses controverses touchant le Parti libéral et des promesses brisées des libéraux, dont celle d'avoir des déficits modestes pendant quelques années.

M. Yu admet que son parti «n'a pas été très bon» par le passé pour communiquer ses idées dans la région montréalaise, qui n'a jamais élu un seul conservateur depuis la fusion des deux partis conservateurs à Ottawa, mais selon lui, le parti «s'ouvre» de plus en plus, notamment auprès des jeunes.

Certains, comme M. Auclair et le candidat bloquiste William Fayad, espèrent créer une surprise semblable à la victoire d'Emmanuella Lambropoulos à l'investiture, que peu avaient prédite.

«J'espère qu'il y aura une surprise comme avec le Parti libéral», a affirmé M. Fayad avec un large sourire.

«Les gens nous disent: "on veut du changement, on est tannés d'être pris pour acquis"», a renchéri la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, qui faisait campagne avec M. Fayad samedi.

Daniel Green, candidat et vice-président du Parti vert, reste lucide. Selon lui, les libéraux vont remporter l'élection, mais il souhaite au moins que ce soit par une faible marge pour que les électeurs puissent envoyer un message au Parti libéral en vue de 2019.

«Ce parti-là mérite un message, mérite une petite correction démocratique», a-t-il conclu.

De son côté, Mme Lambropoulos entend bien conserver le siège. «M. Dion a gagné avec 62 pour cent la dernière fois et environ 70 pour cent des gens que je rencontre sont pour le parti», a-t-elle déclaré.

La jeune candidate, qui a grandi et qui vit toujours dans la circonscription, prédit qu'elle devrait faire aussi bonne figure dans l'élection que lors de l'investiture puisqu'une bonne partie des citoyens la connaissent personnellement - mais elle n'est pas la seule dans cette situation.

Jimmy Yu et William Fayad vivent aussi dans la circonscription et sont impliqués dans leur communauté.

«Je suis à Saint-Laurent depuis 20 ans, j'ai été impliqué dans plusieurs activités, par exemple comme entraîneur de soccer avec les jeunes, comme bénévole. J'ai fait beaucoup de choses à Saint-Laurent. Je connais Saint-Laurent et je connais les dirigeants», a affirmé M. Fayad.

Quatre autres partielles

Les électeurs des comtés ontariens d'Ottawa-Vanier et Markham-Thornhill, et albertains de Calgary Heritage et Calgary Midnapore sont également appelés aux urnes.

Ces quatre circonscriptions étaient représentées par de grosses pointures, soit le libéral Mauril Bélanger, décédé en août dernier, l'ex-ministre libéral de l'Immigration John McCallum, l'ancien premier ministre conservateur Stephen Harper ainsi que l'ancien ministre conservateur Jason Kenney.




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