Annoncé en 2016, claironné en 2017

DÉCODAGE / Pour marquer le coup politiquement, le gouvernement devait marteler... (Infographie Le Soleil)

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(Québec) DÉCODAGE / Pour marquer le coup politiquement, le gouvernement devait marteler que le budget présenté mardi est celui de l'Après Rigueur-austérité. Il avait déjà distillé le même message l'an dernier. Mais celui-ci n'avait pas percolé. Et pour cause : c'est un bien lent dégel et ce n'était encore qu'une amorce...

Mais ce dégel a bel et bien débuté il y a un an. Après avoir chuté pendant deux ans, les effectifs dans l'appareil public québécois ont augmenté de 2890 «équivalents temps complet» au cours des 12 derniers mois, soit de 0,6 %. C'était un premier inversement de courbe.

Les réinvestissements annoncés dans le budget 2017-2018 de Carlos Leitão scintillent. Ils se chiffrent en milliards de dollars parce qu'ils sont additionnés sur cinq ans. Ils tomberont toutefois très graduellement.

Prenons le poste identifié «préscolaire, primaire et secondaire». Les investissements supplémentaires y seront de 170 millions $ cette année, de 245 millions en 2018-2019, de 345 en 2019-2020, de 445 en 2020-2021 et de 600 en 2021-2022. C'est en additionnant ces sommes que le gouvernement peut claironner «1,8 milliard $ de plus».

À la rubrique «davantage de moyens pour l'enseignement supérieur», la courbe est semblable. Les dépenses supplémentaires croîtront de 100 millions $ de plus à 300 en 2021-2022 - pour un total affiché de plus de 1,1 milliard $.

C'est par l'addition de ces deux postes, et de deux autres, plus petits, et en les comptant sur cinq ans, que le gouvernement peut annoncer un total de 3,5 milliards $ de plus pour l'éducation.

«Pas le plus pauvre»

Les transferts fédéraux passeront de 20,5 milliards $ à 22 milliards cette année. La «péréquation» comptera pour 11,1 milliards $ de cette enveloppe, un record.

Malgré tout, rappelle le ministère des Finances du Québec, le Québec n'est pas la province qui bénéficie le plus de la péréquation.

Nuançons : le Québec est le plus grand bénéficiaire en dollars absolus, mais pas par tête de pipe. Par habitant, il touchera cette année 1349 $. Au Manitoba, ce sera 1419 $; en Nouvelle-Écosse, 1886 $; au Nouveau-Brunswick, 2332 $; à l'Île-du-Prince-Édouard, 2673 $.

Petite histoire de sous

Concluons ce volet avec un élément qui ne figurait pas dans les documents budgétaires. Personne ne pouvait d'ailleurs s'attendre à ce qu'il s'y trouve.

Une tribune publiée il y a quelques jours dans Le Soleil rappelait que les pensions alimentaires pour enfants sont encore en grande partie considérées comme un revenu de travail lorsque le parent concerné vit d'aide sociale. Or, elles ne le sont plus depuis 20 ans pour les autres.

En 2008, la députée péquiste Lisette Lapointe avait présenté un projet de loi pour corriger cette «injustice». Son parti est revenu à la charge l'année suivante. Lorsqu'il a formé le gouvernement, le Parti québécois n'a pas agi.

Avant et après lui, les libéraux n'ont pas davantage bougé.

Pourtant, en novembre 2012, tous les élus de l'Assemblée nationale avaient adopté une résolution dans laquelle ils affirmaient que les pensions alimentaires pour enfants devaient «cesser d'être traitées comme un revenu» imposable pour les gens à l'aide sociale.

Tous les partis sont d'accord depuis des années. Mais sur papier.

*****

La nouvelle fracture

Pour beaucoup de péquistes, la prise du pouvoir et l'indépendance ont plus de chances d'advenir si elles sont associées à la défense de l'identité. Voilà pourquoi, disent-ils, le PQ doit miser sur les questions identitaires.

Le nouveau point de fracture est d'ailleurs là : entre «identitaires», diraient certains, et «multiculturalistes». Il est moins qu'auparavant entre fédéralistes et souverainistes comme tels.

L'analyse qui s'est répandue est que l'idée d'indépendance ne suffit plus en soi. Elle doit s'appuyer sur quelque chose, sur l'«identité» en l'occurrence.

Aux yeux de Philippe Couillard, le PQ perd l'âme que lui a donnée René Lévesque en fonçant dans cette direction.

Pour Jean-François Lisée, le Parti québécois est au contraire fidèle à lui-même. Il a été fondé pour défendre les Québécois, donc, leurs valeurs et leur identité, insiste-t-il désormais.

Le débat entourant la consultation à venir sur le racisme et sur la «discrimination systémique» a été une autre illustration de cette fracture.

*****

Deux poids deux mesures?

Jean-François Lisée s'en est pris à Radio-Canada en entrevue avec le Journal de Québec. Il a accusé la société d'État d'avoir tenté de «culpabiliser» les Québécois avec son sondage sur l'immigration, ainsi qu'avec un reportage de l'émission Enquête sur la montée des populismes.

Philippe Couillard ne se plaint pas des médias. Mais il n'en pense pas moins. Il estime que son gouvernement est souvent injustement traité. Il croit que si des «affaires» semblables se présentaient dans un camp adverse et chez les libéraux, elles provoqueraient pas mal plus de controverses médiatiques dans le deuxième cas.

Il estime qu'un véritable scandale médiatique éclaterait si un député provenant de ses rangs siégeait au Parlement québécois tout en dirigeant un parti fédéral. À ses yeux, le double chapeau que porte Martine Ouellet, en étant à la fois députée à l'Assemblée nationale et chef du Bloc québécois, a été plutôt banalisé par les médias.




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