Racisme et discrimination: la polémique s'amplifie au parlement

Le chef péquiste Jean-François Lisée (photo) et le... (La Presse canadienne, Jacques Boissinot)

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Le chef péquiste Jean-François Lisée (photo) et le premier ministre Philippe Couillard  sont engagés dans ce débat houleux depuis lundi.

La Presse canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Pour une deuxième journée d'affilée, Philippe Couillard a pourfendu le péquiste Jean-François Lisée, qui soutient que le gouvernement veut organiser le procès des Québécois avec sa consultation portant sur le racisme au Québec et la discrimination systémique.

Il n'est pas question de procès, a rétorqué le premier ministre mercredi. «Je ne connais pas un seul État démocratique qui refuse de faire ce débat. Et je ne connais surtout pas un seul parti politique, qui se prétend progressiste, qui refuse même d'en entendre parler.»

La veille, le premier ministre avait déjà accusé le chef péquiste de sombrer dans le «négationnisme». «Le Québec n'est pas une société pire que les autres; c'est une belle société, mais les mêmes démons y résident. Et de prétendre les nier comme M. Lisée le fait, c'est du négationnisme.»

Ce bras de fer politique se tend depuis le début de la semaine. Jean-François Lisée a déclaré lundi que M. Couillard fera le lit de l'extrême droite en «mettant du sel sur la plaie avec une commission qui va dire à la majorité ''vous êtes des racistes systémiques'' et qui va dire à la minorité ''vous êtes des victimes systémiques''».

«Quand on n'agit pas sur le terrain, quand on n'écoute pas les craintes légitimes des Québécois sur la laïcité et qu'ensuite on fait un exercice de culpabilisation, on augmente le niveau de frustration et on fait le lit de l'extrême droite.»

Dissonances au PQ

La ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, Kathleen Weil, a annoncé la semaine dernière la formation d'un comité-conseil pour préparer «une consultation sur le racisme et la discrimination systémique». Le libellé ne parle pas comme tel de «racisme systémique» - ce qu'on envisageait il y a plusieurs semaines -, mais de racisme (sans qualificatif) et de «discrimination systémique».

Philippe Couillard et Kathleen Weil soutiennent que les sorties de M. Lisée ne font pas l'unanimité au Parti québécois. L'été dernier, le péquiste Alexandre Cloutier s'était dit favorable à la mise en place d'une commission traitant du racisme systémique. Idem pour Paul St-Pierre Plamondon, que

M. Lisée a recruté après la dernière course à la direction.

L'ex-député du Parti québécois Léo Bureau-Blouin a déjà aussi réclamé la création d'«une commission sur le racisme systémique au Québec». C'était avant que les jeunes libéraux en fassent eux-mêmes la demande, en août.

Alexandre Cloutier ne renie pas ses propos. Mais il ne voit pas ce qui empêche le gouvernement d'agir dès maintenant, d'implanter sans attendre des mesures concrètes pour lutter contre toutes les discriminations.

Le Parti québécois a récemment proposé «d'interdire comme en Ontario l'exigence d'une "première expérience canadienne de travail"», de créer «des projets pilotes de CV anonymes», d'établir un régime d'inspection sanctionnant la discrimination à l'embauche et de sanctionner par des amendes importantes les propriétaires pris en flagrant délit de discrimination.

De telles propositions démontrent que la discrimination systémique et le racisme existent au Québec, dit-on au gouvernement en prenant soin d'ajouter «comme ailleurs dans le monde». On sait le sujet délicat.

Les propositions gouvernementales viendront après la tenue de la consultation. Pas avant plusieurs mois, donc. Le format de la consultation n'a pas encore été arrêté.

Jean-François Lisée ne s'est pas laissé démonter mercredi. Il persiste et signe. «Le premier ministre veut faire un procès de racisme aux Québécois, a-t-il réinsisté. Nous, tous les jours, on est ici pour dire : aidez donc les membres de la diversité. Hier [mardi], on a dit : aidez les chauffeurs de taxi que vous êtes en train d'appauvrir. Aujourd'hui [mercredi], on dit : aidez des immigrantes à statut précaire enceintes et abandonnées.»




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