Plus... ou moins d'argent, dans les poches des Québécois?

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(Québec) DÉCODAGE / Les contribuables québécois ont-ils plus, ou moins d'argent, dans leurs poches depuis l'élection du gouvernement Couillard en avril 2014?

Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, présentera mardi le premier volet d'un vrai diptyque budgétaire. Le deuxième sera dévoilé au printemps 2018 - six mois avant les prochaines élections.

Les budgets d'un même gouvernement s'inscrivent dans une continuité, tracent une même trame. Les deux prochains seront cependant tissés étroitement. Ils prépareront la prochaine campagne électorale.

1000 $ de moins

Pour le Parti québécois et la Coalition avenir Québec, les services publics et les citoyens ont écopé depuis trois ans.

Lorsqu'ils en parlent, les péquistes mettent l'accent sur les services publics, qui ont perdu des plumes; les caquistes, sur les contribuables, qui auraient été déplumés.

Le parti de François Legault propose des baisses d'impôt de 500 $ pour chaque contribuable gagnant moins de 150 000 $.

La CAQ calcule que le fardeau fiscal des particuliers s'est alourdi de 927 $ par année depuis le retour au pouvoir des libéraux (pour une famille composée de deux adultes et de deux enfants, et ayant un revenu annuel de 85 000 $).

Son calcul se décortique ainsi : frais supplémentaires de garderie (661 $), hausses des tarifs d'électricité (117 $), baisse du crédit d'impôt sur les cotisations syndicales (185 $), primes d'assurance automobile (40 $), taxe sur l'essence (134 $), taxes scolaires (120$) et taxes municipales (70 $). Le total fait 927 $ lorsqu'on soustrait ensuite les 400 $ de moins à acquitter en raison de l'élimination de la taxe santé.

Pour le Parti québécois, le total n'est pas de 927 $ par ménage, mais de «plus de 1100 $». Son ménage témoin comprend deux enfants et peut compter sur un revenu de 90 000 $.

La ventilation du PQ ne correspond pas en tous points à celle de la CAQ. Le parti compte 767 $ pour les services d'un CPE tout en y ajoutant 295$ pour les frais de garde à l'école. En additionnant les différentes hausses identifiées par le Parti québécois, on arrive à un total d'un peu moins de 1100$, cela dit.

4 milliards $... à venir

Pour le ministère des Finances, la CAQ et le PQ forcent le trait. Ils s'appuient sur une famille vivant dans une grande maison, ayant une grosse voiture, etc.

Le ministère juge plus utile de comparer la situation avec celle des autres provinces. Une façon d'admettre qu'il y a eu des hausses - ce qui est indéniable -, même si elles ne sont pas à la hauteur de celles dénoncées par les partis d'opposition, selon lui.

Il est de 11 623 $ plus élevé pour un revenu de travail total de 50 000 $. Et de 9 530 $ de plus pour des revenus totalisant 75 000 $.

L'«avantage Québec» s'explique par la générosité relative des transferts publics aux familles québécoises et par l'aide versée aux services de garde - plus importante qu'ailleurs malgré les hausses de tarifs, insiste-t-on.

Le ministère des Finances fait par ailleurs valoir que «plus de 4 milliards $ sur cinq ans» ont été annoncés en allègement fiscal pour les particuliers.

Mais attention. Si le PQ et la CAQ évoquent les trois dernières années, il regarde lui, ainsi que le ministre Carlos Leitão, les années courant de 2016-2017 à 2020-2021. Autrement dit, le gouvernement se focalise avant tout sur des années à venir lorsqu'il affirme mettre 4 milliards $ sur la table.

Rapportons ces 4 milliards $ sur l'année financière en cours, celle qui se termine le 31 mars. L'allègement du fardeau fiscal aura été de 394 millions $ cette année.

Il sera de 872 millions $ en 2017-2018. Pour parvenir à ce chiffre, il faut inclure l'abolition de la taxe santé (qui correspond à 699 millions), le «bouclier fiscal» (qui compte pour 61 millions de la somme), la bonification du crédit d'impôt pour les travailleurs d'expérience (qui vaut 70 millions) et la prime au travail (qui s'élève à 42 millions).

Ces mesures ne sont pas toutes des réductions d'impôt ou de taxes à proprement parler. Elles jouent cependant sur le revenu de certaines catégories de ménage.

Les partis d'opposition tournent leur regard vers les trois dernières années. Le gouvernement, lui, vers l'année en cours et celles à venir. Ils regardent dans des directions opposées.

Imprégner les esprits

Le gouvernement Couillard peine à imposer ses priorités dans l'actualité. C'est le propre d'à peu près tous les gouvernements des démocraties occidentales.

Les balles qui rebondissent de partout sont innombrables. Elles passent sans trop de discrimination par l'amplificateur médiatique.

Mais, au-delà de cet aspect, les choses n'avancent pas au rythme où il le faudrait; pas au rythme où le gouvernement lui-même le souhaite.

Les budgets sont des exercices autant économiques que politiques. Le gouvernement Couillard espère chaque fois que ceux qu'il présente, ou certains des aspects qu'ils contiennent s'imprégneront dans l'opinion publique; qu'ils feront une différence politique. Jusqu'à présent, il n'y est pas parvenu.

La suite viendra mardi, puisqu'il devrait être question entre autres de réduction du fardeau fiscal dans le quatrième exercice budgétaire de Carlos Leitão.




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