Des corps policiers pourraient proscrire des symboles religieux

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Le premier ministre Philippe Couillard estime que les partis d'opposition font de la question du port des signes religieux une obsession.

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(Québec) Le gouvernement Couillard n'interdira pas les symboles religieux pour les figures d'autorité, on le sait, mais les directions des corps policiers du Québec pourraient éventuellement en proscrire certains à travers les balises des «accommodements raisonnables».

C'est ce qu'a laissé entendre le premier ministre en répondant à une question du péquiste Jean-François Lisée au Salon bleu de l'Assemblée nationale, mercredi.

«La population, elle veut qu'on arrête de se préoccuper, pendant des heures et des heures, de cet enjeu artificiel qui n'existe pas, concrètement [celui du port de signes religieux]». «Oui, il faut se préoccuper du fait qu'un jour, peut-être, quelqu'un, quelque part, pourrait éventuellement demander la permission de porter des signes religieux au travail, notamment dans les forces policières», a poursuivi M. Couillard avant d'ajouter ceci : «On va prévoir cette éventualité comme il faut, correctement, mais en respectant les libertés.»

Il n'en a pas dit davantage. On comprend que si son gouvernement n'a toujours pas l'intention d'imposer des interdits, les directions des corps de police, elles, pourraient s'appuyer sur les balises à venir afin de déterminer si un symbole religieux peut être considéré comme sécuritaire ou non pour un policier ou une policière - si son port est compatible ou non avec la fonction pour des motifs de sécurité.

Sondage du PQ

Un sondage commandé par le Parti québécois révèle que 63 % des Québécois, et près de 52 % des sympathisants libéraux, souhaitent que le gouvernement du Québec interdise le port de signes religieux aux juges, aux policiers ainsi qu'aux gardiens de prison - les fameuses figures de coercition du rapport Bouchard-Taylor. 

Le péquiste Jean-François Lisée s'est plu à brandir ces données en soulignant que le premier ministre avait «blessé plus de 60 % des Québécois et la moitié de ses électeurs en disant que ceux qui voulaient interdire ces signes étaient des vecteurs de dérive néfaste et qu'ils banalisaient le discours xénophobe». 

Il a invité M. Couillard à s'excuser en notant que «même le pape, maintenant, parfois, s'excuse pour des choses que l'Église a faites».

Le chef du gouvernement estime que les partis d'opposition font de la question du port de signes religieux une obsession. «En parcourant le Québec et en rencontrant les citoyens, il n'y a personne qui me parle de ça. Les gens me parlent de leurs écoles, de leurs emplois, de l'économie, des finances publiques, de l'incertitude apportée sur les marchés internationaux par l'élection américaine. Ça, c'est important pour le monde.»

«Prendre des décisions concernant le traitement d'une minorité sur la base d'un sondage», comme «[les membres du gouvernement Marois] l'ont probablement fait avec leur infâme [Charte des valeurs]» serait «une erreur démocratique grave», a-t-il assené.

Les partis d'opposition demandent au gouvernement d'amender son projet de loi sur la neutralité religieuse de manière à interdire le port de signes religieux chez les personnes exerçant des fonctions de coercition, soit les policiers, les juges, les gardiens de prison ainsi que les procureurs.

«Consensus»

Le gouvernement invite, pour sa part, les partis d'opposition à accepter le «consensus» que représente son projet voulant que les services de l'État soient livrés et reçus à «visage découvert», projet qui éliminerait des vêtements comme la burqa et le niqab. Son projet de loi prévoit également une série de balises pour déterminer ce qu'est un accommodement religieux raisonnable.

Le sondage du Parti québécois a été mené par une firme nommée Repère communication recherche. Quelque 750 entrevues téléphoniques ont été réalisées. Sa marge d'erreur s'établit à plus ou moins 3,8 points de pourcentage.

Couillard défend son secrétaire associé

Le premier ministre Philippe Couillard s'est porté à la défense de son secrétaire général associé, Pietro Perrino, qui nie être mêlé à une affaire de faveur accordée à un donateur libéral, Luigi Coretti. 

Si le nom de M. Coretti sonne une cloche, c'est que l'ex-dirigeant de la firme BCIA a été intimement lié à la condamnation de l'ex-ministre libéral Tony Tomassi pour fraude. 

M. Coretti a bénéficié d'un abandon des accusations contre lui en raison des délais prolongés de son procès. Mais il a déclaré au Journal de Montréal qu'il aurait préféré que la preuve soit dévoilée devant un juge. Il en aurait profité pour faire défiler à la barre l'ex-premier ministre Jean Charest, l'ex-ministre Jacques Dupuis et M. Perrino. Selon M. Coretti, les procédures judiciaires se sont éternisées en raison des témoins qu'il voulait faire comparaître. 

Les hautes sphères

MM. Charest et Dupuis ont quitté la scène politique, mais M. Perrino a été nommé par l'actuel premier ministre dans les hautes sphères de l'État québécois. Et M. Coretti soutient qu'il est intervenu en sa faveur il y a quelques années pour obtenir un permis d'arme que la Sûreté du Québec lui avait refusé. 

«Nous avons fait de nouvelles vérifications et M. Perrino nie formellement être intervenu pour l'obtention d'un permis», a défendu en chambre le premier ministre Couillard, qui a vanté le travail du secrétaire général associé au Conseil exécutif. 

À la Coalition avenir Québec, le chef François Legault postule que M. Perrino ne doit son emploi à 180 000 $ par année qu'à sa feuille de route libérale. Il déplore que le gouvernement refuse une comparution de M. Perrino en commission parlementaire pour s'expliquer. «Encore une fois, les libéraux essaient de cacher des choses, a dit M. Legault. [...] Il me semble que M. Couillard, pour lui, ce qui est le plus important, c'est d'abord la famille libérale.»  Simon Boivin




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