Accommodements religieux: Lisée trouve les débats «indispensables»

Jean-François Lisée croit qu'il est sain qu'un parti... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Jean-François Lisée croit qu'il est sain qu'un parti soupèse le pour et le contre d'une question avant de décider. «L'adhésion des membres du Parti québécois à une nouvelle orientation suppose qu'ils en aient débattu vraiment», a-t-il ajouté.

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Vicky Fragasso-Marquis
La Presse Canadienne
Victoriaville

Le chef du Parti québécois Jean-François Lisée estime qu'il est «indispensable» que les jeunes de son parti débattent de plusieurs enjeux, dont la délicate question du port des signes religieux, qui a suscité la controverse au cours des derniers jours.

«On est un parti d'idées et de débats. Il est non seulement probable, mais certain, et même indispensable que lorsqu'on décide d'infléchir notre position, on le fasse dans un débat», a-t-il expliqué en point de presse au dernier jour du congrès du Comité national des jeunes du Parti québécois.

Les jeunes militants réunis à Victoriaville en fin de semaine ont envisagé la possibilité d'interdire le port des signes religieux visibles pour tous les travailleurs de l'État, comme le proposait le gouvernement Marois avec sa fameuse Charte des valeurs.

La proposition a finalement été rejetée massivement, mais le premier ministre Philippe Couillard n'avait pas manqué d'accuser, samedi, le PQ de vouloir exclure certains individus sur la base de leurs croyances religieuses.

Or, Jean-François Lisée croit qu'il est sain qu'un parti soupèse le pour et le contre d'une question avant de décider.

«L'adhésion des membres du Parti québécois à une nouvelle orientation suppose qu'ils en aient débattu vraiment», a-t-il ajouté.

M. Lisée reproche au premier ministre de faire lui-même preuve d'exclusion en rejetant les idées de tous ceux qui sont en désaccord avec lui. Samedi, Philippe Couillard a laissé entendre que les Québécois devaient choisir entre la coalition PQ, Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire, qui représenterait «l'exclusion», et le gouvernement libéral, qui représenterait «l'inclusion».

«Lorsqu'on écoute bien ce qu'il a à dire, c'est plutôt lui, le maître de l'exclusion. Quand on dit que tous ceux qui sont d'accord avec Gérard Bouchard sont aux prises avec une dérive qui normalise la xénophobie, M. Couillard exclut l'immense majorité des Québécois», a-t-il lancé.

Dans la dernière semaine, le philosophe Charles Taylor s'est rétracté sur l'une des recommandations de la commission Bouchard-Taylor, laquelle suggérait d'interdire les signes religieux pour les fonctionnaires ayant un pouvoir coercitif. Son ancien collègue, Gérard Bouchard, s'en est désolé et a réitéré la nécessité de légiférer sur la question.

«Il s'est transformé en l'homme qui aurait pu inclure à l'homme qui exclut le plus au Québec», a lancé sans appel M. Lisée.

 «Électrochoc»

Le chef péquiste était présent pour la dernière journée du congrès des jeunes du Parti québécois. Dans un discours d'une trentaine de minutes, il a assuré aux militants que le parti était fin prêt à se «donner un électrochoc» pour se renouveler.

M. Lisée a abordé le rapport «dérangeant» que lui a remis son conseiller spécial, Paul St-Pierre Plamondon, dans lequel il disait que les jeunes étaient «trop peu» nombreux au PQ - seulement 14 % des membres sont âgés de moins de 40 ans.

M. Lisée a cependant insisté pour dire que le PQ était le parti qui avait le plus de jeunes au sein de ses membres en nombre absolu, par opposition au Parti libéral, à la Coalition avenir Québec (CAQ) et à Québec solidaire. «On a 12 000 jeunes sur 89 000 membres. On a trois fois plus de jeunes que les libéraux et on a plus de jeunes que tous les membres de la CAQ», a-t-il soutenu.

«Alors on est en fait le parti le plus connecté sur la jeunesse au Québec. Et de loin!» a-t-il ajouté.

Le discours de M. Lisée a été précédé par celui de Marc-André Bouvette, le nouveau président du Comité national des jeunes du PQ qui a annoncé que les jeunes allaient se lancer dans une campagne de recrutement d'un an à l'aube de l'élection de 2018.

Les jeunes péquistes rejettent deux propositions controversées

Les jeunes du Parti québécois se sont rangés du côté de leur chef, dimanche matin, en rejetant, en plus de la proposition controversée sur les accommodements religieux, celle sur la langue française.

Les esprits se sont échauffés, dimanche matin, au Congrès du comité national des jeunes du Parti québécois (PQ), qui ont rejeté en bloc l'idée d'interdire le port des signes religieux pour tous les employés du secteur public et parapublic pendant leurs heures de travail (lire l'autre texte).

La centaine de jeunes réunis à Victoriaville se sont montrés toutefois plus divisés sur la proposition d'appliquer la loi 101 au niveau collégial, une idée qu'avait défendu le PQ sous le règne de Pauline Marois, mais qui a récemment été abandonnée par le nouveau chef, Jean-François Lisée.

«Actuellement, on a décidé de repousser l'indépendance, on a décidé d'y aller "mollo" sur le débat identitaire. Un parti doit avoir une marque de commerce pour gagner et se démarquer de ses adversaires. Si on recule sur la langue, ça va être quoi, la marque de commerce du Parti québécois en 2018?» a lancé Olivier Lacelle, un jeune délégué de la région de Montréal.

Très divisés

D'autres ont souligné l'importance de mieux intégrer les immigrants, qui ne sont pas nécessairement allés à l'école en français auparavant.

Certains ont plutôt fait valoir que cette mesure pourrait nuire au parti «dans le chemin des victoires». «On a certaines patates chaudes qu'on pourrait peut-être éviter. On parle ici d'une clause qui est relativement minime», a souligné Julien Levac.

Une militante anglophone, Valerie Costanzo, a invité les péquistes à battre cette résolution pour que le PQ ne s'éloigne pas de la communauté anglophone. «Les anglophones sont parmi vous, sont parmi nous et sont membres du Parti québécois», a-t-elle lancé sous un tonnerre d'applaudissements.

Les jeunes péquistes se sont montrés très divisés sur cette question. Un vote secret a même été demandé, mais l'idée a été rejetée, notamment en raison du manque de temps. 




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