Couillard dans l'arène

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(Québec) DÉCODAGE / En fin d'année dernière, Philippe Couillard avait promis que ses députés et lui seraient plus souvent sur le terrain au cours des prochains mois et qu'ils se présenteraient davantage devant les médias pour donner la réplique à leurs adversaires. Difficile de dire si les membres de son groupe parlementaire suivent bel et bien le mot d'ordre, mais le premier ministre, lui, descend assurément plus qu'avant dans l'arène.

Depuis la rentrée parlementaire d'hiver, M. Couillard multiplie les points de presse. Des événements - de l'épouvantable drame du Centre culturel islamique de Québec à l'affaire Sklavounos - l'ont obligé à apparaître plus souvent publiquement.

Mais il y a autre chose, car il s'est régulièrement présenté devant les médias pour prendre la parole sur d'autres sujets. Il a la conviction - partagée par son entourage immédiat - que sa parole peut exercer une force d'entraînement, qu'il pourra convaincre hors de sa base électorale ou, à tout le moins, qu'il consolidera celle-ci.

Voilà pourquoi Philippe Couillard veut prendre de plus en plus souvent la parole.

L'unité des troupes

Que ce soit dans le secret des réunions du caucus ou publiquement, le chef libéral prend aussi la parole dans le but de susciter l'adhésion de ses députés, dans le but de maintenir l'unité de ses troupes.

C'est d'ailleurs un exploit que l'unité du groupe parlementaire ait été maintenue jusqu'ici dans un dossier comme celui de la laïcité, puisqu'il n'en finit plus de finir et que des échos laissent régulièrement entendre que des députés souhaiteraient que leur chef mette un peu ses principes de côté. Et qu'il se rende aux recommandations sur l'interdiction du port de signes religieux aux personnes exerçant des fonctions de coercition de la commission Bouchard-Taylor.

Si des dissonances se sont déjà fait entendre au sein de la députation péquiste, ainsi qu'à la Coalition avenir Québec (pensons au député Jean-François Roberge, qui avait estimé que son parti l'avait «échappé» concernant le burkini), aucune n'a jamais véritablement filtré du caucus libéral - si l'on fait exception de celle, fracassante, de Fatima Houda-Pepin, avec qui les liens ont été brutalement rompus il y a trois ans. C'est un exploit en soi.

Le péquiste Jean-François Lisée et le caquiste François Legault distillent régulièrement que des élus libéraux jugent trop timide le projet de loi 62 sur la neutralité religieuse. C'est qu'ils cherchent à mettre le caucus libéral à l'épreuve.

Ils pensent que si un seul député libéral faisait entendre un son de cloche différent sur un sujet aussi sensible, le socle gouvernemental se fissurerait complètement dans l'état actuel des choses.

Autre pomme de discorde

Les sujets liés au «vivre ensemble» peuvent difficilement ne pas séparer les parlementaires, dans la mesure où ils divisent la population. On en aura un autre exemple lorsqu'il sera davantage su que le gouvernement, après s'être rendu aux arguments de plusieurs, lancera un exercice de consultation sur le racisme et la discrimination systémiques au Québec.

On entendra alors plusieurs voix à la Coalition avenir Québec, au Parti québécois et ailleurs affirmer qu'il faut agir dès maintenant avec des mesures concrètes plutôt que de se livrer à un exercice collectif d'«autoflagellation». M. Lisée a déjà posé les premiers jalons en ce sens.

À force de chercher...

Il est arrivé plus d'une fois cette semaine que le chef du gouvernement ait tenu non pas un point de presse par jour, mais deux. Il les tient d'ailleurs de façon plus organisée. Avec un lutrin devant lui quand c'est possible. 

M. Couillard veut se donner les moyens de prendre plus souvent la parole et de la prendre mieux.

Il y a cependant toujours un risque à multiplier les sorties. C'est ainsi qu'il a permis au péquiste Jean-François Lisée, mercredi, de retourner contre lui l'accusation d'«intolérance». Il venait de dénoncer avec une certaine virulence la position du PQ et de la CAQ sur les symboles religieux lors de l'un de ces points de presse mieux «organisés».

Si la pression paraît désormais plus forte sur M. Couillard et qu'il a plus que jamais besoin de l'appui indéfectible de son caucus, c'est aussi que les paramètres changent. Ses opposants ne lui demandent plus d'aller jusqu'aux recommandations du rapport Bouchard-Taylor parce qu'elles seraient justes en soi, mais pour permettre à la société québécoise de passer enfin à autre chose.

Le chef libéral estime que tendre vers un interdit, c'est ouvrir la porte à une série d'autres.

Ce qui est sûr, c'est qu'à force de chercher le meilleur moment pour faire avancer son propre projet de loi sur la neutralité religieuse, le gouvernement n'en a trouvé aucun. Il n'existe pas de meilleur moment absolu.




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