Lightbound demande pardon aux musulmans de Québec

Joël Lightbound, 28 ans, a grandi sur le boulevard... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Joël Lightbound, 28 ans, a grandi sur le boulevard Nelson, dans Sainte-Foy, avec «des voisins, des amis et des entraîneurs de soccer musulmans».

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(Québec) Élevé dans Sainte-Foy, Joël Lightbound s'est retrouvé plongé dans un examen de conscience dans les jours suivant la fusillade à la Grande Mosquée de Québec. Mercredi, sa réflexion a débouché sur une demande de pardon. Il estime «ne pas en avoir fait assez», ces dernières années, alors que le climat social se dégradait à Québec.  

«L'étincelle, c'est ce qui s'est passé dimanche soir, mais il y avait un problème bien avant le 29 janvier, à Québec», assure le député de Louis-Hébert. 

Lightbound, 28 ans, a grandi sur le boulevard Nelson, dans Sainte-Foy, avec «des voisins, des amis et des entraîneurs de soccer musulmans». Des membres de son entourage connaissaient certaines des victimes de la fusillade de dimanche soir. 

Appelé à prendre la parole, mercredi après-midi, à la Chambre des communes, il s'est adressé directement à la communauté musulmane de Québec, «avec qui j'ai grandi et qui m'a fait grandir à Saint-Ursule, à Saint-Benoît, dans les Caravelles, à Rochebelle et toute ma vie durant».

Après avoir présenté ses condoléances aux familles des victimes de la fusillade, le député libéral y est allé d'un mea culpa.

«Aujourd'hui, je veux aussi leur demander pardon. Pardon d'avoir observé ces dernières années leur ostracisation et leur stigmatisation. D'avoir vu prendre racine dans le coeur de mes semblables la peur, la méfiance et la haine. D'avoir fait de mon mieux pour y répondre, mais de ne pas en avoir fait assez. Parce que si les mots ont des conséquences, les silences aussi ont des conséquences. Plus jamais. Vous êtes à Sainte-Foy chez vous, vous le serez toujours», a assuré Joël Lightbound devant ses confrères députés. 

En soirée, il refusait de démordre de son message. L'islamophobie est loin d'être un problème unique à la Capitale-Nationale, mais «on le sentait davantage à Québec ces dernières années», martèle le député, énumérant les nombreux incidents à caractère islamophobe, dont la tête de porc déposé devant la mosquée, en juin dernier.

«C'est là où j'estime bien humblement que je n'ai pas été assez ferme. Dans la défense de mes concitoyens et de mes amis musulmans. J'aurais pu dénoncer davantage», explique-t-il. 

«J'aurais aussi pu refuser certaines invitations, à la radio notamment», ajoute Joël Lightbound, expliquant qu'il a souvent accepté de discuter, voire de débattre, de questions identitaires à la radio de Québec. Peut-on s'attendre à l'entendre moins souvent sur les ondes de la Capitale-Nationale? Il a préféré de ne pas s'aventurer sur la question, mercredi. 

À ceux qui seront fâchés de l'entendre dire que Québec a un problème d'islamophobie, le député rappelle que «la première chose pour régler le problème est de le reconnaître». 

Ses réflexions des derniers jours lui ont rappelé que lors de son enfance à Québec, les musulmans qu'il côtoyait n'étaient pas désignés par leur religion. «Graduellement, sans nécessairement en prendre conscience, on a commencé à percevoir la communauté musulmane à travers les préjugés. À travers la peur et la haine. Ce n'est pas le cas de tout le monde, mais aujourd'hui je lance un appel à un examen de conscience collectif.»

Déclaration applaudie

Déjà, mercredi soir, un des cofondateurs du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, applaudissait le message passé par Joël Lightbound à la Chambre des communes. 

«C'est extraordinaire, chapeau. C'est beau, plutôt que d'attendre 20 ans et que ce soit nos petits-enfants qui l'entendent. On vient de commencer à calmer les esprits parce qu'on est prêt à écouter.» 

Boufeldja Benabdallah ne croit pas nécessairement que le gouvernement ait été laxiste puisqu'il ne peut pas, dit-il, bâillonner la liberté d'expression. «Mais il ne doit pas se taire et doit réajuster les lois lorsque cela est nécessaire. Il faut qu'il soit prévenant, qu'il ait une approche de précaution», fait valoir M. Benabdallah citant en exemple le financement de la recherche afin d'être à jour sur les phénomènes mondiaux. Selon lui, l'éducation et l'information permettraient d'intercepter les spectres de la violence lorsqu'ils se pointent à Québec ou ailleurs.

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