Carnaval: fêter malgré le drame

On a senti que la vie reprend son... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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On a senti que la vie reprend son cours à Québec lors du Déjeuner des chefs d'entreprise organisé par la Chambre de commerce à l'occasion du Carnaval, mercredi matin, à l'Hôtel Hilton.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Pas question de reconsidérer la tenue du Carnaval de Québec malgré la fusillade de dimanche. Et ce, même si cette perspective a été considérée par les organisateurs. Et même abordée avec les représentants de la communauté musulmane. Tous ont convenu que Québec devait aller de l'avant.

«J'en ai même discuté avec la communauté musulmane et ils ont dit : "Continuez, c'est important que ça continue". Alors on se comprend bien là-dessus», a commenté le maire de Québec, Régis Labeaume, en marge du Déjeuner des chefs d'entreprise organisé par la Chambre de commerce de Québec à l'occasion du Carnaval, mercredi.

«On a tous réfléchi à ça et avec ce qui s'est passé cette semaine, il faut se souvenir qu'il y a des éléments de base à Québec qui font que cette ville-là est heureuse, sécuritaire et prospère. Que les gens y vivent bien. Alors il ne faut pas tout perdre ça à cause des événements», a poursuivi le maire à propos de l'attaque qui a fait six morts et plusieurs blessés dimanche soir.

À l'Hôtel Hilton où le dîner était accompagné d'une conférence de l'homme d'affaires Charles Sirois, on sentait que la vie de Québec reprenait, même si le sujet de l'attentat planait.

«Cette activité d'aujourd'hui montre que la vie continue, et on va continuer», a dit le premier ministre Philippe Couillard, qui participait à ce dîner avec plusieurs autres députés et ministres.

Pas de «sites barricadés»

La directrice du Carnaval de Québec, Mélanie Raymond, croit aussi que la décision de continuer la fête hivernale s'imposait. «On s'est posé la question, mais on est tous d'avis qu'il faut garder l'opportunité de se rassembler. On a une fête à offrir et chacun est libre de faire ses propres choix.» Mme Raymond a convenu mercredi que la situation aurait été différente si l'attentat était survenu la veille d'un événement majeur comme un défilé, par exemple. Mais en début de semaine, les activités sont celles de la programmation en continu des sites carnavalesques.

La directrice n'a pas précisé si la sécurité sera accrue pour le défilé de samedi. «On suit les recommandations de la Ville», a-t-elle dit. Peu de détails du côté du maire Régis Labeaume sur ce plan aussi.

«La police va faire son travail, mais je pense que ce serait aussi une mauvaise idée de barricader les sites. Ce serait de mauvais goût. Il ne faut pas oublier que c'est un individu qui a agi ainsi pour des raisons très particulières, a poursuivi le maire. Il n'y a pas de complot. Ce n'est pas l'État islamique. C'est un dénommé Bissonnette de Cap-Rouge qui a fait ça et qui a visiblement des problèmes psychologiques», a ajouté M. Labeaume.

La ministre du Tourisme pas inquiète

«Le Carnaval a pris un virage important, c'est significatif. Il faut continuer. Il faut que la vie continue et démontrer qu'on n'est pas ralentis par ces événements épouvantables, ce drame pour tout le Québec», a pour sa part affirmé la ministre du Tourisme, Julie Boulet.

L'attentat, a-t-elle dit, est un acte «marginal» et «isolé» qui n'aura selon elle pas d'impact négatif sur l'image de Québec.

«La ville de Québec et la province de Québec est une destination très sécuritaire pour les touristes. Je suis convaincue que notre image demeurera une image sécuritaire.»

À l'Office du tourisme de Québec, le président, André Roy, assure que Québec n'a pas souffert de la tragédie. «On est en mode veille, on regarde avec nos partenaires et les hôteliers s'il y a eu des annulations et ça ne semble pas être le cas. Au contraire, les seuls courriels qu'on a reçus sont des messages de sympathie et d'encouragement», a-t-il dit. «Ce n'est pas un lieu touristique qui était visé, je pense que les gens vont faire la différence.»  Avec Jean-Michel Genois Gagnon

Labeaume et «l'amour fraternel»

Trois jours après l'attentat de la mosquée de Sainte-Foy, le maire Régis Labeaume s'est dit «très satisfait» de la réaction des gens de Québec et de «l'amour fraternel» qui en ressort. M. Labeaume tente, dit-il, de voir le plus possible ce qui se dit sur l'attaque de Québec dans les médias à travers le monde. «Ce qui ressort de ça est la solidarité. C'est l'amour fraternel. Ça peut avoir l'air un peu fleur bleue, mais c'est ce qu'on vit depuis dimanche soir», a-t-il commenté en marge d'une activité du Carnaval mercredi. «C'est extrêmement positif sur la réaction de la population et ça me fait plaisir. Je trouve que c'est très juste comme renvoi d'image, de ce qu'on est et de comment on se sent depuis dimanche.»  Valérie Gaudreau

Toujours aussi opposé au niqab

La grande proximité des derniers jours avec la communauté musulmane ne change rien à la farouche opposition du maire de Québec au port du voile intégral chez certaines femmes. «J'ai eu cette discussion avec les membres de la communauté. On va vous revenir là-dessus», a dit Régis Labeaume mercredi. Par le passé, le maire a souvent critiqué ce vêtement qui couvre tout le visage sauf les yeux et qui, avait-il dit, «infériorise la femme». «J'ai dit que je vais tout faire pour eux autres, mais que je n'accepterai jamais le niqab. Mes positions sur le visage voilé ne changeront jamais. Ils le savent et on va en rediscuter. Mais c'est quand même une frange très minoritaire», a toutefois nuancé M. Labeaume.  Valérie Gaudreau

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