Legault expulse le député Surprenant

Claude Surprenant a été expulsé du caucus caquiste... (Photo archives Le Soleil)

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Claude Surprenant a été expulsé du caucus caquiste au dernier jour d'une réunion de l'aile parlementaire à Saint-Jean-sur-Richelieu.

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(Saint-Jean-sur-Richelieu) François Legault a expulsé son député de Groulx, Claude Surprenant, du groupe parlementaire de la CAQ. Le chef caquiste dit refuser que M. Surprenant, au centre de plusieurs controverses depuis 10 jours, entache la réputation d'«intégrité» de son parti; une marque qui constitue son ADN, ajoute-t-il.

La décision d'expulser le député a été prise au deuxième et dernier jour d'une réunion de l'aile parlementaire de la Coalition avenir Québec à Saint-Jean-sur-Richelieu. François Legault a insisté sur le fait que c'est «l'accumulation» de dossiers qui l'a conduit à la prendre.

Cette accumulation démontre «un manque de jugement par rapport aux standards éthiques élevés auxquels les élus de la CAQ doivent se conformer. Je n'accepterai jamais que l'intégrité de notre formation politique soit entachée», a déclaré François Legault.

Bien que la décision ait été difficile à prendre sur le plan humain, M. Legault veut pouvoir faire comprendre aux Québécois qu'il a réussi un test de leadership en la prenant. «Je veux pouvoir regarder les Québécois en pleine face et leur dire que la CAQ est un parti intègre.»

Une colère qui montait dans l'opinion publique lui a aussi forcé la main. «L'accumulation fait qu'actuellement, ce n'est pas bon pour la CAQ», a reconnu le chef caquiste.

Chose certaine, cette affaire a bousillé le plan de communication qu'avait préparé le deuxième groupe d'opposition pour cette réunion.

M. Surprenant siégera désormais comme député indépendant, au moins le temps que durera l'enquête ouverte par le Commissaire à l'éthique et à la déontologie. La CAQ passe ainsi de 21 à 20 élus au Salon bleu.

Les éléments accumulés

Le réseau Cogeco a révélé récemment que le député de Groulx a réclamé à l'Assemblée nationale 487 $ de frais de déplacement alors qu'il s'était déplacé avec des collègues, dans leur voiture. Il a remboursé cette somme depuis. Il a expliqué qu'il s'agissait pour lui d'être compensé pour deux déplacements qu'il avait effectués précédemment entre Montréal et Québec, mais pour lesquels il n'avait pas réclamé de remboursement.

Il a par ailleurs reconnu avoir fait appel à sa conjointe, qui est architecte, pour des travaux de réaménagement à son bureau de circonscription. La dépense de 700 $ a été autorisée par l'Assemblée nationale. Mais «il est vrai que ce n'est pas l'idéal», a-t-il admis lundi. 

Claude Surprenant a aussi réclamé des frais pour deux chambres d'hôtel à Québec parce que ses enfants étaient allés le voir dans la capitale. L'Assemblée nationale lui a remboursé l'une des deux chambres, soit 150 $.

Il semble que cette réservation ait davantage été faite pour passer un moment de vacances en famille dans la capitale que pour y travailler. Le séjour s'est déroulé au début d'août 2015 et personne à la CAQ ne se souvient avoir vu M. Surprenant à son bureau à ce moment-là.

Le député a lui-même exprimé des regrets à propos de chèques en blanc qu'il a libellés et qui auraient permis, selon lui, à une ancienne employée de son bureau de circonscription de s'emparer de quelque 9000 $.

Discussion spéciale

Avant François Legault, le député Éric Caire n'avait eu d'autre choix que de dire qu'il ne cautionnait pas les gestes de M. Surprenant, que ceux-ci étaient contraires à l'éthique. Son collègue de Groulx n'avait cependant pas, disait M. Caire à ce moment-là, à se retirer du groupe parlementaire caquiste, puisque le Commissaire à l'éthique et à la déontologie ne s'est pas encore prononcé sur son cas.

C'était avant la discussion spéciale convoquée par M. Legault avec ses députés en l'absence de M. Surprenant, qui avait été prié d'attendre à l'extérieur de la salle dans laquelle son expulsion a finalement été décidée.

Lisée évoque un «manque de jugement»

Le chef caquiste François Legault aurait dû exclure le député Claude Surprenant de son caucus dès le moment où celui-ci a porté plainte à la police contre une ex-employée, selon le chef du PQ. 

L'éviction du député caquiste de Groulx, mardi, est arrivée un peu tard au goût de Jean-François Lisée. À son sens, la plainte déposée par M. Surprenant contre son ancienne attachée politique, à qui il avait remis des chèques en blanc, appelait déjà à son exclusion. Un «manque de jugement» du chef caquiste, à son avis. 

«C'est une règle non écrite que, lorsque les policiers se mêlent de quelque chose, il est préférable, tout en respectant la présomption d'innocence, que le député soit suspendu pendant l'enquête, a réagi M. Lisée. C'est un peu décevant que le réflexe éthique de M. Legault n'ait pas été suffisamment aiguisé.»

Le chef péquiste n'est pas fermé à une révision des règles de confidentialité qui entourent les remboursements de dépenses aux députés par l'Assemblée nationale. 

«Gouvernement transparent»

L'article 34 de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels stipule que les documents d'un député ne peuvent être rendus publics à moins que celui-ci n'y consente. 

«On n'a aucune difficulté si le Commissaire à l'éthique ou le bureau de l'Assemblée nationale veut faire une revue des règles, des pratiques, a affirmé M. Lisée. Il faudrait le faire pour les ministres aussi. Je suis prêt à avoir cette discussion. Je suis pour un gouvernement transparent.»  Simon Boivin

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