Trump relance le projet d'oléoduc Keystone XL

Des opposants au pipeline Keystone XL ont manifesté... (AFP, Saul Loeb)

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Des opposants au pipeline Keystone XL ont manifesté mardi à Washington, après que Donald Trump ait autorisé la poursuite du projet d'oléoduc.

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Agence France-Presse
Washington

Le président américain Donald Trump a redonné vie au projet du gigantesque oléoduc Keystone XL reliant le Canada aux États-Unis, dont la construction avait été bloquée par Barack Obama au nom de la lutte contre le changement climatique.

Au lendemain de l'annonce du retrait de l'accord de libre-échange Asie-Pacifique (TPP), l'ancien homme d'affaires continue à détricoter méthodiquement le bilan de son prédécesseur démocrate, comme il avait promis de le faire pendant sa campagne.

Il a signé mardi des décrets ouvrant la voie à la construction d'un oléoduc controversé porté par la compagnie Energy Transfer Partners dans le Dakota du Nord, ainsi que celui, très symbolique, de Keystone XL.

Renégociation avec TransCanada

M. Trump a souligné que l'aboutissement du projet Keystone XL était conditionné à une renégociation avec la société canadienne TransCanada.

«Nous allons renégocier certains des termes et, s'ils le veulent, nous verrons si cet oléoduc peut être construit», a-t-il déclaré lors de la signature des documents dans le Bureau ovale.

Le gouvernement canadien s'est félicité de cette décision : «Lors des deux conversations que j'ai eues avec M. Trump, on a parlé du projet et j'ai souligné que oui, je suis en faveur de ce projet d'oléoduc parce que cela va amener de bons emplois (...) et de la croissance économique», a déclaré le Premier ministre canadien Justin Trudeau lors d'une conférence de presse.

Aux États-Unis, si le camp républicain a salué l'annonce avec enthousiasme, défenseurs de l'environnement et élus démocrates ont dénoncé à l'unisson une initiative prise au mépris des enjeux climatiques.

«Aujourd'hui, le président Trump a ignoré les voix de millions d'Américains et donné la priorité aux profits à court terme de l'industrie des énergies fossiles plutôt qu'à l'avenir de notre planète», a déploré le sénateur Bernie Sanders, ancien rival d'Hillary Clinton lors de la primaire démocrate.

Pour l'organisation Friends of the Earth, le président républicain a clairement signifié son «allégeance aux groupes pétroliers et aux banques de Wall Street» au détriment «de la santé publique et de l'environnement».

Long de 1900 kilomètres, dont 1400 aux États-Unis, le projet Keystone XL vise à transporter le pétrole canadien des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'au Nebraska d'où il pourrait rejoindre les raffineries américaines du golfe du Mexique.

«Je veux le voir construit»

Durant sa campagne, Donald Trump avait promis de relancer ce gigantesque projet. «Je veux le voir construit», avait-il martelé.

Après des années d'atermoiements et une avalanche de rapports, Barack Obama s'était opposé à ce projet fin 2015 : «Transporter du pétrole brut plus sale jusque dans notre pays ne renforce pas la sécurité énergétique des États-Unis», avait-il justifié.

Trois semaines avant la conférence de Paris sur le climat (COP 21), il en avait aussi fait un symbole fort, soulignant qu'approuver une telle initiative aurait affaibli le «leadership» américain sur le climat. «Il faut agir maintenant, pas plus tard, pas un jour. Maintenant!» avait-il martelé.

Dakota Access Pipeline

Dans un dossier distinct, M. Trump a aussi ouvert la voie à la relance d'un projet d'oléoduc dans le Dakota du Nord dont le tracé avait été rejeté en décembre après une intense mobilisation des Amérindiens et des écologistes.

Étendu sur quatre États du nord américain et près de 1900 kilomètres, ce pipeline vise à transporter l'or noir du Dakota du Nord, un des principaux pôles de production de gaz et de pétrole de schiste aux États-Unis, vers un centre de distribution dans l'Illinois.

La tribu sioux de Standing Rock reproche à l'entreprise qui en a la charge de vouloir faire passer l'oléoduc, baptisé Dakota Access Pipeline, sur des sites sacrés où sont enterrés leurs ancêtres, menaçant par la même occasion leurs sources d'eau potable.

La tribu a vivement dénoncé mardi la décision de M. Trump, promettant de la contester en justice.

«C'est une attaque contre notre communauté, une attaque contre notre habitat» s'est exclamée Jade Begay venue manifester mardi devant la Maison-Blanche, promettant au président de revenir régulièrement «pour que vous nous voyiez et que vous nous entendiez».

Le shérif du comté de Morton, où est situé le principal camp des opposants au projet, a appelé les manifestants à rester «calmes et respectueux de la loi» dans leurs actions. Dans un communiqué, il a indiqué qu'il demanderait au gouvernement fédéral des renforts policiers.

Des manifestations, parfois violentes, pour bloquer le chantier ont été durement réprimées par les forces de l'ordre l'an dernier.

Le président américain avait commencé sa journée en recevant les dirigeants des grands groupes automobiles américains, auxquels il a promis d'assouplir les réglementations pour éviter les délocalisations d'usines et de rendre les processus d'autorisation plus rapides.

Dans son discours d'investiture vendredi, il a promis d'articuler sa politique autour d'un seul axe : «l'Amérique d'abord».

TRACÉ PROPOSÉ DE L'OLÉODUC KEYSTONE XL
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