Frais réclamés: Legault évoque les «erreurs de bonne foi» d'un de ses députés 

La CAQ estime que l'Assemblée nationale pourrait analyser... (Archives La Presse canadienne)

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La CAQ estime que l'Assemblée nationale pourrait analyser l'ensemble des dépenses des députés en collaboration avec le Commissaire à l'éthique, et éventuellement émettre des recommandations.

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(Saint-Jean-sur-Richelieu) François Legault botte sur les lignes de côté. Son député Claude Surprenant n'aurait pas dû réclamer des frais de déplacement auxquels il n'avait pas droit, convient le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ). Il refuse toutefois de parler de faute. Il évoque une erreur commise de bonne foi.

Pour faire taire les critiques et sortir son collègue Surprenant du pétrin, M. Legault a demandé lundi que le Commissaire à l'éthique et à la déontologie épluche l'ensemble des comptes de dépenses des 125 parlementaires de l'Assemblée nationale.

Le réseau Cogeco a révélé que le député de la circonscription de Groulx a réclamé à l'Assemblée nationale pour 487 $ de frais de déplacement alors qu'il s'était déplacé avec des collègues, dans leur voiture. Il a remboursé cette somme depuis.

M. Surprenant a expliqué qu'il s'agissait pour lui d'être compensé pour deux déplacements qu'il avait déjà effectués entre Montréal et Québec, mais pour lesquels il n'avait pas réclamé de remboursement. «C'était une erreur, je le reconnais.»

Dans d'autres dossiers, Claude Surprenant parle aussi d'erreurs. Jamais de faute.

Il assure qu'il ne jetterait pas la pierre à un adversaire politique à qui il serait reproché les mêmes «erreurs». «Je n'ai jamais eu de mauvaises intentions. Ces erreurs ont été commises de bonne foi.»

Il reconnaît avoir fait appel à sa conjointe, qui est architecte, pour des travaux de réaménagement à son bureau de circonscription. Il lui a fourni 700 $. La dépense a été autorisée par l'Assemblée nationale, précise-t-il tout, en admettant qu'«il est vrai que ce n'est pas l'idéal», du moins en ce qui a trait à la perception publique. 

Le député caquiste a par ailleurs réclamé des frais pour deux chambres d'hôtel à Québec parce que ses enfants étaient allés le voir dans la capitale. L'Assemblée nationale lui a remboursé l'une des deux chambres, soit 150 $. Il a finalement dû prendre l'autre à sa charge.

Il plaide que le Parlement lui aurait remboursé une grande chambre pouvant accueillir, en plus de sa femme, ses enfants, mais que la note finale aurait alors été plus élevée s'il avait fait ce choix. 

Là où il exprime davantage de regrets, c'est à propos des chèques en blanc qu'il a libellés et qui auraient permis, selon lui, à une ancienne employée de son bureau de circonscription de s'emparer de quelque 9000 $. «J'ai erré. Je ne referai plus ça.» Il accuse cette ex-employée de mener une cabale contre lui.

La CAQ estime que l'Assemblée nationale pourrait analyser l'ensemble des dépenses des députés en collaboration avec le Commissaire à l'éthique, et éventuellement émettre des recommandations sur les dépenses admissibles et non admissibles. 

Protectionnisme

Les députés de la Coalition avenir Québec sont réunis jusqu'à mardi après-midi à Saint-Jean-sur-Richelieu pour préparer la prochaine rentrée parlementaire. Devant les journalistes, M. Legault est revenu sur les inquiétudes que soulève le nouveau président américain, Donald Trump, avec sa volonté de rouvrir l'Accord nord-américain de libre-échange.

«La montée du protectionnisme pourrait affecter durement l'économie québécoise et donc la qualité de vie des familles québécoises. La bonne façon de protéger nos emplois et nos familles, ce sont des investissements, c'est d'améliorer notre productivité et d'avoir une vision.»

Revenant sur le terrain politique québécois, le chef caquiste a fait valoir que cette montée du protectionnisme rend plus important et urgent que jamais de créer des «emplois de qualité» au Québec. Or, depuis près de 15 ans, l'écart entre les salaires moyens québécois et ontarien a continué de croître, a-t-il déploré.

À l'arrivée au pouvoir des libéraux, en 2003, un travailleur québécois gagnait en moyenne 4395 $ de moins par année qu'un travailleur ontarien. Le mois dernier, cet écart s'est creusé à 4552 $.

« Voilà une conséquence navrante pour les familles québécoises de presque 15 ans de monopole libéral», a décoché François Legault.

Combien de membres à la CAQ?

Combien de membres à la Coalition avenir Québec et ailleurs ? Le chef François Legault n'avait pas le chiffre en tête pour son parti lorsque la question lui a été posée lundi, à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Son entourage a par la suite transmis l'information au Soleil, ainsi qu'aux médias intéressés. Il y aurait quelque 11 500 membres à la CAQ.

Jusqu'ici, la carte de membre de la Coalition avenir Québec avait toujours été gratuite. Ce n'est plus le cas. Elle est désormais payante. Elle coûte 5 dollars par année. Ce changement a été décidé pour s'assurer que l'engagement des citoyens devenant membres soit sincère et «profond», explique-t-on.

Malgré ce prix d'entrée, François Legault se dit confiant qu'il y aura plus de Québécois membres de la CAQ aux élections d'octobre 2018 qu'il y en a aujourd'hui.

Réticences

Les partis politiques n'aiment pas communiquer sur leur membership. De façon générale, on le sait, il n'est plus ce qu'il a déjà été. Le militantisme s'est transformé depuis deux générations.

Ajoutons qu'il arrive aux partis de jouer avec les chiffres, additionnant les membres en bonne et due forme et ceux devant renouveler leur carte, mais qui ne le font pas.

Sur le plan du membership, le Parti québécois caracole en tête. L'automne dernier, il affichait environ 73 000 membres. Les deux courses à la direction qu'il a vécues depuis 2014 ont gonflé ses effectifs. Les candidats ont intérêt à recruter le plus possible de nouveaux membres dans ce genre de compétition interne.

Au Parti libéral du Québec, le vrai chiffre du membership a été dévoilé l'automne dernier dans un rapport confidentiel du président sortant de la commission politique, Jérôme Turcotte. Il était très précisément de 37 020 au 31 décembre 2015, selon le document paru dans La Presse

Québec solidaire affirme pouvoir s'appuyer sur 10 000 membres, soit pas tellement moins qu'à la CAQ.

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