Parti conservateur: l'unilingue anglophone O'Leary se lance dans la course

L'homme d'affaires unilingue anglophone Kevin O'Leary s'est lancé... (Archives, La Presse)

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L'homme d'affaires unilingue anglophone Kevin O'Leary s'est lancé dans la course à la direction du Parti Conservateur au lendemain du débat en français.

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne
Ottawa

Moins de douze heures après l'unique débat en français de la course au leadership du Parti conservateur, l'unilingue anglophone Kevin O'Leary saute finalement dans l'arène.

Il n'aura donc pas eu à affronter les 13 autres candidats qui, pour certains, ont eu bien du mal à exprimer leurs idées dans la langue de Molière.

Dans une vidéo sur sa page Facebook mercredi matin, la vedette du petit écran a confirmé ce que tous le soupçonnaient de vouloir faire depuis un bon moment: il s'est déclaré officiellement candidat.

«Je suis excité parce que le potentiel de ce pays est absolument immense. Il est simplement très mal géré. Êtes-vous prêts?», a-t-il lancé aux internautes, quelques instants avant de monter sur le plateau de l'émission matinale de CTV.

La vedette de «Dragons' Den», diffusée sur les ondes de CBC, et de son pendant américain «Shark Tank» avait par le passé laissé entendre qu'il n'était pas nécessaire d'être bilingue pour tenter de devenir premier ministre. Il s'est depuis ravisé et a affirmé à CTV que ce n'était qu'une question de temps avant que son français remonte à la surface.

«En fait, jusqu'à ce que j'aie 7 ans, je conversais (en français), selon mes parents. Ça revient. Vous savez, les gens disent: "tu ne parles pas français"», a-t-il avancé en entrevue à CTV, avant de poursuivre dans un français cassé: «C'est pas vrai, mon français devient mieux chaque jour».

«C'est important de le faire, et la meilleure façon pour moi est en fait de travailler avec des gens d'affaires et leur demander de me parler en français, ce que je fais tous les matins», a-t-il lancé, laissant ainsi planer le doute sur le fait qu'il suive en réalité des cours avec un professeur.

La veille, plusieurs de ses collègues avaient exprimé leur mécontentement devant l'attitude de M. O'Leary, qui commentait sur Twitter le débat sans y être. Pour Lisa Raitt, qui parle elle-même très peu français, il était clair que M. O'Leary attendait de déposer sa candidature au lendemain du débat pour s'en sauver. Michael Chong a déploré un «manque de respect» à l'égard des francophones du Québec et du reste du Canada.

L'ancien directeur des communications de Stephen Harper, Andrew MacDougall, a pour sa part écrit dans une chronique d'opinion dans le Globe and Mail que le futur chef doit absolument être bilingue et que la candidature de M. O'Leary devrait être «rejetée du revers de la main».

Bernier n'a pas peur

Si l'on se fie au nombre d'attaques qu'il a dû essuyer au dernier débat, Maxime Bernier est perçu par ses collègues comme l'un des meneurs. Cela va-t-il changer avec l'arrivée de cet homme d'affaires connu du grand public, du moins au Canada anglais? Le député de Beauce ne semble pas trop inquiet de voir M. O'Leary entrer dans la danse, même s'il chasse sur les mêmes terres que lui, à savoir l'économie.

«Les gens savent, entre l'original et la copie, qui est l'original. Et je pense que c'est moi l'original avec les politiques économiques», a-t-il soutenu en conférence de presse à Ottawa.

M. Bernier était réticent à attaquer trop durement son nouvel adversaire, affirmant plutôt se réjouir qu'il y ait un nouveau candidat dans la course. Il a toutefois noté au passage que les partisans conservateurs ont été privés d'entendre l'un des aspirants-chefs au débat de la veille.

«C'est dommage que les membres n'aient pas pu entendre M. O'Leary hier dans le débat en français, mais ce que je retiens de tout ça, c'est quand même que nous allons avoir l'occasion de débattre avec lui», a-t-il fait valoir. La prochaine joute est prévue à Edmonton le 28 février.

En entrevue, le président du mouvement Impératif français Jean-Paul Perreault a été beaucoup moins tendre avec l'ancien «dragon»

«C'est un baveux (...). Il n'a pas sa place dans le décor partisan, dans le décor politique canadien», a-t-il plaidé.

Le nouveau chef conservateur sera élu le 27 mai. Selon le mode de sélection du parti, chaque circonscription détient le même poids, d'où l'importance pour les candidats de courtiser le Québec.

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