Candidats du Parti conservateur en formation intensive en français à Québec

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Brad Trost est un des quatre candidats à la chefferie conservatrice à être venus peaufiner leur français à Québec, la semaine dernière.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Le tiers des candidats dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada (PCC) ont suivi une formation intensive en français à Québec la semaine dernière en prévision du débat francophone qui s'y tiendra demain.

Les députées ontariennes Lisa Raitt et Kellie Leitch ainsi que les saskatchewanais Brad Trost et Andrew Scheer ont séjourné dans la capitale nationale pour améliorer leurs connaissances de la langue de Molière qu'ils ne maîtrisent pas tous également. Ils figurent sur la longue liste des 13 candidats ayant officialisé leur désir de succéder à Stephen Harper à la barre des conservateurs du pays.

«Nous étions tous en même temps au même endroit», a raconté Mme Raitt, non sans se moquer de la coïncidence. La députée de Milton, qui accordait pour la première fois de sa carrière une entrevue en français, a précisé au Soleil qu'elle avait aussi suivi des cours hebdomadairement à Ottawa. «Je suis anxieuse», a admis l'ancienne ministre du Travail lors d'une conversation à bâtons rompus où l'anglais prenait souvent le dessus.

Mme Leitch a aussi posé ses valises à Québec la semaine dernière afin de s'immerger complètement en français dans la ville «qui est le centre de la francophonie en Amérique du Nord», a-t-elle expliqué laborieusement en exerçant ses nouvelles connaissances. Celle qui a été ministre du Travail et de la Condition féminine y a aussi passé près de quatre semaines cet été pour apprendre le français. Son équipe nous assure qu'elle trime très fort depuis plusieurs mois afin d'être capable de s'exprimer avec fluidité non seulement lors du débat mais aussi dans l'éventualité où elle deviendrait la future tête dirigeante du PCC.

Brad Trost, dont le niveau de maîtrise du français ne dépasse pas celui de ses deux autres adversaires féminines, ne cache pas qu'il avait besoin d'un sérieux coup de pouce. Comme plusieurs autres députés, il a été initié à une deuxième langue grâce aux cours offerts au parlement. «Ce n'est pas un secret que je suis ici», lance celui qui représente les citoyens de Saskatoon depuis 13 ans.

Avec l'aide d'un professeur privé à Québec, Andrew Scheer a voulu parfaire ses connaissances en français qu'il a appris jeune dans le cadre d'un programme d'immersion à Ottawa, sa ville natale. Le député de Régina, qui a aussi orchestré la semaine dernière une sortie médiatique dans la capitale nationale pour annoncer l'appui de quatre députés québécois, y est venu à plusieurs occasions au cours des derniers mois notamment pour s'exercer en français, nous explique son porte-parole, Marc-André Leclerc. Il souligne que son patron et lui ne communiquent que dans cette langue.

Niveau plus ou moins égal

L'Albertain Deepak Obhrai et l'Ontarien Erin O'Toole ont également effectué un stage intensif en français dans la capitale québécoise mais au cours de l'été. M. Obhrai y est revenu en novembre. «J'ai aussi pris des cours à Calgary et à Ottawa», a-t-il détaillé. Le député de Calgary Forest Lawn peine à comprendre la langue française mais assure vouloir poursuivre sa formation. De son côté, le député O'Toole dit l'avoir apprise dans les Forces armées canadiennes et n'avoir jamais cessé de la perfectionner. 

Son adversaire, Pierre Lemieux, a lui aussi acquis son français dans l'armée et suivi des cours pendant son enfance, dit-il. Et comme il représentait une circonscription qui touche le Québec (Glengarry-Prescott-Russell) entre 2006 et 2015, il côtoyait régulièrement les francophones avec qui, assure-t-il, il pouvait s'exprimer dans leur langue maternelle. 

Quant au Vancouvérois Andrew Saxton, il a vécu deux ans à Lausanne en Suisse. «Je suis bilingue mais je peux toujours améliorer mon français. J'ai une base assez forte.» Depuis plusieurs mois, il le pratique deux à trois fois par semaine avec un professeur qui se déplace à son bureau.

L'Ontarien Michael Chong se compare à Jean Chrétien qui n'a appris l'anglais qu'après avoir commencé à siéger au Parlement. «J'ai commencé comme député unilingue anglophone et dans les 12 dernières années, j'ai pris des cours de français», explique-t-il. Depuis qu'il s'est lancé dans la course, il n'a pas jugé bon renforcer ses connaissances. «Je n'ai pas le temps, une campagne, ça occupe beaucoup!»

L'homme d'affaires de Vancouver Rick Peterson ainsi que l'ancien ministre torontois Chris Alexander, le premier pour avoir vécu 10 ans à Paris et le second parce qu'il a vécu au Québec notamment pour suivre des études à l'Université Laval, n'ont pour leur part aucune difficulté à exprimer leurs pensées en français tandis que les Québécois Maxime Bernier et Steven Blaney sont les deux seuls candidats qui ont le français comme langue maternelle.

Un 14e candidat, l'homme d'affaires unilingue anglophone Kevin O'Leary, pourrait allonger la liste des prétendants conservateurs. Mais plusieurs l'accusent d'attendre après le débat de Québec pour officialiser sa candidature.

Ce n'est pas un hasard si la capitale nationale est l'hôte de l'événement : il s'agit de la seule région au Canada qui a augmenté le nombre de ses représentants du PCC à la Chambre des communes. L'ensemble des troupes conservatrices convergera aussi à Québec les 26 et 27 janvier pour y tenir des rencontres.




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