Lisée veut «montrer du muscle»

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(Québec) Jean-François Lisée veut «montrer du muscle» à travers un nationalisme économique fort en réponse aux politiques du président américain désigné Donald Trump.

Dans son allocution de clôture du Conseil national, à Québec, dimanche, le chef péquiste a appelé à une modernisation rapide des politiques économiques québécoises. 

«Et ça presse, a-t-il lancé. Parce qu'autour de nous, sur ce continent, il n'y a pas que des enfants de choeur. Et il va falloir montrer du muscle, défendre nos emplois, nos parts de marché, pied à pied au cours des années qui viennent.»

Depuis la crise financière de 2008, les Américains défendent avec plus de vigueur leurs intérêts économiques et «on voit qu'avec l'élection du nouveau président, c'est une tendance qui va augmenter», a affirmé M. Lisée.

Le chef péquiste a confié à son responsable des finances, Nicolas Marceau, un mandat. Il doit trouver les meilleures façons d'utiliser une partie du Fonds des générations pour favoriser les entreprises québécoises et élaborer une politique d'achat chez nous - un «Buy Québécois Act» - pour le gouvernement québécois. Le député mènera des consultations sur chacun de ces sujets.

Créé en 2006, le Fonds des générations, qui contrebalance le poids relatif de la dette du Québec, s'élèvera à 22,6 milliards $ en 2021. «Ce sont des sommes considérables, a noté M. Marceau. Qu'elles dorment et ne contribuent pas à l'accélération de la croissance économique du Québec, quant à nous, c'est de manquer une opportunité.» La gestion serait moins «conservatrice», mais équilibrée, a affirmé M. Lisée. 

Le chef péquiste s'est réclamé de l'esprit de l'ex-premier ministre libéral Jean Lesage et de son fameux «Maître chez nous». Il veut réviser les mandats de la Caisse de dépôt et placement - le bas de laine des Québécois - et d'Investissement Québec - le bras investisseur du gouvernement - afin d'y inclure explicitement la protection des sièges sociaux et le développement économique québécois. «On ne veut plus revivre de RONA, a lancé M. Lisée. Jamais.»

La politique économique du PQ accompagnerait financièrement les entreprises québécoises les plus prometteuses et exigerait un remboursement aux «compagnies qui partent à l'étranger avec, dans leurs poches, les brevets conçus avec notre argent». «Notre appui serait conditionnel, a dit M. Lisée. Vous restez chez nous, ou vous nous remboursez.» Il veut aussi mettre fin à la «culture du racket» de Revenu Québec auprès des PME, réduire la paperasse et favoriser la reprise d'entreprises sur le modèle coopératif.

Ce ne sont pas tous les accords de libre-échange qui sont bons pour le Québec, a poursuivi M. Lisée. Dans l'accord transpacifique, par exemple, l'industrie agricole du Québec était «sacrifiée». L'entente Canada-Europe présente un risque pour les entreprises laitières et fromagères. Il faut que le Québec trouve son compte, dit M. Lisée, «sinon, c'est non». 

Des effets à Ottawa

Le nationalisme économique québécois se ferait ressentir aussi au pays, où Ottawa entretient selon M. Lisée un «cercle vicieux d'appauvrissement et de dénigrement systémique». «L'injustice» du programme de navires de guerre, où Lévis n'a obtenu qu'une parcelle des contrats, est un bon exemple où «les impôts québécois vont servir à créer d'excellents emplois à Vancouver et Halifax». Il veut aussi s'attaquer aux utilisateurs de paradis fiscaux.

Le nouveau chef est parvenu à clore l'exercice du Conseil national sans une crise sur le report d'un référendum à un deuxième mandat péquiste, au-delà de 2022. Il a dû faire face à quelques critiques sur sa position sur la défense de la langue française, que certains jugent trop molle. La proposition principale présentée au cours de la fin de semaine aux délégués péquistes, qui deviendra le programme du PQ, pourra être modifiée lors du congrès des membres, en septembre prochain. 

Dimanche, une dizaine de jeunes péquistes sont venus donner leur appui à une candidature de la députée Martine Ouellet à la chefferie du Bloc québécois.

Voter bleu, c'est voter vert?

En plénière, un délégué péquiste d'Outremont, Maxime Larochelle, s'est montré perplexe devant une proposition d'élargir l'autoroute de l'Acier (A-30) alors que le chef Jean-François Lisée vantait la veille encore les convictions environnementalistes de son parti. «Moi, j'aurais voté pour cette proposition en 1976, a-t-il dit. Hier, notre chef nous a dit que "Voter bleu, c'est voter vert". [...] En 2017, il faut densifier, miser sur les transports en commun et l'électrification des transports.» Un ex-député, Scott McKay, en a parlé comme d'une fausse solution parce qu'après «quelques années, élargir une autoroute amène plus de trafic et plus de congestion». Ça n'a pas empêché la résolution d'être adoptée.  Simon Boivin

Les employés «fantômes»

La Coalition avenir Québec (CAQ) a déposé dimanche une plainte au Directeur général des élections (DGEQ) au sujet d'employés péquistes rémunérés à même des fonds de l'Assemblée nationale pour faire du travail partisan. Même si le DGEQ martèle qu'il n'a pas compétence en la matière. Le chef péquiste Jean-François Lisée a sauté dans le train en récupérant une déclaration d'un ex-président de l'aile jeunesse de la CAQ, Yan Gobeil-Nadon, rapportée par le FM93, et qui dit avoir été incité à se faire embaucher comme «employé politique fantôme». «Si M. [François] Legaut a oublié de l'inscrire dans sa plainte, ce qui est possible, c'est un homme occupé, j'avise le DGEQ qu'il devrait regarder ça», s'est moqué M. Lisée.

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