Promotions arbitraires de fonctionnaires: intervention demandée du gouvernement

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«Il y a un laisser-aller politique. Si politiquement on mettait le pied à terre [...] on n'en serait pas là», regrette le président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), Christian Daigle. «On espère que le gouvernement va mettre ses culottes.»

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(Québec) Les deux plus gros syndicats de la fonction publique québécoise critiquent en choeur la multiplication des promotions octroyées arbitrairement à des employés de l'État, sans concours. Ils demandent au gouvernement d'intervenir.

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Christian Daigle, président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec

Fournie par le SFPQ

«Il y a un laisser-aller politique. Si politiquement on mettait le pied à terre [...] on n'en serait pas là», regrette le président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), Christian Daigle. «On espère que le gouvernement va mettre ses culottes.»

Le Soleil révélait, dans son édition de jeudi, que la Commission de la fonction publique a lancé une vaste enquête après avoir constaté qu'environ 30 % des promotions sont obtenues sans qu'un concours soit organisé en bonne et due forme. Ce passe-droit devrait être exceptionnel, selon la loi.

Des fonctionnaires reçoivent donc des promotions sans que leurs collègues puissent aussi postuler au poste. Souvent, il s'agit de favoritisme qui contrevient à la loi. Et des travailleurs risquent d'obtenir un poste pour lequel ils n'ont pas les compétences. 

«Immoral»

Christian Daigle dénonce l'«engouement» des gestionnaires du gouvernement pour ces nominations discrétionnaires. «Ça devrait être utilisé rarement.» Même dans les cas où la promotion sans concours est octroyée en suivent les règles strictes en la matière, elle demeure «immorale», selon lui.

Parfois, la tactique permet de faire grimper de classe salariale les «amis», ajoute-t-il. «C'est arrivé à plusieurs reprises. [...] C'est arrivé trop fréquemment malheureusement que c'est des amis qu'on plaçait.»

Il est primordial de revenir à l'embauche des candidats les plus compétents par un processus objectif et indépendant, acquiesce Richard Perron, le président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ). Il est aussi contre les promotions sans concours qui «frustrent» les exclus et laissent place au patronage.

M. Perron souligne cependant que des gestionnaires sont presque obligés de recourir à ce tour de passe-passe pour garder leurs employés les plus performants en haussant artificiellement leur rémunération par une promotion sans concours. Une tactique qui s'impose parce que les salaires seraient de 23 % plus bas dans le secteur public qu'au privé, dit-il. 

Le SFPQ représenterait environ 40 000 membres, dont 34 000 (fonctionnaires et ouvriers) dans la fonction publique. Le SPGQ aurait 25 000 membres, dont 17 000 dans la fonction publique.




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