À quel sondage se vouer?

La semaine dernière, alors qu'un sondage CROP donnait... (Photothèque Le Soleil)

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La semaine dernière, alors qu'un sondage CROP donnait gagnants les libéraux avec 38 % des intentions de vote contre 25 % pour les péquistes, celui de Léger Marketing donnait plutôt le PQ à égalité avec le PLQ.

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(Québec) Dans le coin rouge, un sondage de la firme CROP qui donne une avance de 13 points aux libéraux sur les péquistes, à 38 contre 25 % des intentions de vote. Dans le coin bleu, un sondage de Léger Marketing qui donne les deux partis à égalité, à 30 % chacun. Comment deux maisons de sondage par ailleurs sérieuses peuvent-elles arriver à des résultats aussi disparates à seulement quelques jours d'écart? Et qui croire?

Le contraste était saisissant, en fin de semaine. Si l'on croit CROP, qui a publié ses résultats jeudi, le gouvernement Couillard aurait facilement décroché un nouveau mandat majoritaire si des élections s'étaient tenues la semaine dernière. Si c'est Léger, dont les «chiffres» ont paru samedi dans les médias de Québecor et Le Devoir, qui a raison, alors le Parti québécois serait peut-être en position de former un gouvernement minoritaire...

«Intéressant. CROP confirme son propre sondage :)», a tweeté avec ironie Jean-Marc Léger, à propos de son concurrent.

Des différences comme celles-là alimentent toujours des thèses cyniques et conspirationnistes - CROP a, à tort ou à raison, la réputation d'être plus proche des libéraux et des fédéralistes alors que Léger serait plus proche du PQ -, d'autant plus que c'est le deuxième mois d'affilée où les deux sondeurs sont en désaccord. Et cette fois-ci, les données de CROP sont en porte-à-faux avec les résultats des élections partielles du 5 décembre, qui ont été décevants pour le PLQ.

Mais la sociologue et spécialiste de la méthodologie des sondages de l'Université de Montréal Claire Durand ne voit rien de tout cela dans les contradictions entre CROP et Léger. En fait, dit-elle, quand on remonte dans le temps - elle a analysé tous les coups de sonde politiques des deux firmes depuis juin 2014 -, on se rend compte que les deux maisons arrivent habituellement à des résultats très semblables et que ce n'est que récemment qu'elles ont commencé à diverger.

«Pour le PLQ, on voit la différence apparaître seulement dans les deux derniers mois. En ce qui concerne le PQ, hormis le CROP d'octobre [très semblable au Léger], il semble y avoir quand même un écart plus systématique depuis environ six mois, mais ce n'est pas statistiquement significatif depuis 2014», dit Mme Durand, qui a publié hier, sur son blogue Ah ! les sondages, un billet sur cette question.

Les deux firmes obtiennent depuis 2014 des résultats pratiquement identiques pour la CAQ, alors que les appuis à Québec solidaire sont presque systématiquement plus élevés chez CROP que chez Léger. C'est d'ailleurs là la seule différence statistiquement significative que la chercheuse a trouvée entre les deux entreprises.

Les explications...

Maintenant, comment expliquer tout cela? «Si vous allez voir les résultats de mars 2015, on voit que Léger avait PLQ en haut de 35 % alors que CROP le plaçait à 29 %, expose Mme Durand. Ce qu'il faut comprendre, c'est que ce n'est pas une question de firmes. Il y a toujours de la variation dans les sondages, et il y a des périodes où il y en a plus. [...] C'est du "bruit statistique", qui est parfois un peu plus fort que ce à quoi on s'attendrait, mais il faut attendre la suite.»

Si la différence persiste, alors l'un ou l'autre de ces sondeurs devra sérieusement réviser ses méthodes. «Mais il suffirait d'un ou deux sondages qui concordent pour que tout ça s'efface», dit Mme Durand.

Celle-ci note également que les deux entreprises sondent maintenant des panels Web (quelques dizaines ou centaines de milliers de personnes parmi lesquelles on «pige» un échantillon de 1000 répondants). C'est plus économique que les enquêtes téléphoniques, mais la méthode n'est peut-être pas encore tout à fait au point.

«Je me suis aperçue pendant les élections américaines que, alors que les autres sondages montraient une hausse des intentions de vote pour Hillary Clinton et ensuite une baisse, les sondages Web montraient une ligne flat. Il semble qu'il n'y a pas autant de variation dans ces échantillons-là. [...] Là, Léger dit qu'il y a 200 000 personnes dans son panel du Québec. Personnellement, quand ils ont commencé, je pensais qu'ils allaient continuer d'augmenter ce bassin-là, mais ils ne le font pas parce qu'il faut entretenir l'échantillon, s'assurer que les gens continuent de répondre au sondage, et des choses comme ça. Mais si mon taux de réponse est à 10 %, ça veut dire que je reviens peut-être un peu trop souvent sur les mêmes personnes. [...] Dans un sondage téléphonique, même si j'ai un taux de réponse de 10 %, ce ne sont pas toujours les mêmes personnes que j'interviewe», indique Mme Durand, tout en insistant sur le fait que ce n'est là qu'une hypothèse.

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