«Complicité» ou «incurie» au Parlement?

DÉCODAGE / Répétons-le : personne n'use de «mauvaise foi» à l'Assemblée... (Infographie Le Soleil)

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(Québec) DÉCODAGE / Répétons-le : personne n'use de «mauvaise foi» à l'Assemblée nationale. Les députés n'y «manipulent» jamais la vérité, ni ne la «tronquent». Ce n'est pas possible, puisque l'usage de ces mots y est interdit.

Cette année encore, le lexique des «propos non parlementaires» s'est enrichi. Il compte quelque 350 entrées.

Y ont notamment fait leur apparition en 2016, les phrases, les expressions et les mots suivants : «... un petit icône [sic] dans son cerveau qui a arrêté de fonctionner»..., une gracieuseté que la ministre Lucie Charlebois a balancée au chef péquiste Jean-­François Lisée en octobre.

Mais ne mentionnons pas le nom d'autres élus, car ils sont nombreux à pécher. En citer certains et pas d'autres laisserait entendre qu'un tel a pu se livrer à une attaque vicieuse alors que la veille il a pu lui-même être victime d'un tir semblable.

Ont été officiellement proscrits cette année, donc, les expressions et les mots suivant : «roi du sophisme», «prince consort de l'astuce», «syndrome Gérald Tremblay» (une façon de parler de l'oubli), «Capitaine Bonhomme» (qu'on croyait interdit depuis longtemps), «fabuler», «incurie crasse», «méconnaissance crasse», «déposer de faux documents», «essayer de mêler tout le monde», «... a tout fait pour ne pas savoir et pour ne pas que la population sache», ainsi que la question «c'est de la négligence ou de la complicité?».

Dans les entrées de ce Larousse très particulier, on trouve «bandit», «démagogue», «hypocrisie», «fausseté», «nono», «innocent», «méprisant», «paresseux», «menteur», «petite politique», «vire-capot», «poltron» ou «une chance que le ridicule ne tue pas». En effet.

L'existence de ce lexique n'empêche pas plusieurs élus de lancer une insulte à la figure d'un adversaire. Ils n'auront qu'à dire ensuite qu'ils la «retirent» pour qu'on passe à autre chose. Avantage : ils auront augmenté leur chance de passer au bulletin de nouvelles...

C'est pour tenter de contenir les débordements que ce lexique a été constitué. Mais il arrive que des mots et des expressions s'y retrouvent alors qu'ils ne devraient pas y être. Le président de l'Assemblée nationale peut parfois avoir l'interdit facile.

Un premier regard sur 2017

Jetons un premier regard sur la politique québécoise en 2017.

• En début d'année, Philippe Couillard rebrassera les cartes de son Conseil des ministres. Il devrait marquer la relance de l'action gouvernementale par un discours «d'ouverture». L'an dernier, il ne s'était écoulé que quelques jours entre le remaniement et la rentrée parlementaire. Des ministres n'étaient pas prêts à faire face aux partis d'opposition. M. Couillard devrait cette fois laisser s'écouler plus de temps entre les deux. 

• À la mi-janvier, les membres du Parti québécois découvriront la prochaine mouture du programme politique de leur formation. Ils auront jusqu'en septembre pour en débattre et y apporter des modifications. Même si Jean-François Lisée ne devrait pas avoir trop de difficulté à faire adopter sa proposition de ne pas tenir de référendum avant un deuxième mandat d'un gouvernement péquiste, des militants plus pressés se feront entendre. La possibilité que les futurs chefs ne soient plus choisis par les seuls membres du PQ, mais par l'ensemble des Québécois qui se reconnaîtraient dans les valeurs du parti, suscitera bien des débats internes. Selon certains, cette proposition ne passera pas comme une lettre à la poste. À voir.

• Le projet de loi sur la neutralité religieuse sera adopté. Il a été présenté au printemps 2015. Ce sera la première réponse législative donnée à la commission Bouchard-Taylor, qui a rendu son rapport il y aura neuf ans en mai prochain.

• Le gouvernement dévoilera un nouveau plan de lutte contre la pauvreté.

• Le ministre Martin Coiteux déposera son projet de loi visant à encadrer les chiens dangereux. Il n'a pu le faire ces dernières semaines en raison de la grève des juristes de l'État.

• À l'occasion du 150e anniversaire du Canada, Philippe Couillard livrera sa vision de la place du Québec au sein de la fédération. Le Parti québécois présentera, lui, 150 «faits et événements» susceptibles, espère-t-il, de requinquer l'option souverainiste.

• Puisque nos responsables politiques sont montés dans ce train plutôt récemment, ils continueront en 2017 de s'accuser de favoriser «l'élite» ou de sombrer dans le «populisme».

• Au Parti québécois, on continuera de parler de «convergence» avec Québec solidaire.

• La Coalition avenir Québec promet de multiplier les propositions en éducation et en économie.

• Autour du mois de mars, le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, mettra de la chair autour de la «vision» qu'exprimera Philippe Couillard en début d'année. D'importants surplus budgétaires lui en donneront la capacité. Il sera même en mesure de verser deux milliards au Fonds des générations.

Ce qui prendra cependant encore une fois énormément de place en 2017, c'est ce que personne - y compris les responsables politiques - ne peut prévoir.

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