À l'heure des partielles

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(Québec) DÉCODAGE / Dans les circonstances politiques actuelles, où ils peinent dans de nombreux dossiers - pensons aux procès avortés -, ce serait un véritable exploit politique que les libéraux l'emportent ailleurs que dans la circonscription déjà libérale de Verdun lors des partielles de lundi.

Ils ne sont pas dans la course dans Saint-Jérôme ni dans Marie-Victorin. Ils le seraient par contre dans Arthabaska, où ils croiseraient le fer avec les caquistes de François Legault.

Si les libéraux l'emportaient dans Arthabaska, qui était représentée par la députée Sylvie Roy jusqu'à son décès, ils ne réaliseraient pas seulement un exploit politique, cela dit. Ce serait aussi un exploit statistique.

C'est qu'arracher une circonscription appartenant à un parti d'opposition est un événement rare pour un gouvernement.

Quelques faits : depuis 1973, pas moins de 97 élections partielles se sont tenues - depuis 43 ans, donc. Or, sur ces 97 élections, il n'est arrivé qu'à cinq reprises qu'un gouvernement en place arrache une circonscription à un parti d'opposition! Cinq fois seulement.

La dernière ne remonte pas à si longtemps. C'était en juin 2015 dans la circonscription de Chauveau. La libérale Véronyque Tremblay a succédé à Gérard Deltell, qui avait décidé de se lancer en politique fédérale.

Pas plus qu'une hirondelle ne fait le printemps, des élections partielles ne font pas des générales, répétons-le. Les taux de participation y sont beaucoup moins élevés. Les victoires et les défaites s'y expliquent aussi par les forces et les faiblesses des machines électorales.

Un mur de béton

Philippe Couillard ne cesse de prendre ses distances du gouvernement libéral de Jean Charest.

Depuis son arrivée au pouvoir, on ne compte plus les fois où il a déclaré - toujours pour s'en féliciter - que le mode de financement des partis politiques a été revu. Il a été revu en profondeur par le gouvernement de Pauline Marois, c'est un fait.

M. Couillard avait entre autres très explicitement pris ses distances de l'ère Charest lors de l'arrestation de l'ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau, en mars.

Mais on ne l'avait jamais entendu appuyer sur cet élément comme il l'a fait cette semaine. Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec venaient de brandir un document confidentiel sur la vente d'immeubles de la Société immobilière du Québec. Le chef caquiste François Legault a lancé que le rapport est «accablant» pour les libéraux.

Pour «le gouvernement libéral de l'époque», a cru nécessaire de préciser Philippe Couillard.

Plus le temps passe, plus M. Couillard cherche à ériger un mur de béton entre «avant» et «maintenant». Un mur que ses adversaires jugent poreux.

À propos de l'«élite»

L'actualité réserve des surprises même à nos responsables politiques les plus aguerris. Le chef péquiste, Jean-François Lisée, a créé une polémique en affirmant la fin de semaine dernière que son adversaire caquiste vend sa maison d'Outremont à près de 5 millions $. 

M. Lisée avait dit la même chose quelques jours plus tôt, non pas à Montréal, mais à l'Assemblée nationale. À peu près personne n'avait relevé sa petite phrase. Le Soleil l'avait rapportée, mais l'affaire n'avait pas fait de bruit.

Voilà pourquoi le chef péquiste n'a pu faire autrement que d'être surpris qu'un propos répété ait eu une telle répercussion en début de semaine. Les responsables politiques doivent constamment gérer l'inattendu.

M. Lisée a profité de la polémique entourant sa seconde sortie pour préciser que les 125 parlementaires de l'Assemblée nationale font en quelque sorte tous partie de l'«élite».

On est toujours l'élite de quelqu'un, mais on ne retrouve pas beaucoup d'ouvriers et d'employés parmi les 125 députés, c'est un fait. Il n'y en a même aucun. 

La plus grande cohorte de nos parlementaires provient de la famille de l'administration, de la gestion et de la comptabilité. L'autre formation la plus représentée est le droit. Ces deux grandes filières représentent les trois cinquièmes des députés.

La direction de l'Assemblée nationale indique que «le quart des députés viennent du secteur public et parapublic», qu'un «autre quart se compose des professionnels du secteur privé [en grande partie du domaine juridique et de celui des communications]». Le groupe des gens d'affaires représente un peu plus de 16 % des élus. Enfin, un peu plus de 10 % des députés viennent... du milieu politique (ce sont d'anciens chefs de cabinet, des attachés politiques ou des permanents d'un parti).

Le diplôme universitaire est un indicateur parmi d'autres, mais, par ce bout de la lorgnette, on constate que près de 80 % des députés de l'Assemblée nationale détiennent un diplôme universitaire, alors que cette proportion est de moins de 30 % au sein de la «population active» québécoise.

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