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Labeaume rejette le projet de loi sur la neutralité religieuse

«Nous refusons que l'on refile la patate chaude... (Photothèque Le Soleil)

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«Nous refusons que l'on refile la patate chaude aux municipalités en leur demandant de faire respecter des règles qui s'avèrent inapplicables», a indiqué le maire Régis Labeaume dans une lettre.

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(Québec) Le maire Régis Labeaume refuse que la Ville de Québec soit assujettie au projet de loi sur la neutralité religieuse du gouvernement Couillard - pas tel qu'il est rédigé actuellement, en tout cas.

C'est ce qu'on peut lire dans une lettre datée du 23 novembre qu'il a envoyée à la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, et à la députée de Taschereau, Agnès Maltais, responsable des questions de laïcité et porte-parole de la région de la Capitale-Nationale au sein de son parti.

Dans cette lettre dont Le Soleil a obtenu copie, Régis Labeaume répond en fait à Mme Maltais, qui avait pris contact avec lui pour savoir ce qu'il pensait de l'idée d'au moins assujettir les villes québécoises aux articles 9 et 10 du projet de loi - ceux portant sur le «visage découvert» et les «accommodements religieux». La ministre Vallée était aussi intéressée de savoir ce qu'il en pensait.

La réponse est sans ambages et impitoyable pour le projet législatif. «Nous refusons que l'on refile la patate chaude aux municipalités en leur demandant de faire respecter des règles qui s'avèrent inapplicables, puisque le projet de loi exige des services à visage découvert alors qu'il permet quelques lignes plus loin des accommodements pour contourner» ce principe, écrit le maire de Québec.

Dans cette missive, il campe sa propre position avec force en allant jusqu'à parler d'«avilissement» et d'«asservissement». «La société québécoise est fondée sur des principes de laïcité et d'égalité des sexes qui font que tout geste ou toute forme d'avilissement ou d'asservissement de la femme nous abhorre», peut-on y lire. Et d'ajouter : «Nulle part dans le Coran n'exige-t-on que les femmes se voilent le visage. Cette coutume est un projet politique et je m'opposerai toujours vivement à toute forme d'extrémisme qui exige que la femme se voile pour des raisons religieuses.»

«Les villes devraient offrir des services à visage découvert, mais une citoyenne d'origine étrangère peut prêter serment voilée pour obtenir sa citoyenneté canadienne, et, au surplus, au Québec, une femme peut passer son examen pour obtenir son permis de conduire le visage voilé», écrit encore Régis Labeaume avant de dire qu'il en perd son latin.

Une gifle

Interrogée sur cette lettre, Agnès Maltais souligne que son contenu rejoint sa demande d'amender le projet de loi 62 - entre autres pour éliminer les exceptions possibles à l'obligation que les services de l'État soient offerts et reçus à visage découvert.

Les seules exceptions qui devraient être acceptées doivent concerner des raisons de santé et de «sécurité impérative et avérée» pour des personnes recevant des services de l'État, dit Mme Maltais. Aucune autre exception ne doit être acceptée, insiste-t-elle.

La députée a bel et bien entendu le premier ministre Philippe Couillard promettre d'apporter des précisions au projet de loi pour mieux asseoir le principe du visage découvert, mais elle attend d'en voir la nature.

Agnès Maltais soutient que la lettre de M. Labeaume constitue une gifle pour le projet de loi porté par la ministre Stéphanie Vallée puisqu'il le juge non seulement «flou», mais «inapplicable».

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