Rapport sur la vente d'immeubles de la SIQ: accablant, convient Couillard

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Philippe Couillard a pris ses distances de son prédécesseur Jean Charest afin, a-t-il expliqué, de bien faire comprendre aux Québécois que les éléments alimentant la colère des partis d'opposition dans ce dossier sont antérieurs à son arrivée au pouvoir.

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(Québec) À l'instar du chef caquiste François Legault, Philippe Couillard admet qu'un rapport d'expertise dévoilé mardi par la Coalition avenir Québec et le Parti québécois sur la vente d'immeubles de la Société immobilière du Québec est «accablant». Mais le premier ministre précise qu'il l'est pour «le gouvernement libéral de l'époque», celui de Jean Charest. Pas pour le sien.

M. Couillard a pris ses distances de son prédécesseur Jean Charest afin, a-t-il expliqué, de bien faire comprendre aux Québécois que les éléments alimentant la colère des partis d'opposition dans ce dossier sont antérieurs à son arrivée au pouvoir.

Selon un rapport de la firme Accuracy, produit par Guylaine Leclerc, devenue depuis Vérificatrice générale du Québec, l'ancienne ministre des Finances Monique Jérôme-Forget et le cabinet de l'ex-premier ministre Jean Charest savaient que la vente controversée d'immeubles de la SIQ aurait pu être annulée avec profits pour l'État.

Ils l'auraient tout de même cautionnée. La direction de la SIQ est donc allée de l'avant - et ce, contre l'avis de son propre conseil d'administration, apprend-on. Le document est daté du 1er octobre 2013.

Près de 100 millions $ 

Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec ont reçu ce rapport confidentiel d'un «sonneur d'alerte». Chacun de leur côté, les chefs Jean-François Lisée et François Legault l'ont brandi à l'Assemblée nationale.

George Gantcheff, acheteur du complexe immobilier J-A Tardif, à Québec, et du «500, René-Lévesque», à Montréal, «a été favorisé», a lancé Jean-François Lisée. «Il n'a pas offert la meilleure offre et il avait des informations que les autres soumissionnaires n'avaient pas.»

«Ensuite, Gantcheff a été incapable de payer.» Il devait, d'après l'entente, payer la totalité des montants pour les deux immeubles le 31 mars 2008. Il a bénéficié de plusieurs reports. Il a finalement acquitté son dû le 2 novembre 2009, plus d'un an et demi plus tard.

Avis juridique à l'appui, des gens de la SIQ ont estimé qu'en raison de ses défauts de paiement, la société pouvait lui reprendre les immeubles. Qui plus est, des évaluations qu'elle avait en main lui indiquaient qu'elle pourrait les revendre 42 millions $ plus cher - et qu'elle pourrait conserver les paiements effectués jusque-là par les acheteurs, soit 53 millions $.

C'est ce que souhaitait le conseil d'administration de la SIQ au tournant des années 2008-2009. À la clé, près de 100 millions $ pour l'État, a fait valoir M. Lisée.

Une rencontre a par la suite été organisée entre «Gantcheff, des représentants du ministère du premier ministre [Jean Charest] et la ministre des Finances de l'époque, Monique Jérôme-Forget», a souligné le chef péquiste. «Et là, par une volonté inexplicable», la direction de la SIQ a accepté que «Gantcheff puisse prendre tout le temps nécessaire pour trouver les sous et acquérir les deux immeubles».

Jean-François Lisée laisse entendre que si M. Gantcheff n'avait pas bénéficié de ce qu'il estime être un passe-droit, il n'aurait pas pu verser «les sept millions de dollars de commission à William Bartlett, un solliciteur libéral».

Le rapport fait état de la vente de trois immeubles; il se penche aussi sur Place Québec, qui a été achetée par le consortium Devcorp, auquel était associé Tony Accurso. Au total, les trois immeubles ont été vendus 265 millions $.

Commission parlementaire

Le caquiste François Legault avait convoqué un point de presse pour dévoiler le document. Peu de temps après, le PQ, qui avait le même document en main, a lui aussi convoqué un point de presse, mais avant celui de la CAQ. Ce qui a rendu François Legault de mauvaise humeur.

Sur le fond, même question générale du caquiste Legault. «Pourquoi a-t-on donné une chance à M. Gantcheff et à M. Accurso? Ce rapport est accablant pour le gouvernement libéral; il montre noir sur blanc que trois immeubles ont été vendus à des amis de Franco Fava, Charles Rondeau et William Bartlett».

La CAQ et le PQ réclament la convocation d'une commission parlementaire afin de faire la lumière sur les aspects politiques du dossier. Le premier ministre refuse. Il assure que l'enquête de l'UPAC et celle lancée par la Vérificatrice générale du Québec permettront d'aller au fond des choses.

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