«Si on ne veut pas de Trump ici, va falloir faire monter la pression», lance Boyer

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Le président de la FTQ, Daniel Boyer

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Montréal

Si le Québec ne veut pas se retrouver avec un Donald Trump au pouvoir, il va falloir faire monter la pression sociale et politique, prévient le président de la FTQ, Daniel Boyer.

À son avis, l'élection aux États-Unis du président désigné Donald Trump constitue un exemple de ce qui arrive lorsqu'il y a trop d'inégalités sociales dans un pays et que cela mène à la colère et au cynisme.

«Ne pas s'occuper de la politique, ce serait de prendre le risque qu'elle s'occupe de nous. Et ça, pas question! La récente élection chez nos voisins américains nous a démontré que les inégalités sociales et les écarts toujours grandissants entre les riches et les pauvres pouvaient engendre colère et cynisme. Si on ne veut pas de Trump ici, va falloir faire monter la pression; va falloir se faire entendre», a lancé M. Boyer, lundi, en s'adressant à ses quelque 1200 délégués à l'ouverture du congrès triennal de la centrale syndicale.

En entrevue avec La Presse canadienne après son allocution, M. Boyer n'a pas voulu dire quel chef politique québécois il apparentait au républicain Donald Trump.

Mais le chef caquiste François Legault avait déjà eu de bons mots pour le président américain désigné.

Ravages de l'austérité

M. Boyer a encore vertement critiqué le gouvernement Couillard, qu'il accuse d'avoir adopté des politiques de restrictions budgétaires, non pas pour ramener l'équilibre budgétaire, mais «pour revoir le modèle québécois» en sabrant dans maints services.

«L'austérité a fait des maudits ravages. Concrètement, ce sont des élèves aux prises avec des difficultés d'apprentissage qui n'ont plus accès à un orthopédagogue, des personnes aînées dont les heures de soins à domicile sont à la baisse, des écoles qui ne peuvent plus donner d'aide aux devoirs ou de petits déjeuners», a-t-il lancé, en poursuivant une longue énumération de services touchés, selon lui.

Présent au congrès de la FTQ, le président de la CSN, Jacques Létourneau, a tenu un discours semblable envers le gouvernement Couillard.

En 2018, «si jamais ils sont réélus, la prochaine fois ils vont continuer, ils vont parler de privatisation en santé, de sous-traitance dans l'ensemble des services publics; ils vont attaquer la SAQ, Hydro-Québec», a-t-il dit.

«Même si on ne donne pas de consigne de vote, (il faudra) faire un travail patient d'éducation politique, populaire, dans les milieux de travail», a plaidé M. Létourneau.

Présente elle aussi au congrès de la FTQ, la présidente de la CSQ, Louise Chabot, a elle aussi dénoncé «le gouvernement brise fer» de Philippe Couillard dans la santé, les services sociaux, l'éducation et les services de garde éducatifs.

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