Trudeau salue «un ami de longue date»

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Fidel Castro prend dans ses bras Michel Trudeau, sous les yeux de Margaret.

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Agence France-Presse
Montréal

Justin Trudeau a profité de sa tribune au Sommet de la Francophonie, à Madagascar, pour évoquer le décès de Fidel Castro, qu'il a qualifié «d'ami de longue date du Canada et de (sa) famille».

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Justin, Margaret, Alexandre (Sacha) Trudeau, Deborah Coyne, Romeo Leblanc, et Fidel Castro aux funérailles de Pierre Elliot Trudeau le 3 octobre 2000.

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Le premier ministre a salué les liens «forts» entre le Canada et Cuba et transmis ses condoléances tant aux proches de l'ex-président cubain qu'à son peuple.

Dans une déclaration écrite qu'il a fait paraître quelques instants plus tard, M. Trudeau a poussé la note, affirmant avoir appris la mort du révolutionnaire «avec une profonde tristesse», saluant les progrès réalisés en éducation et en soins de santé lorsque le pays était sous sa gouverne.

S'il a concédé qu'il s'agissait «d'une figure controversée», il a néanmoins soutenu que tous «reconnaissaient son amour et son dévouement immenses envers le peuple cubain».

M. Trudeau a justement conclu une visite à Cuba il y a dix jours, où il a rencontré l'actuel président cubain Raul Castro, mais n'a pu voir son frère Fidel en raison de son état de santé fragile.

Le père de Justin Trudeau, Pierre Elliott, avait tissé une relation très proche avec Fidel Castro, qu'il considérait comme un ami.

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Le père de Justin Trudeau, Pierre Elliott, avait tissé une relation très proche avec Fidel Castro, qu'il considérait comme un ami. Ici, le premier ministre canadien visite La Havane le 26 janvier 1976.

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Un des candidats à la direction du Parti conservateur du Canada, Maxime Bernier, s'est dit scandalisé par la réaction du premier ministre canadien.

«Je n'arrive pas à croire que notre (premier ministre) exprime une 'profonde tristesse' et considère comme un ''ami'' un dictateur méprisable qui a tué et emprisonné des milliers d'innocents et exilé plus d'un million de personnes et qui a gardé son pays pauvre avec ses politiques communistes absurdes, a brimé la liberté d'expression, a persécuté les homosexuels», a-t-il affirmé sur son compte Twitter.

M. Bernier a conclu sa réaction d'un «c'est révoltant».

De nombreux autres conservateurs ont vivement critiqué les propos de M. Trudeau, dont Lisa Raitt et Tony Clement.

Réactions aux États-Unis

La réaction canadienne a même fait jaser à l'extérieur des frontières du pays. Le sénateur républicain de la Floride, Marco Rubio, s'est même demandé si le communiqué officiel du premier ministre Trudeau était «une parodie».

«S'il s'agit de la vraie déclaration du premier ministre du Canada, cela est honteux et embarrassant», a-t-il fait savoir sur son compte Twitter.

Au Québec

Le premier ministre Philippe Couillard a quant à lui utilisé les réseaux sociaux pour transmettre ses condoléances au peuple cubain, décrivant Fidel Castro comme un «géant de l'histoire qui a marqué le 20e siècle».

La ministre des Relations internationales Christine St-Pierre a indiqué qu'elle s'était entretenue avec l'ambassadeur cubain afin «d'offrir (les) plus sincères condoléances» du Québec.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a dit vouloir «saluer les accomplissements» de Fidel Castro en ce jour de deuil pour «des millions de Cubains».

«Ce que je retiens, ce sont tous les progrès obtenus par Cuba en matière d'éducation et de soins de santé lorsque le pays était sous sa gouverne. L'éducation d'un peuple constitue pour toute société sa plus grande richesse», a-t-il déclaré par voie de communiqué.

Son homologue péquiste Jean-François Lisée s'est montré plus nuancé.

«Dans leur combat contre le dictateur Fulgencio Batista, Fidel Castro et ses compagnons (...) incarnaient, à l'origine, un espoir de liberté et de justice. Le régime politique qu'il a façonné à Cuba a certes été plus attentif aux besoins de la population, notamment en éducation et en santé, mais la promesse de liberté a cédé le pas à une nouvelle forme d'autoritarisme et à une sévère répression de la liberté d'expression», a-t-il souligné, lui aussi, par voie de communiqué.

Pour le député solidaire de Mercier, Amir Khadir, la mort de Fidel Castro est «une triste nouvelle». Réagissant lui aussi sur Twitter, il a concédé que l'ancien dirigeant cubain n'était «certes pas sans défauts ou sans erreurs commises au nom de la dignité des Cubains, il a cru jusqu'au bout à l'idéal de l'égalité humain».

Pas d'effet pour le Canada

La mort de Fidel Castro n'aura pas d'impact significatif sur les relations que le Canada entretient avec l'île des Caraïbes, croit une professeure du Département d'histoire de l'Université Queens, à Kingston, Karen Dubinsky.

Les liens entre le Canada et Cuba reposent sur un «long historique» qui n'est pas près d'être chamboulé, soutient la spécialiste de la société cubaine.

Le Canada est le pays qui envoie le plus de touristes en sol cubain et de nombreux entrepreneurs canadiens y sont établis depuis des années. Le passage récent de Justin Trudeau à Cuba démontre, selon l'experte, l'ampleur de la relation entre les deux gouvernements, mais aussi «de personne à personne».

Le père du premier ministre canadien, Pierre Elliott Trudeau, était un des rares politiciens occidentaux à avoir tissé un lien d'amitié avec Fidel Castro, dans les années 70, en dépit de l'embargo imposé par les États-Unis.

Les politiques d'ouverture économique de Raúl Castro ont permis aux Canadiens de multiplier les occasions d'affaires dans ce pays d'Amérique latine, croit la professeure.

Elle s'inquiète toutefois des conséquences qu'aura l'élection de Donald Trump sur les relations canado-cubaines. Si Justin Trudeau assure qu'elles demeureront inchangées, Mme Dubinsky est à demi rassurée. «Je ne suis convaincue de rien quand il s'agit de Donald Trump.»

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