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SIQ: «Je n'ai jamais été informée de cette étude!» dit Jérôme-Forget

Selon l'ancienne ministre Monique Jérôme-Forget (qu'on voit ici... (Photothèque Le Soleil)

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Selon l'ancienne ministre Monique Jérôme-Forget (qu'on voit ici en 2015), c'est le président de la SIQ, Marc-André Fortier, qui a relancé l'idée de vendre des édifices, malgré les conclusions d'une analyse interne.

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(Québec) Même si elle était favorable à la vente des immeubles de la Société immobilière du Québec (SIQ), Monique Jérôme-Forget raconte qu'elle avait abandonné l'idée en apprenant qu'une analyse interne de l'organisme déconseillait cette avenue. Elle soutient par ailleurs ne pas avoir été informée d'une étude menée par son propre ministère qui en venait à la même conclusion. En entrevue exclusive au Soleil, elle a révélé que c'est le président de la SIQ, Marc-André Fortier, qui a relancé l'idée de la vente des immeubles et qui a choisi les édifices à liquider.

«J'avais pris la décision de ne plus vendre, suite à l'étude interne. Je me suis dit que si eux ne voulaient pas le faire, je ne pouvais pas faire ça comme ministre. Mais quand Fortier est arrivé avec trois édifices, j'ai cru qu'il offrait quelque chose de bon.»

Mme Jérôme-Forget explique qu'à l'origine, elle n'avait qu'un seul édifice dans sa mire. «Au départ, ça ne devait être que Place Québec. Et là, il a rajouté deux autres édifices. C'est lui qui a identifié les édifices. Il disait qu'il avait un bon prix et que ça allait être bon. Et moi, sincèrement, je me fiais beaucoup aux fonctionnaires parce que je suis une ancienne fonctionnaire.»

Pas vu l'autre étude

Mme Jérôme-Forget jure par ailleurs qu'elle n'a jamais vu l'autre étude, commandée par le ministère des Finances, dont les conclusions étaient défavorables à la liquidation des propriétés de la SIQ. Cette étude, effectuée au coût de 270 000 $ par une firme d'évaluateurs agréés de Montréal, avait établi à près de 3 millions $ de plus par année, les frais de location excédentaires pour le gouvernement, dans un scénario de vente des trois immeubles visés par l'émission Enquête de Radio-Canada. «Je suis renversée de savoir que le ministère des Finances a fait une étude, je n'ai jamais été informée de cette étude. Je suis très étonnée qu'on ne me l'ait pas souligné, parce que la vente a été annoncée dans le budget.»

L'ancienne ministre est persuadée qu'il ne s'agit pas d'un oubli de sa part. Après l'entrevue au Soleil, elle a vérifié auprès de son sous-ministre du temps, Jean Houde. «Il m'a dit qu'il n'avait non seulement pas lu une telle étude, mais qu'il n'en a jamais demandé une, a-t-elle fait savoir par courriel. Il pense que ça viendrait du Trésor, ce dont je doute, car on ne m'en a jamais parlé.»

(En fait, l'étude a bel et bien été commandée par les Finances, et elle a été présentée à Jacques Caron, le directeur des politiques et de l'organisation financière du Ministère).

La version des faits de l'ex-ministre soulève des questions de taille. Comment les fonctionnaires auraient-ils pu oublier une étude aussi importante lors de la préparation du budget de 2007-2008 qui annonçait la décision de vendre les immeubles? La Vérificatrice générale du Québec pourra élucider cette affaire.

Quant à Monique Jérôme-Forget, elle ne regrette pas sa décision. «Ce qui me trouble, c'est qu'il y a des gens qui ont fait de l'argent avec ça. Pour la corruption, j'étais intraitable. On peut dire que j'ai manqué de jugement, mais je n'ai pas subi de pression pour faire plaisir à quelqu'un.»

L'ancienne ministre n'a pas d'éloges pour les gens concernés par l'enquête de l'UPAC sur ces transactions. «Franco Fava, c'était mon ennemi juré. Alors je n'aurais pas voulu l'aider. Je le haïssais à mort ce gars-là. Je l'ai toujours détesté. Il était au conseil de la CSST et je ne l'ai jamais aimé, ce gars-là.»

Elle n'est pas plus élogieuse à l'endroit de Marc-André Fortier, l'ancien président de la SIQ qui a piloté la vente des immeubles. «Je ne l'aimais pas parce que je trouvais qu'il n'avait pas de manières. Jean-François Lisée a dit qu'il était louche. Il n'a jamais été louche pour moi. Il n'était pas brillant, mais il n'était pas louche.»

Pourquoi l'avoir nommé à la présidence de la SIQ? Elle explique qu'il avait bien géré la Société Parc-Auto du Québec (SPAQ). Pourtant, l'homme n'avait-il pas fait l'objet de critiques dans les médias pour ses allocations de dépenses à la SPAQ? Elle répond qu'elle ne le savait pas, mais qu'elle n'a pas lésiné lorsqu'on l'a informée des mêmes critiques à la SIQ. «Quand Renaud Lachance m'a téléphoné pour me parler des comptes de dépenses de M. Fortier à 10h le matin, Fortier était dans mon bureau à 11h et à 11h10, il était à la porte.»

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