Alain Juppé a gagné... en Amérique!

Francois Fillon et Alain Juppé, candidats au premier... (AP)

Agrandir

Francois Fillon et Alain Juppé, candidats au premier tour des primaires du parti de centre droit Les Républicains

AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Dimanche, l'ex-premier ministre François Fillon a causé une surprise en remportant le premier tour des primaires du parti de centre droit Les Républicains, en France, avec 44,2 % des voix. Cependant, en Amérique et ailleurs à l'extérieur de l'Hexagone, c'est le maire de Bordeaux Alain Juppé, au départ considéré comme le favori, qui l'a emporté.

Le vote des quelque 53 000 Français résidant à l'étranger qui se sont rendus aux urnes lors de ces primaires ouvertes a en effet favorisé M. Juppé à 44,5 % contre 37,3 % pour M. Fillon et un famélique 8,7 % pour l'ex-président Nicolas Sarkozy. M. Juppé termine premier dans dix des onze circonscriptions des Français de l'étranger, seule celle couvrant la Suisse et le Liechtenstein ayant été favorable à M. Fillon par 2,5 %.

La tendance est semblable dans les départements français d'outre-mer, dont six ont été remportés par M. Juppé contre un seul (la riche île de Saint-Barthélémy dans les Antilles) par M. Fillon pendant que Nicolas Sarkozy décrochait La Réunion, Mayotte, Saint-Martin et la Nouvelle-Calédonie.

Amérique du Nord

En Amérique du Nord, Alain Juppé, qui avait entre autres reçu l'appui du maire de Québec, Régis Labeaume, a récolté 47,4 % des 7871 voix contre 33,4 % pour M. Fillon.

Romain Vignol, un Français établi à Québec depuis sept ans qui étudie en sciences politiques à l'Université Laval, ne croit toutefois pas que l'appui du maire de Québec ait pesé bien lourd dans les résultats.

«Je ne pense pas que ça ait eu un grand impact. Ce n'est pas comme quand le maire d'une ville de France se prononce. De toute façon, ceux qui avaient leur carte de membre des Républicains avaient déjà leur idée avant que M. Labeaume ne prenne position», indique ce partisan avoué de François Fillon. «Et on ne peut en vouloir à M. Labeaume d'avoir pris position en faveur de son ami.»

L'appui de Lefebvre

D'après M. Vignol, l'appui de Frédéric Lefebvre, représentant de la première circonscription des Français établis hors de France, expliquerait davantage l'avance de Juppé en Amérique du Nord.

«M. Lefebvre représente l'Amérique du Nord et il a fait campagne de toutes ses forces pour M. Juppé. Son appui, et ceux des conseillers consulaires et des présidents d'associations locales, dont plusieurs étaient aussi favorables à M. Juppé, ont dû peser dans la balance. Ils ont tendance à mobiliser plus facilement les autres», indique Romain Vignol.

Quant à la quarantaine de sondages effectués, dont un seul donnait M. Fillon gagnant par un maigre point de pourcentage, M. Vignol croit que les résultats de cette première primaire de la droite étaient difficiles à prévoir. «Je pense qu'il aurait fallu donner davantage de poids à l'opinion de ceux qui disaient être sûrs d'aller voter», conclut-il.

Labeaume s'abstiendra de faire campagne pour son ami

Régis Labeaume s'explique mal le résultat du premier tour pour déterminer le représentant de la droite française, qui place son ami Alain Juppé, pour qui il a milité, dans une position difficile. Mais le maire de Québec ne tiendra pas d'autre activité pour appuyer publiquement M. Juppé. 

«Je pense que tout le monde a été surpris. Je pense que ça va se jouer pas mal sur les programmes cette semaine. On essaye de comprendre ce vote-là», a lancé M. Labeaume, sans parler davantage de son ami, candidat dans la course à la direction du parti Les Républicains. «En passant, François Fillon, c'est quelqu'un de très bien, que j'ai connu», a-t-il toutefois ajouté à propos de celui qui est arrivé largement en tête au premier tour de la primaire avec 44 % des votes devant M. Juppé. 

En août, on apprenait que M. Labeaume présidait un comité d'honneur pour inciter les Français du Québec à voter pour un ami et maire de Bordeaux en prévision de l'élection à la présidentielle française de 2017. Lundi, le maire de Québec a indiqué qu'il ne fera pas d'autre offensive militante d'ici au second tour dimanche. «Ce que j'avais à faire a été fait», a-t-il répondu.  Valérie Gaudreau

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer