Québec solidaire accepte la main tendue du PQ

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(Québec) Québec solidaire (QS) accepte d'ouvrir le dialogue avec le Parti québécois (PQ) pour battre les libéraux aux élections générales de 2018. Mais déjà se pointe à l'horizon l'écueil du mode d'accession à l'indépendance.

«Hier [samedi], nous avons entrepris un grand chantier pour nous débarrasser de ce gouvernement néfaste», a lancé dimanche la députée de Gouin et co-porte--parole de Québec solidaire, Françoise David, aux délégués du Conseil national de QS, réunis dans la capitale. Allons-nous discuter avec d'autres partis politiques? Notre réponse est claire, c'est oui», ajoute-t-elle.

Après réflexion, QS répond ainsi favorablement à l'invitation que lui avait faite le nouveau chef du Parti québécois, Jean-François Lisée. Mais pas sans imposer plusieurs conditions. 

«On veut mettre [au pouvoir] un gouvernement progressiste et non pas une pâle copie du gouvernement actuel. Dans les détails, on peut diverger, mais pas sur les principes», avise Mme David.

Ainsi, le PQ, comme tout autre groupe politique qui souhaite «rallier les forces vives du Québec dans un seul camp au-delà des partis», devra respecter les principes suivants : interpeller le 1 % de la population la plus riche pour remplir les coffres de l'État et réinvestir dans les services publics; être féministe; accepter de mettre fin au développement des hydrocarbures; élaborer un projet indépendantiste inclusif; favoriser l'autodétermination des nations autochtones; et promouvoir un mode de scrutin proportionnel. «On ne se satisfera pas seulement de mots, nous voulons des gestes»,  souligne la députée solidaire.

«La balle est dans son camp», a renchéri Mme David, en parlant expressément du PQ. Si les discussions sont officiellement ouvertes, les moyens de vaincre les libéraux restent à déterminer. Par exemple, la co-porte-parole de QS n'a pas voulu se prononcer sur la pertinence de ne pas présenter des candidats dans des circonscriptions visées pour éviter une division du vote entre les partis indépendantistes.

Référendum

Les pourparlers à venir peuvent frapper quelques écueils, reconnaît Mme David. «Ça pose un problème important quand Jean--François Lisée dit non à un référendum dans un premier mandat.

De notre point de vue, l'élection d'un gouvernement souverainiste signifie que nous ouvrons cet autre grand chantier qui s'appelle une constituante, une assemblée citoyenne élue par la population, qui va débattre d'un projet de constitution. Et ça va se terminer par un référendum portant aussi sur l'avenir politique du Québec. Oui, y'a un os là.»

QS a aussi affirmé son intention d'inscrire cette vision à la feuille de route de OUI Québec, organisations unies pour l'indépendance, qui tient des discussions sur le processus d'accession à l'indépendance. «On accepte parce qu'on en a un, nous, un très beau projet, non partisan [...] Nous espérons convaincre le mouvement souverainiste que c'est la meilleure façon d'arriver à la souveraineté, et non plus ces campagnes très courtes à coups de millions, à coups de publicités envahissantes, qui finissent par empêcher le monde de penser.»

Le temps est compté pour élaborer une stratégie. En effet, Québec solidaire veut déposer des propositions concrètes à ses membres à son congrès qui se tiendra en mai 2017.

«Un pas supplémentaire»

Le Parti québécois (PQ) dit se réjouir «de la décision prise par les membres de Québec solidaire (QS) de franchir un pas supplémentaire vers la convergence des forces progressistes et souverainistes».

La députée de Joliette et chargée de mission pour les relations avec la société civile, la participation citoyenne et la convergence pour le PQ, Véronique Hivon, a fait connaître sa satisfaction, dimanche, par voie de communiqué.

«Nous sommes heureux de constater que les membres de Québec solidaire ont choisi de maintenir leur implication au sein des Organisations unies pour l'indépendance, les OUI Québec [...] D'autre part, l'ouverture qu'a démontrée QS en mettant sur pied un grand chantier sur la possibilité de convergence et d'alliances, y compris l'idée de candidatures communes, constitue un geste d'une grande importance pour l'avenir.»

Mme Hivon y voit notamment la possibilité de «déloger le gouvernement libéral le plus toxique de notre histoire», déclare-t-elle, tout en réitérant la volonté de son parti «de travailler à la réforme du mode de scrutin et celle de discuter des enjeux qui apparaissent prioritaires à Québec solidaire».

Bon accueil chez ON

Le chef d'Option nationale (ON), Sol Zanetti, dit accueillir favorablement cette ouverture de Québec solidaire. «Je trouve aussi intéressantes les conditions énumérées», dit-il, au sujet des principes à respecter édictés par QS. «Nous, on s'est toujours positionné en faveur d'une coalition des indépendantistes autour d'un engagement commun.»

Pour respecter ces principes, auxquels il adhère, la coalition doit se donner les moyens politiques de faire l'indépendance dans un avenir rapproché, insiste M. Zanetti. Il donne en exemple l'implantation du pipeline d'Énergie Est. «Si on veut bloquer ce projet dont la construction est prévue d'ici 2021, il faut faire l'indépendance avant l'élection de 2022. Actuellement, c'est Ottawa qui a le contrôle.»

Il affirme être prêt à envisager la possibilité de candidatures communes s'il y a consensus sur le fait qu'un parti indépendantiste élu en 2018 devra tenir un référendum au cours de son mandat.

Commission demandée

Québec solidaire demande au gouvernement libéral de mettre sur pied une commission d'enquête sur le problème de racisme systématique qui touche les communautés autochtones.

Le Conseil national de Québec solidaire s'est rangé derrière les Premières Nations en réitérant sa «solidarité sans faille [...] particulièrement avec les femmes autochtones victimes d'abus de la part des corps policiers», a lancé Manon Massé, députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques.

La demande d'enquête ne repose pas uniquement sur les drames vécus par les femmes autochtones de Val-d'Or. Mme Massé considère qu'un lourd héritage de colonisation pèse encore sur les Premières Nations et qu'il est maintenant temps de reconstruire les liens de confiance entre eux et le peuple québécois. Selon elle, une enquête publique servirait d'engagement à poser de véritables gestes de réparation.

Pénélope Guay, de la maison Missinak, organisme qui vient en aide aux femmes autochtones en difficulté, est venue dire aux délégués de QS qu'il était temps de briser le silence. «On en a assez du racisme ignorant. Nous devons travailler dans la dignité et la guérison [...] Moi, je suis en colère. J'ai le goût de crier, de faire taire ces silences qui existent depuis des années. Les femmes de Val-d'Or ont crié fort. Il ne faut pas arrêter. Ce n'est qu'un début.»

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