Insulter le Parlement

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(Québec) DÉCODAGE / Le président de l'Assemblée nationale a décrété que les députés de Québec solidaire ont insulté l'institution parlementaire en votant le dos tourné contre le projet de loi sur l'aide sociale du ministre François Blais.

Les députés des deux côtés du Salon bleu sont d'accord avec Jacques Chagnon là-dessus - sauf bien sûr les solidaires Françoise David, Amir Khadir et Manon Massé. Mais plusieurs des parlementaires pensent que bien d'autres insultes sont régulièrement lancées contre l'institution sans jamais être relevées par le président Chagnon.

Allons-y sous forme de questions. Un député insulte-t-il le Parlement lorsqu'il est absorbé par une vidéo défilant sur sa tablette au point de ne pas se rendre compte qu'il doit voter, comme l'a illustré le libéral Serge Simard récemment?

Un ministre insulte-t-il l'institution lorsqu'il élude plus ou moins finement les questions posées par des députés de l'opposition?

Un élu de l'opposition insulte-t-il l'institution lorsqu'il prend des libertés avec la vérité pour poser une question au gouvernement, voire lorsqu'il la tronque sciemment?

Revenons au député Serge Simard. Les parlementaires concentrés sur leurs courriels ou, de façon plus générale, sur l'écran de leur tablette sont nombreux. La chose est plus problématique en commission parlementaire qu'à la période des questions, puisque, dans le premier lieu, ils sont invités à accomplir leur travail de législateurs - à s'attarder à un projet de loi précis, par exemple.

Le fond du problème vient d'un règlement de l'Assemblée nationale, qui oblige les députés du gouvernement à siéger pendant des heures en commission parlementaire alors qu'ils sont surtout là, non pas pour questionner le ministre porteur d'un projet législatif, mais afin de voter, selon la consigne donnée, sur des amendements que pourraient présenter les partis d'opposition. Plusieurs d'entre eux considèrent qu'ils auraient mieux à faire ailleurs.

Délicat, mais incontournable

Existe-t-il un «racisme systémique» des forces policières à l'égard des nations autochtones? La question a suscité un malaise chez les parlementaires.

Il existe des problèmes, mais de là à parler de «racisme systémique»..., il y a un pas que n'ont pas franchi les ministres Geoffrey Kelley et Martin Coiteux. En fait, seule la solidaire Manon Massé a clamé qu'il en existe un.

L'été dernier, la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec avait réclamé la tenue d'une commission d'enquête publique sur le «racisme systémique» à l'égard de Québécois issus de l'immigration. Sans nier là non plus l'existence de «problèmes», le premier ministre Philippe Couillard avait préféré mettre en garde contre l'expression de «racisme systémique».

Il avait dit qu'il fallait prendre la question au sérieux, mais avait rejeté l'idée d'une grande commission d'enquête publique.

Aujourd'hui, il résiste à la proposition de déclencher une enquête publique québécoise sur les relations entre les Autochtones et les forces policières.

Aux jeunes libéraux, il avait indiqué que la Commission des droits de la personne serait bien placée pour se pencher sur le problème qu'ils soulevaient. Depuis, plus rien - ou rien de concret.

D'une enquête à l'autre

En coulisses, des libéraux en conviennent : le gouvernement ne pouvait pas rester les bras croisés devant les allégations de détournement d'argent à la Société immobilière du Québec par des collecteurs de fonds du Parti libéral. Après avoir refusé de confier à la vérificatrice générale du Québec l'étude de cette affaire, il l'a finalement invitée à s'y pencher.

Il n'avait pas le choix. Les partis d'opposition auraient continué d'exiger l'intervention de l'équipe de la vérificatrice générale. Ils auraient accusé le gouvernement de ne chercher qu'à cacher la vérité. Sans compter le fait que la vérificatrice se serait sans doute de toute façon intéressée au dossier.

Dans l'aile parlementaire libérale, on espère, en revanche, que le Parti québécois sera épinglé d'une façon ou d'une autre par la Commission d'enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques.

29 missions

Philippe Couillard était à Marrakech, au Maroc, cette semaine. La semaine prochaine, il s'envolera pour Madagascar, dans l'océan Indien, où il participera au XVIe Sommet de la Francophonie.

À son retour de Madagascar, M. Couillard aura pris part à 29 missions à l'étranger depuis qu'il dirige le gouvernement du Québec. Il se sera rendu dans 14 pays différents, selon une compilation du Soleil. Citons les États-Unis, la Chine, le Sénégal, la Belgique, le Royaume-Uni, la Suisse, la France, l'Italie et l'Allemagne.

Il se sera rendu 11 fois aux États-Unis, 4 fois en France et 3 fois en Islande.

Les missions ne se seront pas toutes matérialisées par autant de voyages intercontinentaux, puisqu'elles sont parfois organisées de manière à pouvoir effectuer un arrêt dans plus d'un pays.

Pour les uns, l'actuel premier ministre du Québec ne ménage pas sa peine. Pour les autres, il aime un peu trop la scène internationale.

Quoi qu'il en soit, il détient une espèce de record en 32 mois de pouvoir.

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