Le chef du PLQ accusé de négliger ses membres

Malgré les promesses du chef libéral Philippe Couillard... (La Presse, Robert Skinner)

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Malgré les promesses du chef libéral Philippe Couillard de s'engager à accorder toute l'importance requise au militantisme au sein de sa formation, certains membres le sentent toujours distant de celle-ci.

La Presse, Robert Skinner

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Laval

Le premier ministre Philippe Couillard n'a pas réussi à reconnecter le Parti libéral du Québec (PLQ) avec ses membres, selon un militant de longue date du parti, Martin Drapeau.

Mais le chef libéral s'est engagé samedi à accorder toute l'importance requise au militantisme au sein de sa formation. Aux centaines de membres libéraux réunis devant lui dans le cadre du conseil général de sa formation, il a promis de «bien écouter» ce qu'ils auraient à dire.

Militant du PLQ depuis 36 ans dans la circonscription de Groulx, dans les Laurentides, M. Drapeau reproche notamment au gouvernement Couillard de négliger le suivi qui devrait normalement être fait aux résolutions votées par les membres lors des conseils généraux et aux engagements électoraux pris par le parti.

Questionné à savoir si M. Couillard avait réussi à reconnecter le parti à sa base, il a répondu: «honnêtement, non».

Cette douche froide, servie aux autorités du parti lors d'une mêlée de presse samedi matin, est survenue alors que des centaines de militants convergeaient vers un hôtel de Laval où se tient tout le week-end le conseil général du parti autour du thème de la justice sociale.

Réputés disciplinés, les militants libéraux n'ont pas l'habitude de confier ainsi leurs états d'âme aux journalistes. M. Drapeau fait figure d'exception et ce n'est pas la première fois: c'est lui qui avait créé tout un malaise en 2010, lors d'un conseil général, en proposant la tenue d'une commission d'enquête sur l'industrie de la construction, une idée qui était alors restée lettre morte, M. Drapeau n'ayant trouvé personne parmi les 500 militants dans la salle pour appuyer sa proposition.

«Il faudrait un meilleur suivi» des attentes formulées par les militants, a commenté M. Drapeau.

Les critiques formulées par ce militant font écho au rapport produit récemment par le président sortant de la commission politique du PLQ, Jérôme Turcotte, qui a jeté un pavé dans la mare en dénonçant plusieurs travers, dont précisément le manque de suivi aux résolutions du parti et aux engagements électoraux, le manque d'écoute des membres, qui participent peu aux processus décisionnels et le trop grand contrôle exercé par l'entourage du premier ministre sur les orientations privilégiées par le parti.

Dans son discours d'ouverture du conseil général, samedi matin, M. Couillard a dit que le rapport Turcotte, «très bienvenu», faisait la preuve que son parti était celui qui était le plus ouvert aux débats. «Il n'y a pas de parti politique sans militantisme», a dit le chef libéral, qui s'est engagé à moderniser sa formation politique.

«Une remise en question»

En point de presse, M. Turcotte s'est dit quant à lui satisfait de l'accueil reçu par son rapport, qui visait surtout à provoquer «une remise en question» des façons de faire et à accroître la participation active de la base militante, alors que le nombre de membres au PLQ est en chute libre. Il a dit n'avoir «jamais» songé à quitter sa formation politique.

«C'est un signe de vitalité de notre parti d'être capable de se remettre en question», a-t-il commenté.

Dans son discours, le chef libéral a rappelé l'importance en politique de «garder le cap» sur les valeurs, qui constituent «la boussole» d'un parti, qui vient d'ailleurs de rééditer la publication de l'ex-chef Claude Ryan sur les valeurs libérales.

Le conseil général du week-end permet aux membres du PLQ de se prononcer sur une foule de sujets, notamment sur un projet de résolution, dimanche, misant sur la lutte à la pauvreté et à la réduction des inégalités sociales.

Samedi, sous la pression de leur aile jeunesse qui en a fait un cheval de bataille, les libéraux ont voté pour l'abolition des clauses de disparité pénalisant les jeunes dans les régimes de retraite et les régimes d'assurance collective.

Après un long débat, une résolution visant à enlever pour toujours son permis à un conducteur surpris avec les facultés affaiblies pour la troisième fois a été battue.

La ministre du Travail, Dominique Vien, qui s'apprête à proposer une nouvelle hausse du salaire minimum, a fait un exposé aux militants sur le sujet. Le ministre de l'Emploi, François Blais, responsable de l'aide sociale, a fait aussi une présentation, et dimanche matin ce sera au tour du ministre des Finances, Carlos Leitao, de rappeler les grandes lignes de sa mise à jour économique.

Sous haute surveillance policière, les libéraux ont eu droit à un comité d'accueil, des syndiqués CSN venus dénoncer les compressions des dernières années dans le réseau de la santé.

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