Legault dénonce l'«élite» québécoise

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«Il ne faut jamais prendre de haut les préoccupations et les inquiétudes de la population», a commenté le chef de la CAQ, François Legault.

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(Québec) Dénonçant une «certaine élite» québécoise, le chef caquiste, François Legault, estime que l'élection de Donald Trump lui fournit des arguments politiques.

«Il ne faut jamais prendre de haut les préoccupations et les inquiétudes de la population», a-t-il commenté mercredi. Partant de là, une «certaine élite au Québec doit se remettre en question», selon lui.

Le premier ministre Philippe Couillard fait partie de cette élite qu'il dénonce. Le péquiste Jean-François Lisée aussi, ainsi que des chroniqueurs et des analystes de médias qu'il a préféré ne pas nommer. Il dit que lui-même, qui vient d'un milieu modeste, ne fait pas partie de cette élite.

De nombreux citoyens souhaitent que l'on réduise les taxes et les impôts, et pensent qu'il faut baisser les cibles en immigration, a insisté François Legault, en rappelant que son parti juge «urgent» de réduire le fardeau fiscal de 1000 $ par famille. La Coalition avenir Québec propose aussi de baisser les niveaux d'immigration de quelque 50 000 à 40 000 par année et d'«interdire les signes religieux pour les personnes en autorité».

Répondre à de telles préoccupations constitue le meilleur moyen d'éviter des «dérapages» comme Donald Trump en a commis durant la campagne électorale, soutient-il.

Il est temps d'agir si on veut se prémunir de lendemains pénibles, a-t-il argué.

Couillard «prend acte»

Après avoir exprimé mardi après-midi sa préférence pour l'élection de Hillary Clinton, Philippe Couillard a «pris acte» du résultat. «La victoire de M. Trump est claire. À ce titre, je le félicite au nom du gouvernement» du Québec, a déclaré le premier ministre.

«Je pense qu'il faut exprimer ce qu'on ressent», a dit M. Couillard lorsqu'il a été invité à commenter le soutien qu'il a accordé mardi à Mme Clinton - avant la fermeture des bureaux de scrutin aux États-Unis.

«J'ai exprimé le point de vue d'une grande partie de la population québécoise. J'étais très préoccupé par le ton de la campagne. Et je pense que les Québécois n'aiment pas ce genre de politique là.»

«À partir de maintenant, on regarde vers l'avenir», a-t-il ajouté. Il a souligné que le discours prononcé par le président élu était «de nature beaucoup plus rassembleuse et raisonnable que ce qu'on a entendu pendant la campagne». Il veut croire que c'est de «bon augure».

Philippe Couillard estime néanmoins, comme plusieurs autres dirigeants politiques, qu'«une période d'incertitude» s'ouvre; «une instabilité potentielle sur le plan économique, entre autres». Il a relevé que Donald Trump s'oppose à l'Accord de Paris sur les changements climatiques.

Il s'est dit préoccupé par l'avenir de l'industrie du bois d'oeuvre. Il pense toutefois que les menaces ne sont pas aussi grandes que certains le disent pour l'Accord de libre-échange nord-américain, puisque les économies américaine et canadienne sont très imbriquées et que personne n'aura vraiment intérêt à revenir en arrière.

À ses yeux, l'arrivée prochaine de Donald Trump à la Maison-Blanche est entre autres due à un vote de «protestation» de citoyens inquiets devant «un monde qui change rapidement».

Lisée pense au filet social

«On entre dans une période de turbulences, c'est certain», a observé le chef de l'opposition officielle, Jean-François Lisée. Il croit que la principale victime de l'élection est la lutte contre le réchauffement planétaire.

«Aux États-Unis, les inégalités de revenu ont explosé, a relevé M. Lisée. C'est pire que dans les années 20, le début des années 30. Et c'est cette absence de cohésion qui permet à des personnalités comme Donald Trump de harnacher la colère populaire.» Voilà pourquoi le Québec doit de son côté maintenir et resserrer les mailles de son filet social, a-t-il dit.

À l'instar de François Legault, la solidaire Françoise David a mis en garde Philippe Couillard. Elle lui a demandé «s'il était conscient de la gravité de ce qui est arrivé aux États-Unis» et de ce que provoquent «la corruption et la collusion, toute cette espèce de fraternité parfois obscène entre les élites politiques et les élites économiques».

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