Aucun journaliste épié par la GRC ou le SCRS, affirme Trudeau

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«On a des balises, des règles et des paramètres très stricts en place, et j'ai été rassuré qu'ils sont tous en train d'être suivis, et on peut être rassurés qu'au niveau fédéral, on n'a pas cette préoccupation», a poursuivi Justin Trudeau.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Le premier ministre Justin Trudeau a indiqué jeudi qu'aucun journaliste ne faisait actuellement l'objet d'une surveillance de la part des services policiers ou de renseignement fédéraux.

Disant suivre avec «préoccupation» les cas des reporters du Québec qui ont été espionnés par deux corps policiers de la province, il a affirmé avoir effectué des vérifications auprès de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).

«Dès qu'on a commencé à avoir ces nouvelles, j'ai commencé à communiquer avec le commissaire de la GRC et le SCRS pour m'assurer qu'effectivement, il n'y a aucune activité de ce type qui se passe au niveau fédéral», a-t-il dit en conférence de presse à Ottawa.

«On a des balises, des règles et des paramètres très stricts en place, et j'ai été rassuré qu'ils sont tous en train d'être suivis, et on peut être rassurés qu'au niveau fédéral, on n'a pas cette préoccupation», a poursuivi Justin Trudeau.

Depuis lundi, on a appris que les communications de plusieurs reporters du Québec ont été espionnées par la Sûreté du Québec (SQ) - certains pendant environ cinq ans - ainsi que par le Service de police de la ville de Montréal (SPVM).

Cette situation a de quoi inquiéter tant la population canadienne que le gouvernement, car la liberté de la presse est un pilier «essentiel pour une démocratie qui fonctionne bien et une société libre», a fait valoir le premier ministre.

Il s'est montré ouvert à la possibilité de revoir l'article du Code criminel que le capitaine Guy Lapointe, de la SQ, a évoqué en entrevue au Réseau de l'information, mercredi, pour justifier l'espionnage de six journalistes québécois.

«Je pense qu'avec ces nouvelles on va certainement avoir des réflexions sur comment en tant que société nous nous devons d'assurer la protection des journalistes et de leurs sources confidentielles», a-t-il offert.

L'article 193 du Code criminel, qui est de juridiction fédérale, porte sur la divulgation et l'utilisation des communications privées.

Mulcair sceptique

Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair n'achète pas les réponses de Justin Trudeau, pas plus que celles fournies en Chambre par le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale. Selon lui, les deux hommes ne disent pas explicitement qu'aucun journaliste n'est espionné.

«Je vous invite à faire comme j'ai fait: d'aller lire et relire les réponses. (...) J'ai la transcription, et M. Trudeau n'a à aucun moment affirmé qu'il n'y avait aucune cause de surveillance policière en ce moment au Canada», a-t-il insisté en point de presse.

Le député d'Outremont a dit voir dans ce «manque de clarté» des propos formulés par les deux hommes la preuve qu'«il y a des journalistes sous surveillance, qui sont espionnés au niveau fédéral».

La GRC a filé pendant neuf jours en 2007 les journalistes Joël-Denis Bellavance et Gilles Toupin. La police fédérale voulait débusquer la source qui avait dévoilé les détails d'une conversation sur un détournement d'avion impliquant Adil Charkaoui.

Lorsque cette histoire a été rendue publique par CBC, au printemps dernier, M. Mulcair avait réclamé une enquête publique. Il a exigé la même chose dans la foulée du scandale d'espionnage qui a éclaté cette semaine.

L'avocat Christian Leblanc représentera les médias

L'avocat Christian Leblanc... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE) - image 3.0

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L'avocat Christian Leblanc

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

L'avocat Christian Leblanc a été choisi à l'unanimité par une douzaine de chefs des principales salles de nouvelles du Québec pour siéger à la commission d'enquête mandatée pour se pencher sur la surveillance policière des sources journalistiques.

Christian Leblanc s'est démarqué notamment dans sa pratique sur le droit des médias, des communications et de la diffamation.

«J'ai été impliqué dans certaines causes mettant en jeu la liberté d'expression en Cour suprême, et c'est aussi une part importante de ma pratique depuis plus de 20 ans. C'est certain que je sais ce dont on parle en ce moment, et que ce sont des sujets sur lesquels je suis sensibilisé et que personnellement, je trouve de la plus haute importance», a souligné M. Leblanc en entrevue, jeudi.

L'affaire «Ma Chouette»

L'avocat a été au coeur d'une décision phare sur la protection des sources journalistiques, ayant représenté les médias en Cour suprême dans l'affaire «Ma Chouette», du nom de l'informateur qui a permis au reporter Daniel Leblanc d'exposer au grand jour le scandale des commandites au gouvernement fédéral au début des années 2000.

Me Christian Leblanc a agi au nom de clients devant la Cour suprême du Canada de même que tous les tribunaux du Québec et la Cour fédérale du Canada, tant en première instance qu'en appel, ainsi que devant différents tribunaux administratifs, notamment le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes.

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