Un sommet Canada-UE dimanche pour signer le traité de libre-échange

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Le chef du gouvernement régional wallon, le socialiste Paul Magnette, a prévenu que la Wallonie n'accepterait jamais un traité n'offrant pas les mêmes garanties que celui qui liera désormais l'UE et le Canada.

AFP, JOHN THYS

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Agence France-Presse
Ottawa

L'Union européenne (UE) et le Canada signeront dimanche à Bruxelles leur accord de libre-échange (CETA), mettant fin à deux semaines de psychodrame avec la Belgique et sa région francophone de Wallonie qui bloquait cette signature.

«Mission accomplie! Je viens de me mettre d'accord avec le premier ministre Justin Trudeau pour tenir un sommet UE-Canada ce dimanche», a tweeté vendredi, un peu avant minuit (heure locale), le président du Conseil de l'UE, Donald Tusk, une fois obtenue l'approbation des 28 États membres.

Ce sommet débutera à 10h30 à Bruxelles, pour une cérémonie de signature programmée à midi, a précisé sur Twitter son porte-parole Preben Aamann.

La signature du CETA est une «excellente nouvelle», s'est réjoui le premier ministre canadien Justin Trudeau qui sera présent dans la capitale belge. «C'est un signal positif dans un monde incertain», a-t-il estimé lors de son entretien téléphonique avec Donald Tusk.

Le CETA est «un accord moderne et progressiste, ouvrant la porte à de nouvelles opportunités, tout en protégeant les intérêts importants», a salué Robert Fico, premier ministre slovaque, dont le pays assure actuellement la présidence du Conseil de l'UE (qui représente les 28 États membres).

«En outre, il possède le potentiel de paver le chemin vers de nouveaux accords commerciaux», a souligné M. Fico, alors même que l'Union européenne négocie - sans progresser - un autre traité transatlantique avec les États-Unis, l'impopulaire et controversé TTIP (ou TAFTA).

La conclusion du CETA a pourtant été paralysée ces dernières semaines par les désaccords internes de la Belgique, plusieurs de ses Parlements locaux, au premier rang desquels celui de la Wallonie, y restant farouchement hostiles.

Il a fallu des jours et des nuits de négociations marathon pour que les Parlements belges réticents finissent par donner leur feu vert vendredi, permettant au gouvernement fédéral de sortir de l'impasse.

Application provisoire et partielle

Une fois le traité signé, celui-ci devra être approuvé par le Parlement européen.

Il entrera à ce moment-là en application provisoire et partielle, le temps qu'il soit ratifié par l'ensemble des parlements de l'UE, une procédure qui peut prendre des années.

Le CETA «supprimera plus de 99 % des droits de douane qui pèsent actuellement sur les échanges commerciaux entre l'UE et le Canada», souligne le Conseil de l'UE. «Il fixe des normes élevées pour la protection des consommateurs, de l'environnement et des travailleurs.»

Justin Trudeau a remercié sa ministre du Commerce international Chrystia Freeland de ses efforts pour finaliser cet accord qui «fera croître la classe moyenne et renforcera l'économie» canadienne.

Mme Freeland devait accompagner son chef pour la cérémonie de signature. Déjà sur place, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, devrait également se joindre à la délégation fédérale.

Un accord amendé

Les opposants belges au CETA ont obtenu ces derniers jours que lui soit adjoint, parmi une trentaine d'autres déclarations émanant de tous les États membres et sur tous les sujets, une «déclaration du Royaume de Belgique» qui, selon eux, renforce la protection du modèle social et environnemental européen.

«Le CETA amendé, le CETA corrigé, est plus juste que l'ancien CETA, il offre plus de garanties que l'ancien CETA, et c'est celui-là que je défends devant vous», a plaidé le chef du gouvernement régional wallon, le socialiste Paul Magnette, devant son Parlement vendredi.

Dans son discours, M. Magnette a aussi prévenu que la Wallonie n'accepterait jamais un traité n'offrant pas les mêmes garanties que celui qui liera désormais l'UE et le Canada.

«D'ores et déjà, on peut en tirer la leçon : avec le CETA amélioré, le TTIP est mort et enterré», a-t-il lancé aux députés, en référence à l'autre accord de libre-échange négocié laborieusement avec Washington.

Le traité aurait dû être approuvé jeudi à Bruxelles en présence de Justin Trudeau, mais ce sommet avait été ajourné à la dernière minute, faute d'accord belge.

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