Salaire minimum: réactions mitigées aux propos de Dominique Vien

La ministre du Travail, Dominique Vien, s'est adressée... (Le Soleil, Yan Doublet)

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La ministre du Travail, Dominique Vien, s'est adressée à de jeunes entrepreneurs de la Rive-Sud, jeudi, à l'occasion du lancement d'un cahier spécial du Soleil.

Le Soleil, Yan Doublet

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La Presse Canadienne
Montréal

Les réactions ont été mitigées, vendredi, aux propos de la ministre du Travail, Dominique Vien, qui a déclaré, jeudi, devant de jeunes entrepreneurs, qu'il n'était pas question de hausser le salaire minimum à 15 $ l'heure «du jour au lendemain».

Sans surprise, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) ont réagi bien différemment aux mots de la ministre, rapportés par le quotidien Le Soleil.

Le président de la CSN, Jacques Létourneau, a ainsi déclaré par communiqué qu'il était «dommage de constater que la ministre du Travail (...) adapte son discours aux personnes à qui elle s'adresse».

M. Létourneau affirme que la coalition 5-10-15, qui milite pour le salaire minimum à 15 $ l'heure, a rencontré la ministre Vien lundi et qu'elle n'a jamais manifesté, à ce moment, son opposition à une telle hausse. Elle aurait reconnu que le taux actuel était bas et affirmé qu'elle demanderait des études sur la question et poursuivrait sa consultation.

Or, dans un discours devant de jeunes entrepreneurs, Mme Vien a déclaré qu'il était impossible d'établir le salaire minimum à 15 $ l'heure à court terme, parce que la marche était trop haute. Le salaire minimum se situe actuellement à 10,75 $ l'heure.

«Projet irréaliste»

La FCEI s'est pour sa part dite rassurée par les propos de Mme Vien.

«En fermant la porte à ce projet irréaliste, la ministre se montre responsable et sensible aux répercussions qu'une telle mesure aurait eues sur l'économie du Québec, les travailleurs et les PME», a déclaré par communiqué le directeur des affaires économiques à la fédération, Simon Gaudreault.

Une étude de l'Institut de recherche et d'information socioéconomiques (IRIS) publiée cette semaine a confirmé qu'une hausse marquée du salaire minimum entraînerait des pertes d'emplois dans la province, mais celles-ci seraient moins nombreuses que le nombre avancé par certains.

L'IRIS a également réfuté l'argument voulant que la survie de nombreuses petites et moyennes entreprises soit ainsi mise en péril, comme le soutient la FCEI.

«En rejetant l'idée d'un salaire minimum à 15 $, la ministre évitera plusieurs problèmes économiques aux Québécois au cours des prochaines années, en plus de recadrer la discussion autour des outils qui sont véritablement appropriés pour soutenir efficacement les travailleurs à faible revenu, comme des allègements fiscaux, de la formation et d'autres mesures ciblées qui présentent moins de conséquences pour l'économie», a malgré tout avancé M. Gaudreault.

Jacques Létourneau estime pour sa part que la ministre, avec son discours de jeudi, «a cru bon d'opposer clairement son refus à une revendication qui contribuerait à sortir des centaines de personnes et leur famille de la pauvreté».

«Ça démontre quels intérêts elle défend, et ça ne semble pas être ceux des bas salariés qui peinent à joindre les deux bouts», a-t-il ajouté.

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