Affaire Sklavounos: Lisée dénonce «l'hypocrisie» et «l'ignorance» des libéraux

«Quand j'ai entendu Jean-Marc Fournier dire qu'il tombe... (Jacques Boissinot, La Presse canadienne)

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«Quand j'ai entendu Jean-Marc Fournier dire qu'il tombe des nues au sujet de Gerry Sklavounos, qu'il n'a jamais entendu parler de sa réputation sulfureuse... a évoqué Jean-François Lisée. Il y a peut-être des gens qui croient ça. Je les laisse croire M. Fournier.»

Jacques Boissinot, La Presse canadienne

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(Québec) Jean-François Lisée dénonce «la culture de l'hypocrisie et de l'ignorance» des libéraux, mais il n'a cherché aucun détail sur les trois cas de péquistes interrogés par la police qu'il a lui-même révélés.

Le chef de l'opposition persiste et signe. À trois reprises dans le passé, un gouvernement péquiste a été informé par des «sources policières» d'une enquête sur un élu ou un membre du personnel politique. Il faut donc que le premier ministre Philippe Couillard ait su que le député de Laurier-Dorion, Gerry Sklavounos, était visé depuis mars par une plainte pour agression sexuelle, selon lui.

«Que ce soit formel ou informel, l'information, elle circule», a affirmé M. Lisée. Lorsque le leader parlementaire Jean-Marc Fournier ou le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux disent le contraire, «ils sont dans la culture de l'hypocrisie».

«Quand j'ai entendu Jean-Marc Fournier dire qu'il tombe des nues au sujet de Gerry Sklavounos, qu'il n'a jamais entendu parler de sa réputation sulfureuse... a évoqué M. Lisée. Il y a peut-être des gens qui croient ça. Je les laisse croire M. Fournier.»

Il reproche aussi la «culture de l'ignorance» du bureau du premier ministre et se dit lui-même adepte de la «culture de la connaissance». Mais le nouveau chef péquiste ignore qui sont les personnes au PQ qui ont intéressé les forces policières. Il ne s'est enquis ni des noms ni des motifs des enquêtes, mais simplement de la façon dont les autorités du parti ont été mises au parfum par les forces policières.

«Ça, c'est dans le passé, a déclaré M. Lisée. Je ne refais pas les choses faites du passé. Je n'ai même pas demandé.»

S'il devient chef du gouvernement, il imposera aux membres de son caucus ou du personnel politique d'aviser le whip du parti dès qu'ils se savent ciblés par une enquête. La police devrait aussi prévenir le parti au pouvoir si un député a été rencontré parce que les élus se doivent d'être «au-dessus de tout soupçon».

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a maintenu qu'il n'existe aucune procédure qui prévoit que la police prévienne les autorités politiques d'une enquête en cours. «Je pense que tout le monde est conscient que, si ça existait, ça n'aurait pas de bon sens, a dit M. Coiteux. [...] Ça n'a pas existé, et si M. Lisée dit le contraire, c'est à lui de s'expliquer là-dessus.»

Aucun souvenir pour Lessard

D'autre part, l'actuel ministre des Transports, Laurent Lessard, n'a «aucune souvenance» de doléances à l'endroit de M. Sklavounos qui ont été formulées par le Parti québécois en 2013. Le chef de cabinet de M. Lessard, à l'époque whip des libéraux dans l'opposition, aurait été mis au fait du comportement déplacé de M. Sklavounos à l'endroit d'une attachée de presse péquiste. Ni l'un ni l'autre n'a souvenir de cette affaire, a assuré M. Lessard, mais «on ne dit pas que ça n'a pas eu lieu». «Quand j'étais whip, la règle, c'est que si quelqu'un porte à notre attention ce genre de propos, il faut que ça cesse immédiatement», a affirmé M. Lessard.

La ministre responsable de l'accès à l'information, Rita de Santis, a admis que le «sexisme existe encore» au parlement. «Il y a certaines remarques qui ne sont pas appropriées», a-t-elle affirmé, tout en invitant celles qui se sentent victimes de harcèlement à dénoncer.

En Chambre, le premier ministre Philippe Couillard a déclaré que tous ont été «profondément ébranlés même sur le plan personnel par ce que s'est produit au cours des derniers jours».

Jeudi, le député de Laurier-Dorion, Gerry Sklavounos, a été évincé du caucus libéral en raison des allégations d'agressions sexuelles violentes formulées par une femme de 21 ans, Alice Paquet.

Les étudiants du Cégep Garneau soutiennent Alice Paquet

Dans un communiqué de presse publié mardi, l'Association générale étudiante du Cégep Garneau a tenu à donner son appui à Alice Paquet, la jeune femme qui accuse le député Gerry Sklavounos de l'avoir agressée sexuellement.

Mme Paquet est une ex-membre de l'Association et c'est dans des documents de l'organisme disponibles en ligne que le blogueur gaspésien Paul-André Beaulieu a découvert qu'elle avait déjà agi comme escorte puisqu'elle avait été présentée comme «ex-prostituée» dans une conférence sur la prostitution organisée en mars par l'Association.

«Les administrateurs [...] de l'Association [...] tiennent à signifier leur appui à Alice Paquet et aux survivantes de l'Université Laval dans leur démarche de dénonciation, ainsi qu'à l'ensemble des survivantes d'agressions sexuelles dans leur lutte incessante contre la culture du viol», indiquent la coordonnatrice Sarah Robinson-Arsenault et le responsable des communications Émile Lajeunesse-Trempe.

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Alice Paquet

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Par solidarité, les administrateurs et employés de l'Association ont aussi annoncé qu'ils ne répondraient plus à aucune requête médiatique relative à la vie privée d'Alice Paquet ou aux événements concernés par l'enquête.

L'Association a également indiqué qu'elle participerait, à 19h mercredi soir, à la manifestation féministe mixte contre la culture du viol qui aura lieu à la place de l'Université-du-Québec à l'initiative d'organismes féministes.

L'Association générale étudiante du Cégep Garneau a également dit espérer que la direction du Cégep Garneau rende plus rigoureux son règlement sur le harcèlement sexuel.

La politique du Cégep en matière de harcèlement sexuel prévoit actuellement des sanctions tels le renvoi, le congédiement, la suspension ou une lettre au dossier. La détermination des sanctions et les décisions relatives à leur mise en application relèvent toutefois exclusivement du directeur général. Ian Bussières

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