Une crise pour le gouvernement

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DÉCODAGE / Dès très tôt jeudi matin, les allégations d'agression sexuelle commise par un «député libéral» ont créé une situation de crise au gouvernement de Philippe Couillard.

Le nom de Gerry Sklavounos circulait déjà. Au gouvernement, on savait de qui il s'agissait tout autant que dans les partis d'opposition. Ceux qui ne savaient pas risquaient un nom, celui de M. Sklavounos. C'est que, selon plusieurs, il était réputé «entreprenant», «insistant».

Tôt jeudi matin, compte tenu de la nature des allégations, le petit monde de l'Assemblée nationale se doutait que le député de Laurier-Dorion serait expulsé du caucus libéral à un moment ou l'autre de la journée.

C'est que Philippe Couillard se devait d'au moins suivre les standards établis par le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, qui avait écarté deux de ses élus parce qu'ils faisaient face à des allégations de harcèlement sexuel.

C'est pour faire les choses avec «méthode» que M. Couillard a annoncé en matinée que les députés masculins de son aile parlementaire seraient tous interrogés. Le communiqué de presse identifiant l'élu de Laurier-Dorion, et confirmant son expulsion du caucus, est finalement tombé à 18h30 ce jour-là.

Le cabinet du premier ministre ne pouvait pas laisser planer dans l'opinion publique un soupçon concernant l'ensemble de ses élus masculins. Une fronde serait d'ailleurs née au sein du caucus si M. Sklavounos n'avait pas été expulsé.

Aujourd'hui, il n'y a pas que des élus de l'opposition qui souhaitent que Gerry Sklavounos, désormais député indépendant, démissionne de son siège à l'Assemblée nationale. Des libéraux pensent aussi que c'est ce qu'il devrait faire.

Personne ne l'imagine en mesure d'exercer son rôle d'élu et personne n'imagine qu'il sera présent au Salon bleu la semaine prochaine, ni les suivantes.

Ce n'est pas un problème de parti, mais, inévitablement et incontestablement, cette affaire a été traitée comme une crise majeure par le gouvernement. Une question demeurera : qui savait quoi, depuis quand et quoi au juste?

Les tacticiens

La tactique est un classique en politique comme ailleurs. Elle consiste à «définir» son adversaire, à lui coller une étiquette dans le dos. C'est ce que le chef libéral, Philippe Couillard, a tenté de faire mardi, mercredi et jeudi au tout nouveau chef de l'opposition officielle, Jean-François Lisée.

Plus d'une fois, il a lancé qu'il n'était qu'un «tacticien», un mot qu'il oppose à celui de stratège ou de visionnaire. «Tacticien» renvoie, de surcroît, à l'idée d'opportunisme, à la volonté de marquer des points sans être animé de convictions profondes.

Cela étant, il s'agit aussi, de la part du premier ministre, d'une tactique.

Chez les libéraux, on estime qu'elle avait été payante pour son prédécesseur, Jean Charest. Celui-ci était parvenu à accrocher le mot girouette au veston de Mario Dumont, alors chef de l'Action démocratique du Québec.

Si la tactique est inhérente à la politique, aux yeux du chef libéral, M. Lisée fait figure de «tacticien en chef».

Jean-François Lisée s'est toujours vu en stratège. Il a mené une partie de sa campagne à la direction du Parti québécois en prenant appui sur des questions identitaires, une façon pour lui d'intéresser des sympathisants de la Coalition avenir Québec à sa formation politique.

Il professe par ailleurs un discours à gauche - de «gauche efficace». Il le porte depuis longtemps. Il espère qu'il finira par attirer l'attention d'électeurs de Québec solidaire.

M. Lisée ne peut cependant être surpris que Québec solidaire ait une fois de plus fermé la porte à sa proposition de présenter un candidat commun dans Verdun, l'une des quatre circonscriptions où des élections partielles seront déclenchées sous peu. Québec solidaire veut exister, et il le sait.

La porte était verrouillée et le demeurera. Jean-François Lisée le sait aussi. Voilà pourquoi, cette semaine, sans nommer les députés Françoise David et Amir Khadir, il n'a pas hésité à employer le mot establishment pour parler de la direction de Québec solidaire. C'était pour lui une façon de séparer les sympathisants de QS des têtes dirigeantes du parti.

À l'autre bout du spectre, l'arrivée de M. Lisée crée une période de flottement à la Coalition avenir Québec. Un peu plus et son chef, François Legault, sentait le besoin de lancer que son parti existe, qu'il veut exister et qu'il existera.

Pour se distinguer, il a senti le besoin de rappeler qu'il n'est plus souverainiste, mais nationaliste. Et qu'il est le seul à vouloir baisser significativement le fardeau fiscal des contribuables. Qu'on se le tienne pour dit!

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