L'an un du gouvernement Trudeau en six moments marquants

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Mélanis Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

1- «Parce qu'on est en 2015»

La phrase a marqué l'imaginaire, et elle est employée à toutes les sauces depuis. C'est l'explication toute simple - et diablement efficace - qu'a fournie Justin Trudeau lorsqu'il s'est présenté devant Rideau Hall avec les 15 femmes et les 15 hommes de son conseil des ministres paritaire fraîchement assermenté, le 4 novembre dernier.

La déclaration a fait les manchettes dans les médias du monde entier et devenue virale sur les médias sociaux. Elle a notamment attiré l'attention de l'actrice britannique Emma Watson, ambassadrice de bonne volonté d'ONU Femmes pour la promotion de l'égalité des sexes.

En septembre dernier, alors qu'elle était de passage à Ottawa pour le sommet «One Young World», la vedette des films de la série «Harry Potter» a tenu à revenir sur ce moment. «C'était si inspirant que vous ayez formé un cabinet 50/50», a-t-elle dit à Justin Trudeau, avec qui elle a eu une rencontre en privé au parlement.

2- Réfugiés syriens

Des millions de Syriens qui fuient la guerre, environ 32 000 ont trouvé refuge au Canada depuis l'élection du gouvernement de Justin Trudeau. Les libéraux ont brisé leur promesse d'en accueillir 25 000 avant le 31 décembre 2015 - l'objectif a finalement été atteint le 28 février 2016 -, mais peu ont semblé leur en tenir rigueur.

Le premier ministre lui-même a assisté à l'arrivée du premier avion nolisé par le gouvernement, piaffant d'impatience dans le hall d'arrivées de l'aéroport Pearson, à Toronto, en attendant qu'il se pose. «C'est comme le soir de Noël pour moi», a-t-il confié aux journalistes, fébrile.

L'attitude d'ouverture du gouvernement libéral face aux réfugiés syriens a été soulignée dans plusieurs médias internationaux, dont le New York Times, le Washington Post, la BBC et Paris Match, entre autres.

3- Le budget de l'an un

on savait que le premier budget du gouvernement libéral serait écrit à l'encre rouge, mais pas que le ministre des Finances, Bill Morneau, sortirait une plume si écarlate. Le «modeste» déficit de 10 milliards $ évoqué en campagne électorale a bondi à 29,4 milliards $, et l'engagement de revenir à l'équilibre budgétaire dans quatre ans a été rompu.

Ce premier exercice financier de l'administration Trudeau contenait par ailleurs deux mesures phares mises de l'avant en campagne électorale: l'augmentation du taux d'imposition pour les plus riches, couplée à une diminution de celui de la classe moyenne, ainsi que l'instauration de l'Allocation canadienne pour enfants (ACE).

Les modifications au régime d'imposition des contribuables sont entrées en vigueur le 1er janvier 2016, et les premiers chèques de l'ACE sont arrivés dans les boîtes aux lettres des familles canadiennes en juillet 2016.

4- Aide à mourir

La ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, et sa collègue à la Santé, Jane Philpott, ont défendu bec et ongles le projet de loi sur l'aide médicale à mourir élaboré en réaction à un jugement de la Cour suprême du Canada. Jugé trop restrictif par rapport à l'arrêt Carter c. Canada, le projet de loi C-14 a été attaqué par des constitutionnalistes.

Il a été adopté aux Communes grâce à la majorité libérale. Mais dans l'autre chambre, des sénateurs libérés de leurs chaînes partisanes ont tiré à boulets rouges sur la mesure législative. Les membres du Sénat ont bombé le torse, plusieurs accusant le gouvernement d'avoir fait preuve de «cruauté» en restreignant l'accès aux patients dont la mort est «raisonnablement prévisible».

Pendant plusieurs semaines, la possibilité que le Sénat refuse d'entériner C-14 a été évoquée, certains sénateurs disant préférer une absence de loi à une mauvaise loi. Mais la partie de ping-pong législatif n'a finalement pas duré longtemps, plusieurs sénateurs s'inclinant en craignant de porter atteinte à la légitimité d'une mesure législative élaborée par un gouvernement élu.

La loi fédérale, qui a reçu la sanction royale le 17 juin, fait actuellement l'objet d'une contestation devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique.

5- Enquête sur les femmes autochtones

Cela faisait des années que les familles la réclamaient. Pendant son règne d'une décennie à Ottawa, le gouvernement de Stephen Harper a fait la sourde oreille. Quelques mois après avoir évincé les conservateurs, les libéraux ont finalement déclenché la tant attendue enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées.

Lors d'une cérémonie chargée d'émotions, en août dernier, le gouvernement a passé le flambeau aux cinq commissaires, dont la militante Michèle Audette. «Nous savons que l'enquête ne peut réparer les injustices que les Autochtones ont subies pendant des décennies, mais nous pouvons examiner ce qui est arrivé dans le passé, réfléchir sur notre situation actuelle et définir une feuille de route pour l'avenir», a alors souligné la ministre de la Justice du Canada, Jody Wilson-Raybould.

Les travaux de la commission d'enquête, qui est dotée d'un budget de 53,8 millions $, ont débuté le 1er septembre. La commission n'aura pas le pouvoir de contraindre les forces policières provinciales ou territoriales à rouvrir des enquêtes dont les conclusions sont contestées par les familles, ce qui a suscité des critiques.

6- Prix plancher sur le carbone

Le premier ministre Justin Trudeau en a surpris plus d'un en profitant d'un discours sur l'accord de Paris en Chambre pour annoncer que le gouvernement fédéral imposerait un prix plancher sur le carbone, et que les provinces récalcitrantes auront l'obligation de s'y conformer. Le prix sera de 10 $ la tonne dès 2018, et il augmentera de 10 $ par année jusqu'à atteindre 50 $ la tonne en 2022.

Cette annonce a eu l'effet d'une bombe à 200 kilomètres de là, du côté de Montréal, où les ministres de l'Environnement du pays rencontraient ce jour-là leur homologue fédérale Catherine McKenna. En guise de protestation, les ministres de la Nouvelle-Écosse, de la Saskatchewan et de Terre-Neuve-et-Labrador ont claqué la porte en critiquant la décision unilatérale de Justin Trudeau.

À Ottawa, les conservateurs ont aussi déchiré leur chemise, accusant les libéraux d'imposer une «taxe sur tout». À ces détracteurs, le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a répliqué: «Tant pis pour eux! Le monde entier se mobilise pour lutter contre les changements climatiques et on le fera sans les conservateurs canadiens. Ça fait dix ans qu'ils nous bloquent, de toute façon».

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