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L'aile jeunesse du PQ prend Lisée aux mots

Ariane Cayer, de l'aile jeunesse du PQ, voudrait... (Photothèque Le Soleil)

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Ariane Cayer, de l'aile jeunesse du PQ, voudrait s'inspirer des jeunes libéraux et créer un événement annuel.

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(Québec) L'actuelle présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ) veut «réformer» le calendrier de l'aile jeunesse péquiste. Pour donner plus d'influence à la relève, qui «n'a pas assez osé dans le passé», elle va jusqu'à s'inspirer des jeunes libéraux et aimerait créer un événement annuel à date fixe d'où jailliraient des idées novatrices, quitte à aller à l'encontre des positions naturelles du parti.

Jean-François Lisée n'était pas le premier choix d'Ariane Cayer. 

Celle-ci s'étant rangée derrière Alexandre Cloutier dès son lancement de campagne en mai, le 7 octobre a d'abord été un soir de déception pour elle. Mais, même dans une cause perdante, elle s'est vite ressaisie en écoutant le discours de victoire du député de Rosemont. 

«Les jeunes doivent élargir leur place, brasser la cage, insuffler un vent nouveau dans le dialogue indépendantiste, social, environnemental du Québec. En un mot : ils doivent déranger, y compris le nouveau chef», a déclaré Jean-François Lisée dans sa dense allocution. 

«Game on, on va y travailler», s'est alors dit Ariane Cayer. «Dans une soirée où moi,  personnellement, je vivais une défaite, ça a peut-être été l'étincelle», a-t-elle confié en entrevue au Soleil, vendredi, une semaine après l'élection du neuvième chef du Parti québécois (PQ). «Ce qui m'a vraiment rassurée, c'est la place accordée au débat et à la discussion. La volonté de travailler ensemble.»

À la tête du CNJPQ depuis l'été 2015 et membre de l'aile jeunesse depuis 2010, Mme Cayer «ne peut cacher» que les jeunes n'ont pas eu le mordant souhaité pour «teinter le programme» du parti durant ces années. Les élections de 2014, puis les changements de chef successifs n'ont pas aidé, a-t-elle fait valoir. Mais la présidente de 23 ans croit que cela n'explique pas tout. 

Occasions manquées

«C'est peut-être le fait qu'on n'a pas assez osé dans les dernières années. Le PQ a peut-être pris pour acquis qu'on n'oserait pas se lever contre une idée du [parti]. Ça a peut-être créé une ambiance où tout le monde était plus aisé, où on s'est dit qu'il n'y a pas de jeunes qui vont brasser», a-t-elle philosophé. «Il y a des débats dans lesquels on n'a pas embarqué, alors que [la Commission-Jeunesse du Parti libéral] a sauté dedans à pieds joints.» Elle cite des enjeux comme l'économie du partage (Uber, Airbnb), par exemple. 

Pour remédier à la situation et prenant aux mots Jean-François Lisée, Ariane Cayer tentera d'amener l'idée de créer un congrès annuel, à date fixe, à l'instar de ce que font les jeunes libéraux chaque mois d'août. «Ils ont une recette gagnante. Je le reconnais», a-t-elle affirmé. Elle y voit une tribune pour avoir «de l'attention» et peser plus lourd dans l'opinion publique.

Elle a rappelé que l'aile jeunesse n'avait pas tenu de congrès national jeune depuis l'automne 2010, soit celui précédant le dernier congrès national du PQ, en avril 2011. «Chaque année, on a un conseil national jeune, où on va élire un nouvel exécutif, donner les grandes orientations pour l'année. Mais ce n'est pas là où on va modifier le programme du parti», a précisé Mme Cayer. Ce conseil n'est accessible qu'à un délégué par région et change de date chaque année. 

L'idée serait de transformer ce conseil pour l'ouvrir «à tous» et au même moment. Son pari est qu'en créant «un rendez-vous», les jeunes pourront plus facilement se faire entendre dans les débats et auront «une meilleure visibilité». Il ne sera pas question de chambouler le programme péquiste chaque fois, ce qui n'est possible qu'aux congrès nationaux du parti, mais plutôt de l'influencer davantage. 

La présidente entend faire cette proposition au congrès national jeune, le premier en six ans, prévu au printemps prochain. «Je veux que les jeunes du PQ sachent que ce qu'ils font, ce n'est pas pour rien». Ariane Cayer veut faire de cette réforme une partie de son legs, elle qui n'a pas l'intention de solliciter un autre mandat lors du congrès printanier. Elle travaillera activement sur ses propositions cet hiver.

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