Lisée veut «rééquilibrer» sa position identitaire

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Après avoir décrété trois jours de congé pour ses troupes après sa victoire de vendredi, le nouveau chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, était de retour à la tâche, mardi. Il a notamment entamé une série de rencontres avec les membres de la députation du parti.

La Presse, Olivier Jean

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(Québec) Maintenant qu'il a été élu chef du Parti québécois, Jean-François Lisée juge qu'il doit «rééquilibrer» sa position identitaire avec celle de l'aspirant défait Alexandre Cloutier.

En entrevue sur les ondes de TVA, mardi soir, le nouveau leader souverainiste et chef de l'opposition a dit vouloir trouver un «point d'équilibre» entre sa «position et celle d'Alexandre» sur l'immigration et la laïcité. «Il y a toujours des points de passage», selon lui.

«Je sais qu'il faut rééquilibrer, a affirmé M. Lisée. Maintenant, je suis chef du parti. Je ne suis plus que le candidat. J'ai une responsabilité plus grande. Et je sais qu'il faudra trouver un point d'équilibre.»

Après une campagne où il s'est fait accuser par ses adversaires de jouer à son profit la carte du nationalisme identitaire, M. Lisée semble prêt à mettre de l'eau dans son vin.

Pendant l'entrevue, il a rappelé ses engagements phares de la campagne en la matière : droit pour les organismes publics d'interdire le port de tout signe de conviction - sans que cela entraîne des congédiements -, débat sur l'interdiction du voile intégral dans l'espace public, abaissement des seuils d'immigration à un chiffre décidé par le Vérificateur général, obligation pour les nouveaux arrivants d'apprendre le français.

Des propositions qui lui ont valu, dès son élection, des critiques sévères de la part du premier ministre Philippe Couillard. Celui-ci juge qu'il préconise un «nationalisme de peureux, de fermeture et d'exclusion» qui a une «parenté familière» avec les «partis populistes d'Europe».

M. Lisée s'est dit «très surpris» d'entendre cela de la bouche du premier ministre. Celui-là même, dit-il, qui l'a invité au respect mutuel dans leur débat lorsqu'il l'a appelé pour le féliciter pour sa victoire.

Le chef péquiste juge «préoccupant» que le premier ministre du Québec ait cette «attitude envers ce qui devrait être un débat démocratique» comme il y en a dans d'autres pays.

M. Lisée a recyclé à l'endroit de M. Couillard une réplique qu'il avait servie à Alexandre Cloutier pendant la course. «Refuser de dire qu'il est légitime d'être en désaccord avec lui, [...] c'est une forme d'intolérance de sa part», a lancé M. Lisée à M. Couillard. Il lui suggère d'être «moins arrogant».

Lors du débat organisé par Le Devoir, le 3 octobre, M. Lisée avait tenu des propos similaires à M. Cloutier : «Conclure que ceux qui ne disent pas comme toi font preuve de fermeture, ne fais-tu pas la même chose?»

Rencontres

Mardi, le nouveau chef a entamé une série de rencontres avec les membres de la députation pour recoller les pots cassés pendant la course. Il s'est notamment réuni avec le chef intérimaire Sylvain Gaudreault et les autres candidats à la chefferie : M. Cloutier, Martine Ouellet, Paul St-Pierre Plamondon et Véronique Hivon. Il devait rencontrer mardi les députés de la grande région de Montréal, et faire de même pour ceux de l'est mercredi. Son choix quant à ceux qui occuperont des postes d'officiers sera rendu public à la suite d'un caucus de l'aile parlementaire, vendredi.

Le nouveau chef péquiste avait décrété trois jours de congé pour ses troupes après sa victoire de vendredi. Il en a profité pour se «reconnecter avec le réel» grâce à des marches dans le bois et une visite dans sa famille, en Estrie. «Je suis allé me recueillir sur la tombe de mon père quelques instants, lui donner les dernières nouvelles», a-t-il noté.

Un bel élan dans les sondages

La victoire de Jean-François Lisée a dépassé les attentes parce que sa lancée s'est poursuivie après les derniers sondages et qu'elle était vécue plus intensément par les membres du PQ, estiment les maisons Léger et CROP.

Le résultat décroché dès le premier tour par le nouveau chef péquiste a fait écarquiller les yeux: 47 %. M. Lisée n'a eu besoin que des seconds choix de Paul St-Pierre Plamondon pour franchir le saut de puce qui le séparait du fil d'arrivée.

Le dernier coup de sonde Léger publié dans Le Devoir, le 1eroctobre, a placé M. Lisée et Alexandre Cloutier à égalité statistique, 29 % contre 31 %, avant répartition des indécis. Même chose dans le dernier CROP, publié dans La Presse le 22 septembre, qui donnait MM. Lisée et Cloutier respectivement à 36 % et 37 %, après répartition des indécis.

Finalement, dès le second tour, M. Lisée a obtenu 50,63 % contre 31,7 % pour M. Cloutier.

Autant chez CROP que chez Léger, on est à demi surpris. Pas tant par la victoire de M. Lisée que par son ampleur. «Il avait une montée tellement forte, note Jean-Marc Léger. La question, c'était : jusqu'où va-t-il se rendre?»

À de multiples reprises, il a été répété que les sondeurs ont interrogé des sympathisants péquistes, des gens susceptibles de voter pour le PQ, et non pas exclusivement des membres, ceux qui avaient droit de vote. «Il y a un monde entre des gens prêts à voter pour un parti et d'autres qui ont une carte, sont engagés et sont prêts à militer», note Alain Giguère, de chez CROP.

Promesse profitable

Néanmoins, les sondeurs se félicitent d'avoir détecté le renversement de tendance à la faveur de M. Lisée. «On a montré un momentum», indique M. Giguère, d'après qui la promesse de ne pas tenir de référendum a été très profitable à M. Lisée.

À défaut de mieux, M. Léger estime que la mesure des sympathisants, qui sont dans un «deuxième cercle», demeure un bon indicateur. Il faut simplement noter que la tendance est généralement plus accentuée chez les membres que celle observée chez les sympathisants. «C'est la mesure que l'on a fait à chacune des courses à la chefferie, affirme-t-il. Quand une tendance démarre chez les électeurs, elle est toujours plus intensive chez les membres qui sont beaucoup plus préoccupés par la course que l'électeur en général.»

Lors de la dernière course chez les libéraux, illustre-t-il, les appuis de Philippe Couillard ont été assez stables. Mais les sondages ont laissé entrevoir que Pierre Moreau dépassait Raymond Bachand au deuxième rang.

En bout de course, les sondeurs s'entendent, tout est une question de tendance. «C'est comme pour Justin Trudeau, dit M. Léger. Quand ça part, ça part. Quand les Québécois s'enflamment, ils s'enflamment.»

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