Des pots cassés à réparer dans les rangs péquistes

Alexandre Cloutier et sa famille... (Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

Alexandre Cloutier et sa famille

Le Soleil, Yan Doublet

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Après une course difficile marquée par des échanges musclés, notamment sur l'identité et la laïcité, les appels à l'unité se sont multipliés au fil des discours qui ont précédé l'élection de Jean-François Lisée.

La tension était palpable dans la salle au Centre de congrès et d'expositions de Lévis, bien plus que lors de l'élection de Pierre Karl Péladeau, en 2015. Plusieurs observateurs l'ont dit, une course à la chefferie avait rarement été aussi serrée au Parti québécois (PQ), du moins dans les sondages. Le caucus péquiste s'en est retrouvé divisé ces dernières semaines, laissant craindre des cicatrices. 

L'ex-première ministre Pauline Marois a fait son entrée vendredi soir en lançant un appel au rassemblement des militants péquistes. «Je ne crains pas pour la suite des choses et le message que j'envoie aux militants et à ceux qui ont été dans la course : c'est le temps du ralliement, peu importe qui sera la personne qui prendra les destinées du Parti québécois, il faut qu'on se rallie», a-t-elle affirmé devant les médias.

L'ex-première ministre Pauline Marois a fait son entrée en... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 2.0

Agrandir

L'ex-première ministre Pauline Marois a fait son entrée en lançant un appel au rassemblement des militants péquistes.

Le Soleil, Yan Doublet

Véronique Hivon, qui a dû se retirer de la course à la fin août pour des raisons de santé, a tenu des propos comparables. Grande absente de la soirée et au repos forcée, elle est sortie d'une longue période de silence, peu avant le début de la soirée.

«L'heure sera bientôt à l'union et au rassemblement. Soyons à la hauteur de ce nouveau défi. Il nous reste un pays à bâtir. Ensemble», a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux, se gardant de soutenir un candidat en particulier. Elle a profité de l'occasion pour dire qu'elle allait «de mieux en mieux» et qu'elle «devrait être de retour prochainement».

Prenant la parole devant les militants réunis à Lévis, le doyen des députés péquistes, François Gendron, a invité l'ensemble des membres à se ranger derrière le nouveau chef. «Il faut qu'il ait la légitimité. [...] Nous devons le démontrer dès ce soir en acceptant le choix démocratique de nos membres», a dit celui qui a été élu sous René Lévesque en 1976, il y a 40 ans.

M. Gendron a rappelé que le PQ avait déjà compté, «à une certaine époque», 300 000 membres. «J'ai dit ça à quelqu'un tout à l'heure, et il ne me croyait pas!» Le PQ en compte actuellement un peu plus de 73 000. «Ils sont trop nombreux, les indépendantistes qui nous ont quittés», a-t-il enchaîné. 

Lettre de ralliement

Autre moyen de démontrer l'unité à venir, les 17 présidents régionaux du PQ de la province ont cosigné une lettre dans laquelle ils s'engagent à travailler avec le prochain chef, quel qu'il soit.

Reste qu'il y aura réellement des pots cassés à réparer. Une source près du clan d'Alexandre Cloutier, qui a milité aux côtés du député de Lac-Saint-Jean lors des courses à la chefferie de 2015 et de 2016, a confié qu'il ne se reconnaissait plus dans le PQ. Les positions de M. Lisée sur l'identité et l'immigration ont notamment fait mal. M. Cloutier a pour sa part insisté sur le fait qu'il «respectait le choix des militants». «Sur les enjeux du vivre-ensemble, j'ai fait connaître mes positions, et les militants ont tranché.»

Martine Ouellet a affirmé qu'elle se «rallierait au choix... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 3.0

Agrandir

Martine Ouellet a affirmé qu'elle se «rallierait au choix des membres du Parti québécois».

Le Soleil, Yan Doublet

Chez les autres candidats défaits, Martine Ouellet a simplement affirmé qu'elle se «rallierait au choix des membres du Parti québécois». Mme Ouellet était la plus pressée des candidates à tenir un référendum et le promettait dans un premier mandat péquiste. Elle a perdu contre le moins pressé en Jean-François Lisée, qui ne l'envisage pas avant 2022.

Interrogée sur la capacité de M. Lisée à rallier l'ensemble des indépendantistes, y compris ceux de Québec solidaire et d'Option nationale, elle s'est montrée peu convaincue. «[La convergence] sera peut-être possible, mais plus tard», a-t-elle soufflé.

Le négligé de la course, Paul St-Pierre Plamondon, a souligné que la fin de la course signifiait plutôt la case départ pour lui au PQ. Il a qualifié le discours de M. Lisée de «très rassembleur» et «inspirant», en plus d'ouvrir la porte à se présenter aux élections de 2018.

Ce qu'ils ont dit

Sébastien Proulx, au nom du Parti libéral du Québec : «Force est de constater que le PQ demeure d'abord et avant tout, un parti souverainiste. La séparation aura été omniprésente tout au long de la course à la chefferie. La grande question qu'ils auront débattue entre eux est de savoir quelle sera la mécanique de mise en oeuvre du processus de séparation. Le PQ est dépassé par la réalité, les Québécois ne veulent plus entendre parler de séparation.»

François Legault, chef de la Coalition avenir Québec: «Félicitations Jean-François Lisée. Nous sommes des adversaires politiques, mais j'admire celles et ceux qui font le choix du service public.»

François Bonnardel, le leader parlementaire de la CAQ, sur Twitter : «Avec Lisée au PQ, la CAQ est le seul parti pour faire avancer le Québec sans faire "perdre du temps aux Québécois"»

Françoise David, députée de Québec solidaire : «Nous saluons l'élection de Jean-François Lisée au terme d'un exercice de démocratie interne au sein de ce parti. J'en profite pour l'inviter, en tant que chef de facto de l'opposition officielle, à se joindre à Québec solidaire pour dénoncer les impacts négatifs de l'austérité.» 

Sol Zanetti, chef d'Option nationale : «Le choix que viennent de faire la moitié des membres du PQ est un choix légitime. Opter pour une gouvernance provinciale de centre-gauche dans le prochain mandat, c'est un choix qui a sa place dans la démocratie québécoise.»

Pierre Karl Péladeau, l'ex-chef du Parti québécois sur Twitter: «Félicitations Jean François. Bravo aux candidat/es. Le Québec et les Québécois continueront à s'épanouir avec le grand parti historique.» 

David Rémillard avec La Presse Canadienne

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer