Note de passage pour Couillard, mais...

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(Québec) DÉCODAGE / À deux ans des prochaines élections générales au Québec, le gouvernement de Philippe Couillard a réalisé en tout ou en partie plus de la moitié de ses engagements électoraux. Tout aussi incontestable qu'elle soit, on le verra, cette compilation ne dit cependant pas tout.

Avant d'explorer ce grand ensemble, revenons sur un fait précis de la semaine. La présidence de l'Assemblée nationale a statué que l'ex-ministre Jacques Daoust n'a pas commis d'outrage au Parlement en ne disant pas toute la vérité sur ce qu'il savait de la vente par Investissement Québec du bloc d'actions qu'elle détenait dans RONA.

M. Daoust n'a pas «délibérément induit la chambre en erreur en indiquant qu'il n'était pas au courant de la vente des actions et qu'il ne l'a pas autorisée», a jugé la plus haute instance de l'Assemblée nationale. Une décision prise en raison de règles étriquées.

Explications : en vertu des règles de l'Assemblée nationale, la barre à franchir pour pouvoir reconnaître qu'un parlementaire a commis un «outrage au Parlement» est très haute.

Il faut savoir qu'à la base un principe phare stipule que tous doivent considérer comme vrais les propos tenus à l'Assemblée nationale par un élu, qu'il soit ministre ou simple député. Et que cette présomption ne peut être renversée que si l'élu mis en cause reconnaît lui-même, et à l'Assemblée nationale, avoir sciemment trompé ses pairs.

Autrement dit, il faut un aveu de sa part. Ou il faut que le député, toujours dans l'enceinte de l'auguste assemblée, donne lui-même deux versions clairement contradictoires.

Voilà pourquoi la présidence de l'Assemblée nationale n'a pas estimé que Jacques Daoust a commis un outrage.

Plus que Charest, moins que Trudeau

Le gouvernement de Philippe Couillard est entré dans la deuxième phase de son mandat. Il a pris les rênes du pouvoir en avril 2014. Les prochaines élections se dérouleront en octobre 2018.

Une équipe de chercheurs de l'Université Laval, celle du Poltext, vient tout juste de faire la compilation des réalisations de l'équipe libérale au regard de ses engagements électoraux. Les données sont toutes fraîches. Résultat : elle obtient la note de passage.

Un élément de contexte avant de poursuivre : pendant des années, il a été dit que les gouvernements devaient réaliser ce qu'ils s'engageaient à faire, que c'était une condition nécessaire au rétablissement du lien de confiance entre les citoyens en général et les responsables politiques en particulier. L'exercice est donc pertinent.

Jusqu'ici, le gouvernement Couillard a réalisé 53 des 158 promesses faites par le Parti libéral du Québec en campagne électorale. Quarante-deux autres sont en voie de réalisation ou partiellement réalisées. Autrement dit, 61 % peuvent être classées dans une colonne verte, selon le «Polimètre Couillard», un outil de Poltext.

Dans la colonne rouge maintenant : 50 promesses sont en suspens et 13 ont été rompues. Citons-en deux de cette dernière rubrique. Celle d'augmenter les budgets de la santé et de l'éducation de plus de 4 % et de 3,5 % respectivement par année. Et celle d'«offrir un accès rehaussé à la résonance magnétique, au scan et à l'échographie». Ces examens devaient être couverts par le régime public dès 2014-2015 lorsqu'ils sont effectués dans des cliniques privées.

Le coordonnateur de Poltext, François Pétry, soumet que l'équipe de Philippe Couillard fait mieux que les différents gouvernements pilotés par Jean Charest à mi-mandat. 

Par contre, le gouvernement Couillard ne fait pas aussi bien que celui de Justin Trudeau, qui, en moins d'une année seulement, a déjà réalisé en tout ou en partie 54 % de ses promesses électorales - promesses qui sont par ailleurs très nombreuses, puisque l'équipe de chercheurs en a relevé 353.

Un gouvernement peut avancer plus vite lorsqu'il accepte de faire des déficits publics, comme c'est le cas de celui de Justin Trudeau, que lorsqu'il est dans une phase de compressions budgétaires, comme cela a été le cas à Québec.La recherche de Poltext est solide, précise et politiquement précieuse. Mais elle ne dit pas tout. Elle n'est pas un bilan. Ses auteurs n'ont d'ailleurs jamais eu cette prétention. 

D'abord, l'exercice ne s'attarde pas aux modalités des promesses réalisées. Il est aussi, et par nature, muet sur des décisions importantes n'ayant jamais fait l'objet d'un quelconque engagement électoral. Pensons seulement à la saga entourant Uber, à la modulation des tarifs des services de garde ou à la réforme de l'aide sociale, qui prévoit des pénalités pour les premiers demandeurs qui dérogeraient à la feuille de route du programme Objectif emploi.

Autant d'exemples de décisions qui ne figuraient pas dans la liste des engagements des libéraux lors de la dernière campagne électorale, mais qui feront partie du bilan global du gouvernement en 2018. Tout comme - faut-il l'ajouter? - les questions d'éthique et d'intégrité.

Les libéraux ajouteraient qu'une campagne électorale, c'est aussi ce que proposent et ce que font - et ce que proposeront et ce que feront - les adversaires politiques.

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