Martine Ouellet sort les griffes

Martine Ouellet a invité de nouveau les membres... (La Presse canadienne, Graham Hughes)

Agrandir

Martine Ouellet a invité de nouveau les membres à écarter l'idée qu'il y a une course à deux entre MM. Cloutier et Lisée, lors d'un débat à Montréal dimanche.

La Presse canadienne, Graham Hughes

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Montréal) Alexandre Cloutier est un apôtre du «flou-mou» qui a «abdiqué» dans la défense du français et Jean-François Lisée «tord la réalité» pour semer la peur tel un Stéphane Dion en puissance, déplore Martine Ouellet.

Paul St-Pierre Plamondon, Alexandre Cloutier, Martine Ouellet et... (La Presse canadienne, Graham Hughes) - image 1.0

Agrandir

Paul St-Pierre Plamondon, Alexandre Cloutier, Martine Ouellet et Jean-Francois Lisée ont croisé le fer à Montréal.

La Presse canadienne, Graham Hughes

La seule femme à briguer la direction du Parti québécois (PQ) a fait flèche de tout bois, dimanche, au Théâtre du Monument-National, lors de l'avant-dernier débat de la course à la chefferie. Lors des points de presse finaux, elle s'est d'ailleurs autoproclamée «très objectivement» gagnante du débat. 

D'entrée de jeu, elle a rejeté la thèse d'une course à deux entre MM. Cloutier et Lisée. La campagne du premier «manque d'audace et est teintée d'ambiguïté», et le second, un «Bonhomme Sept Heures du référendum», a fait des «allusions douteuses», ainsi que de «multiples volte-face et incohérences». 

En cours de débat, elle a soutenu que M. Cloutier a «abdiqué» la défense de la langue parce qu'il refuse d'imposer l'affichage unilingue en français, quitte à utiliser la clause dérogatoire. Elle souhaite aussi que le système de justice et la rédaction des lois soient aussi uniquement en français au Québec.  

 «Je ne me gênerai pas pour utiliser la clause dérogatoire, a-t-elle lancé. [...] Même Robert Bourassa l'a fait. Je ne vois pas pourquoi un chef du PQ se gênerait.»

«Cadré légal à respecter»

Elle est la seule des quatre candidats à juger qu'il s'agit d'une bonne idée. Les autres veulent tous imposer la loi 101 aux entreprises fédérales et mieux franciser les immigrants. Mais l'unilinguisme de la justice et de la législation est douteux tant que le Québec n'est pas un pays, a estimé M. Cloutier. «Il y a un cadre légal et on doit le respecter», a-t-il affirmé, ce qui lui a valu quelques huées dans l'assistance. 

«On n'ira pas dans le Chinatown dire qu'il ne peut y avoir un tiers de chinois [dans l'affichage], ou dans la petite Italie dire qu'il ne peut pas y avoir d'italien, ou dans le West Island dire qu'il ne peut y avoir d'anglais, a affirmé Jean-François Lisée. Moi, je pense que ce n'est pas un débat constructif.»

Paul St-Pierre-Plamondon ne voit pas l'intérêt d'une «surenchère» en la matière. «Ultimement, on veut être un gouvernement majoritaire qui a la responsabilité d'amener une proposition qui doit être acceptable pour la population», a-t-il déclaré. 

M. St-Pierre Plamondon reproche aussi à M. Cloutier de n'offrir que le «droit» aux immigrants d'apprendre le français. Il ne suffit pas de leur donner «le droit», il faut aussi leur en donner le «devoir».

«Un droit, c'est facultatif, a noté M. St-Pierre-Plamondon. C'est un devoir. [...] Ce n'est pas obligatoire parce qu'on est intolérant, mais pour qu'ils aient tous les outils pour prendre leur place.»

«Stéphane Dion, sors de ce corps»

Martine Ouellet ne digère pas que M. Lisée utilise la campagne de 2007, alors qu'André Boisclair était chef du PQ, comme exemple d'une élection ratée en raison de la promesse de tenir un référendum. M. Boisclair n'a jamais pris un engagement de la sorte, a-t-elle rappelé. «Tordre la réalité comme ça pour faire des campagnes de peur à l'intérieur même du PQ... a pesté Mme Ouellet. Et il veut être chef du PQ. Des fois, j'ai le goût de lui dire, à Jean-François : "Stéphane Dion, sors de ce corps."» 

Pour sa part, M. Cloutier s'est dit «très surpris» dans son échange sur la laïcité avec M. Lisée que celui-ci s'engage à voter en faveur du projet de loi sur la neutralité de l'État des libéraux. Une «erreur stratégique majeure» à son avis que d'appuyer avant d'avoir négocié quoi que ce soit. Le projet de loi 62 prévoit que les services publics doivent être rendus et reçus à visage découvert. 

Les libéraux sont de toute façon majoritaires et mieux vaut un petit pas en avant que le statu quo, a répliqué M. Lisée. Il sera toujours temps, une fois au pouvoir, d'ajouter des éléments. «Puis, voir M. [Philippe] Couillard se faire dire par Justin Trudeau qu'il n'a pas le droit de faire ça, ça m'intéresse de voir ça», a affirmé M. Lisée. 

M. Cloutier s'est aussi étonné que M. Lisée évoque la gratuité pour les CPE alors qu'il prônait la modulation des tarifs. «C'est une nouvelle position», a noté M. Cloutier. 

Le dernier débat des quatre candidats à la chefferie, organisé par Le Devoir, aura lieu le 3 octobre, à Québec. Le vote des membres pour l'élection du prochain chef se déroulera entre le 5 et le 7 octobre. Le dévoilement du résultat se fera à Lévis, le 7 octobre en soirée.

Partager

À lire aussi

  • Gilbert Lavoie | <em>Les enjeux sont clairs</em>

    Gilbert Lavoie

    Les enjeux sont clairs

    CHRONIQUE / Les membres du Parti québécois qui éliront un nouveau chef à la fin de la semaine prochaine ne pourront pas se plaindre d'un manque de... »

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer