Fini le recrutement de caquistes!

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(Québec) DÉCODAGE / «Le programme "Adoptons un caquiste" lancé par le bureau du PM est officiellement terminé!» Cette boutade aigre-douce a circulé jeudi chez des élus libéraux et le personnel libéral à l'Assemblée nationale.

La dernière affaire d'un transfuge caquiste - celle de Yan Plante, qui a dû démissionner du cabinet du premier ministre Philippe Couillard - doit servir de leçon en haut lieu, ont grommelé des libéraux sous le sceau de la confidence.

Ce dernier épisode n'a évidemment rien fait pour calmer l'insatisfaction générale des troupes, qui en ont assez depuis longtemps qu'on recrute des caquistes/adéquistes et qui, pour une deuxième fois en peu de temps, ont vu le scandale arriver par ces recrues. Le comble à leurs yeux!

Ajoutez une gestion catastrophique de ces affaires par le cabinet du premier ministre - M. Couillard lui-même défendait encore Yan Plante la veille de sa démission - et vous arrivez à un scénario où l'insatisfaction s'incruste.

Comment, se demandent des libéraux, le chef du gouvernement a-t-il pu défendre le fait que quelqu'un parte avec des documents confidentiels de son ancien employeur, de la Coalition avenir Québec en l'occurrence? Aux yeux de certains, le cabinet du premier ministre bousille lui-même les messages qu'il dit nécessaires de transmettre à la population.

Yan Plante, Jacques Daoust/RONA et le ministre Laurent Lessard, dont un collaborateur et ami a bénéficié de subventions gouvernementales... Les libéraux ne pouvaient imaginer pire rentrée parlementaire.

Le premier ministre participera en fin de semaine à un forum organisé par son parti sur les «politiques sociales du XXIe siècle». À deux ans des prochaines élections générales, il aimerait que son gouvernement soit associé à des idées sociales et pas seulement au rétablissement de l'équilibre budgétaire.

Pour l'heure, le seul réconfort du gouvernement est de voir les candidats à la direction du Parti québécois se disputer comme s'ils étaient de partis adverses.

PQ : des partis dans le parti

En 2010, la chef péquiste Pauline Marois a mis abruptement fin à l'expérience des «clubs politiques» internes. Un seul avait été constitué, soit celui des Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre, un groupe animé par Marc Laviolette et Pierre Dubuc. Mme Marois en avait assez de voir ce «club» intervenir à contrepied de ses décisions.

L'actuelle course à la direction paraît être celle des ruptures. Les candidats Martine Ouellet, Jean-François Lisée et Alexandre Cloutier ne se font pas de cadeaux. Les rancoeurs s'accumulent. Des députés de l'aile parlementaire en regardent d'autres comme s'ils étaient des adversaires politiques - ce qu'ils sont devenus. La méfiance s'est installée. On dénonce des coups bas, des sorties vicieuses. Le climat est délétère.

Sur le fond, les lignes de fracture ne portent plus seulement sur le calendrier référendaire ou la démarche vers la souveraineté, mais sur les questions identitaires.

Au terme de cette course, certaines choses ne s'oublieront pas. À tel point que les camps pourraient bien demeurer en place informellement. Ce serait un peu le retour sous une autre forme des clubs politiques à l'interne.

Pour le Parti québécois, le risque existe qu'il y ait des partis dans le parti après le 7 octobre.

L'establishment, c'est qui?

Pour les adversaires d'Alexandre Cloutier, l'establishment du Parti québécois est représenté par des députés qui l'appuient dans la course. Ils pensent à Agnès Maltais, à Nicole Léger et à Harold Lebel, notamment. Ils font aussi référence à l'ancien chef Bernard Landry et à l'ancien député Stéphane Bédard. L'ancien chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, est-il du lot?

Évidemment, personne ne se reconnaît dans le mot establishment, par essence péjoratif.

Si establishment il y a, cela étant, il n'a pas plus de pouvoir en réalité que d'autres groupes au sein du Parti québécois. Les députés cités précédemment incarnent, il est vrai, une certaine tradition péquiste. Mais le PQ a désormais des identités multiples.

Et s'il n'existe pas d'establishment en mesure de dicter sa loi, comme le démontre l'actuelle course, c'est pour une raison toute simple : c'est que la direction du Parti québécois ne cesse de changer.

Si le président du parti, Raymond Archambault, est d'une nature plutôt conciliante, l'actuel directeur général, Alain Lupien, n'occupe pas ce poste depuis des lustres. Il a déjà travaillé pour André Boisclair, mais il a été nommé à la direction générale lors du passage de Pierre Karl Péladeau.

Et puisqu'on parle du chef du parti, soulignons que le prochain sera le neuvième en titre. Ou le huitième depuis 1985, depuis que le fondateur René Lévesque a été poussé vers la sortie.

Il succédera à Pierre Marc Johnson, à Jacques Parizeau, à Lucien Bouchard, à Bernard Landry, à André Boisclair, à Pauline Marois et à M. Péladeau. Un huitième chef en 31 ans, c'est beaucoup.

Il y a longtemps qu'aucun n'a eu le temps de laisser une réelle emprise derrière lui.

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