L'éthique de Laurent Lessard remise en question

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Le ministre des Transports, Laurent Lessard, a été une cible de choix de l'opposition pendant la période des questions, lors de la rentrée parlementaire, mardi.

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(Québec) Le ministre Laurent Lessard a dû justifier une autre subvention décrochée par l'un de ses proches, mardi, lors d'une rentrée parlementaire marquée par les questions éthiques.

Le titulaire des Transports s'attendait à être pris pour cible lors de la première période de questions de la session automnale. Mais les attaques du Parti québécois sont arrivées là où il ne les attendait pas. 

La députée Agnès Maltais a demandé des comptes au sujet d'une subvention de 1 million $ obtenue en 2008 par la Coopérative du mont Adstock, près de Thetford Mines. Une aide financière décrochée grâce à l'intervention de Yvon Nadeau, alors employé au bureau de circonscription de M. Lessard, qui a ensuite obtenu un emploi comme gestionnaire de chalets privés au mont Adstock, tout en restant à l'emploi du ministre, indique Mme Maltais. 

«Est-ce que le ministre nous dit que ces employés n'ont jamais bénéficié d'autres subventions, sauf une fois au chalet?» a raillé la députée de Taschereau. 

M. Nadeau est le même conseiller, dont un des enfants est le filleul du ministre, qui a obtenu une subvention de 3 millions $ à titre de président de l'entreprise Pyrobiom au moment où il était toujours employé au bureau de M. Lessard. De toute évidence, le ministre s'était préparé à des questions sur ce dossier, mais celles sur le mont Adstock ont été une surprise. À deux reprises, il a répondu à des questions sur le mont Adstock par des explications sur le dossier Pyrobiom. 

La coopérative, qui était «pratiquement en faillite à ce moment-là», avait besoin de cette aide, a justifié le ministre à la troisième question. «La montagne appartient à la coopérative de solidarité et on est bien contents, puis on a sauvé cette montagne-là», a indiqué M. Lessard. 

Le député caquiste Simon Jolin-Barrette a aussi demandé qu'une enquête du Vérificateur général soit enclenchée sur le dossier Pyrobiom. «Peu importe le changement de ministre qu'on a, il y a une odeur de corruption qui flotte sur ce gouvernement», a lancé le député de Borduas. 

Vente de RONA

Juste avant, le Parti québécois a ouvert le bal avec de nouvelles questions sur la vente de RONA au géant américain Lowe's et la nécessité d'entendre la version des ex-ministres Raymond Bachand et Jacques Daoust. «On a un premier ministre libéral qui est je-m'en-foutiste» sur la protection des sièges sociaux québécois, a accusé le chef péquiste par intérim, Sylvain Gaudreault. La CAQ veut aussi des explications du chef de cabinet du premier ministre, Jean-Louis Dufresne, quant à sa connaissance du dossier RONA. 

Le premier ministre, Philippe Couillard, répète que le gouvernement ne peut «sauter à pieds joints sur la scène» quand une transaction consensuelle est réalisée. Il s'agirait d'un «message catastrophique» à envoyer au monde financier, dit-il. La gouvernance d'Investissement Québec doit être revue, reconnaît-il, mais toutes les entreprises ne peuvent être considérées comme des fleurons à protéger à tout prix.

M. Couillard ne «jouera pas dans le film» des attaques des oppositions sur l'éthique, a-t-il prévenu. Comme il l'a dit plus tôt à ses députés réunis en caucus, «on va parler de l'avenir du Québec, d'emploi, d'éducation et de santé». «Je le sais, moi, que la confiance est revenue envers le Québec parce qu'on a su prendre les bonnes décisions», a martelé M. Couillard. 

Le premier ministre n'a par ailleurs pas voulu répondre aux questions des journalistes, mardi.

Visage découvert

À l'entrée du caucus, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a réitéré la position libérale sur la laïcité. Le projet de loi 62, qui sera étudié cet automne, stipulera que les services publics doivent être donnés et reçus à visage découvert. Il réaffirme la neutralité religieuse de l'État. Mais rien sur le port de signes religieux, que le rapport Bouchard-Taylor suggérait d'interdire pour les juges, les policiers, les procureurs.

«Ce n'est pas un projet de loi qui encadre l'habillement, a souligné Mme Vallée. On va s'entendre sur ce qui fait consensus.»

Les différentes formations politiques ont des positions variées sur les interdictions à faire au port de signes religieux selon la catégorie de fonctionnaires. Elles feront valoir leur point de vue en commission parlementaire. Mais les libéraux laisseront aux différents corps de métier qui ont déjà un code vestimentaire le soin de l'appliquer.

«Nous sommes toujours préoccupés par la façon dont ces discussions vont se dérouler, a dit la ministre Vallée. On ne veut pas diviser les Québécois.»

Hommage rendu à Sylvie Roy

Un vibrant hommage a été rendu à Sylvie Roy,... (La Presse canadienne, Jacques Boissinot) - image 3.0

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Un vibrant hommage a été rendu à Sylvie Roy, députée d'Arthabaska, décédée de façon soudaine au cours de l'été à la suite d'une hépatite aigüe, à l'âge de 51 ans.

La Presse canadienne, Jacques Boissinot

Il y avait une absence remarquée au Salon bleu lors de la rentrée parlementaire de mardi. Sylvie Roy, députée d'Arthabaska, est décédée de façon soudaine au cours de l'été à la suite d'une hépatite aigüe, à l'âge de 51 ans. 

La première partie de la toute première période des questions de la session parlementaire a été consacrée à un vibrant hommage rendu à la disparue. Des membres de la famille de Mme Roy, dont ses deux enfants Michel et Estelle, étaient dans les gradins pour y assister.  

«Aujourd'hui, c'est habités d'une grande tristesse que nous lui rendons cet hommage. Mais les années laisseront place aux souvenirs, souvenirs profonds, bien ancrés, d'une femme aimante, engagée auprès des siens et protectrice des valeurs de justice», a déclaré le premier ministre, Philippe Couillard.

Sylvain Gaudreault, chef de l'opposition officielle, a parlé d'une «femme de conviction», «d'une députée inspirante qui a servi avec intégrité les Québécoises et les Québécois et qui plaçait la justice au sommet de ses valeurs».

François Legault, son ancien chef à la Coalition avenir Québec avant qu'elle ne siège comme indépendante à l'été 2015, a qualifié son décès de tragédie. «On se souvient de l'endroit où on était. Moi, c'est Mario Dumont qui me l'a appris», a-t-il dit. M. Dumont a travaillé aux côtés de Mme Roy dans la défunte Action démocratique du Québec.

Les discours ont été suivis d'une minute de silence.

Congé de Hivon prolongé 

La députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon, ne sera pas de retour à l'Assemblée nationale de sitôt : son congé de maladie est prolongé pour une période indéterminée.

Fin août, alors qu'elle était candidate à la succession de Pierre Karl Péladeau, Mme Hivon s'était vu imposer par son médecin un repos complet d'un mois pour récupérer d'une labyrinthite, une infection virale aiguë.  Avec David Rémillard et La Presse canadienne

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