Discours à l'ONU: Trudeau veut calmer les anxiétés sur l'accueil de réfugiés

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Le premier ministre Justin Trudeau a choisi, pour son premier discours aux Nations Unies, de revenir sur sa campagne électorale de l'an dernier, citant les angoisses et inquiétudes des citoyens qu'il a rencontrés.

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La Presse Canadienne
New York

Justin Trudeau a livré un discours au ton bon enfant à l'assemblée générale des Nations Unies, mardi après-midi, tout en réservant une place importante dans son texte à l'accueil par le Canada de milliers de réfugiés syriens.

Le premier ministre canadien, qui en était à ses premières armes devant cette assemblée, a choisi de revenir sur sa campagne électorale de l'an dernier, citant les angoisses et inquiétudes des citoyens qu'il a rencontrés.

C'est ainsi qu'il a conseillé à ses pairs de ne pas exploiter l'anxiété des citoyens.

«Nous croyons que nous devons confronter l'anxiété avec un plan clair pour s'occuper de ses causes profondes», a-t-il dit, enjoignant l'assemblée à ne pas canaliser cette anxiété vers «la peur», «le blâme» ou le rejet de ceux qui «parlent ou prient différemment».

Il s'est attardé sur la venue des 31 000 réfugiés syriens au Canada en annonçant comment il compte mesurer l'effet de sa politique d'accueil.

«Nos efforts ne seront vraiment réussis qu'une fois ces réfugiés bien établis et membres à part entière de la classe moyenne canadienne», a-t-il affirmé.

«Et je veux que vous sachiez que cet objectif est à notre portée - non pas en raison de ce que nous avons fait, mais bien en raison de ce qu'ils sont eux-mêmes», a-t-il ajouté.

Selon M. Trudeau, la plupart des réfugiés coincés dans les camps au Proche-Orient ou sur les routes d'Europe sont issus de la classe moyenne syrienne.

Il les croit médecins, avocats, enseignants et entrepreneurs. Et il est convaincu que ceux qui ont atterri au Canada sauront rapidement se faire une place et profiter des mesures que son gouvernement offre à cette classe moyenne dont il parle depuis sa campagne électorale.

«Choisir l'espoir plutôt que la peur»

«J'ai confiance que nous y arriverons, a-t-il promis. Et nous ferons ça en leur offrant les mêmes choses que nous offrons à tous nos citoyens - une chance réelle et équitable pour réussir», a-t-il assuré.

«Chaque jour, nous devons choisir l'espoir plutôt que la peur, la diversité plutôt que la division», a claironné le premier ministre en vantant la «force» et la «diversité» du Canada.

«La peur n'a jamais créé un seul emploi ni nourri une seule famille», a-t-il encore insisté.

M. Trudeau a conclu son discours en faisant preuve d'humilité. «Le Canada est un pays modeste», a-t-il admis. «Nous savons qu'il y a du travail difficile à faire. Mais nous sommes Canadiens et nous sommes ici pour offrir notre aide», a-t-il offert.

Le président Barack Obama aux Nations Unies, mardi.... (AP, Seth Wenig) - image 2.0

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Le président Barack Obama aux Nations Unies, mardi.

AP, Seth Wenig

Obama annonce l'engagement de 50 pays sur l'accueil de 360 000 réfugiés

Le président américain Barack Obama a annoncé mardi à l'ONU l'engagement d'une cinquantaine de pays à accueillir 360 000 réfugiés sur l'année à venir, soit un doublement par rapport aux chiffres actuels.

La Maison-Blanche a par ailleurs annoncé une hausse de 4,5 milliards $ par rapport à 2015 des contributions financières de l'ensemble de ces pays réunis en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York.

À l'ouverture d'un sommet de chefs d'État organisé à l'initiative des États-Unis, M. Obama a en particulier salué le rôle de l'Allemagne et du Canada face à la crise migratoire née de la guerre qui ravage la Syrie depuis cinq ans.

«Ensemble, nos pays vont doubler le nombre de réfugiés que nous accueillons dans nos pays en le faisant passer à 360 000 cette année», a-t-il déclaré, sans autres précisions sur les engagements des différents pays.

«Les réfugiés, dont la plupart sont des femmes et des enfants, fuient la guerre et le terrorisme. Ce sont des victimes», a-t-il fait valoir.

Rejeter certains d'entre eux car ils sont musulmans reviendrait à «renforcer la propagande terroriste», a-t-il ajouté dans une allusion à une proposition de campagne du candidat républicain Donald Trump.

Un peu plus tôt, à la tribune de l'ONU, M. Obama avait appelé les pays riches à s'engager plus avant «même quand c'est difficile d'un point de vue politique».

Les États-Unis ont accueilli 10 000 réfugiés syriens au cours de l'année fiscale écoulée.

Ce chiffre été jugé très insuffisant par des défenseurs des droits de l'homme qui fustigent le manque de réactivité de la première puissance mondiale face à une crise migratoire d'une ampleur sans précédent.

Pour l'année fiscale à venir (2016/2017), Washington s'est engagé à accueillir au total 110 000 réfugiés, mais n'a pas fourni de chiffres pour ceux issus de Syrie.

Plus de la moitié des réfugiés de la planète vivent dans huit pays (Liban, Jordanie, Turquie, Iran, Kenya, Ethiopie, Pakistan, Ouganda) tandis que les pays les plus riches n'en accueillent que 14%.

Agence France-Presse

Quelques citations tirées de l'Assemblée générale des Nations unies

«Sont présents dans cette pièce aujourd'hui des représentants de gouvernements ayant ignoré, facilité, financé ou même planifié et effectué des atrocités infligées par toutes les parties du conflit en Syrie à l'endroit des civils syriens.» - Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU

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«Dans les yeux d'hommes, de femmes et d'enfants innocents qui, contre leur gré, ont dû fuir tout ce qu'ils connaissaient, tous ceux qu'ils aimaient, nous devons avoir l'empathie de nous projeter. Nous devons imaginer ce que ce serait pour nos familles, pour nos enfants, si l'indicible nous arrivait.» - Barack Obama, président des États-Unis

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«Le conflit a fait 400 000 morts, Alep est une ville martyre, des milliers d'enfants sont écrasés sous les bombes, des populations entières sont affamées, les convois humanitaires sont attaqués, des armes chimiques sont utilisées. Ça suffit. La tragédie syrienne sera, devant l'Histoire, la honte de cette assemblée si nous n'y mettons pas fin maintenant.» - François Hollande, président de la France

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«Chaque jour, nous devons choisir l'espoir plutôt que la peur, la diversité plutôt que la division. [...] La peur n'a jamais créé un seul emploi ni nourri une seule famille.» - Justin Trudeau, premier ministre du Canada

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«En théorie, la majorité des pays du monde ont appuyé le peuple syrien, mais en pratique, il a été laissé à lui-même, soutenu seulement par quelques amis loyaux [...] Il n'est plus possible d'ignorer les faiblesses du système judiciaire et institutionnel des Nations Unies et son incapacité, dans plusieurs cas, à appliquer les normes de la justice et de l'équité à ses mécanismes de fonctionnement.» - Tamim bin Hamad Al Thani, émir du Qatar

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«En Syrie, une approche militaire ne laissera aucun gagnant, seulement des perdants de tous les côtés, et davantage de souffrance civile. La fin des violences exige ultimement un processus politique, guidé par une vision globale unie et menée par toutes les composantes du peuple syrien.» - Le roi Abdallah II de Jordanie

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«Nous nous devons, membres des Nations unies, de constituer un nouveau et audacieux multilatéralisme car, comme nous l'avons vu dans la dernière semaine, aucun pays n'est à l'abri de la menace du terrorisme mondial, et lorsque des extrémistes partout dans le monde peuvent transmettre leur idéologie empoisonnée [...], nous nous devons non seulement de prévenir ensemble les conflits et l'instabilité dans les pays membres, mais aussi d'agir mondialement pour détruire les réseaux.» - Theresa May, première ministre britannique

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«La destitution d'un président n'est certainement pas un geste sans importance dans un régime démocratique. Mais il n'y a pas de démocratie sans principe de légalité, sans des règles s'appliquant à tous, même aux plus puissants. C'est ce que le Brésil montre au monde entier.» - Michel Temer, président du Brésil

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«On ne doit jamais oublier que le coup d'État avorté en Turquie s'attaquait aussi à la démocratie mondiale.» - Recep Tayyip Erdogan, président turc

Associated Press

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