Peter MacKay renonce à se présenter dans la course conservatrice

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Peter MacKay était donné favori dans la plupart des sondages pour accéder à la direction du Parti conservateur du Canada.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Halifax

L'ancien ministre Peter MacKay passe son tour: il renonce à se lancer dans la course à la succession de Stephen Harper à la barre du Parti conservateur du Canada (PCC).

Celui qui était donné favori dans la plupart des sondages réalisés au cours des derniers mois a fait cette annonce lundi en fin d'après-midi, à la veille de l'ouverture de la rencontre présessionnelle du caucus conservateur.

«Je choisis de ne pas me présenter à la direction du parti pour les mêmes raisons que j'avais évoquées lorsque j'ai choisi de ne pas briguer un nouveau mandat l'an dernier. Ma famille est ma priorité absolue», a-t-il déclaré par voie de communiqué.

Peter MacKay, qui a été responsable de plusieurs portefeuilles au sein du gouvernement Harper, dont ceux des Affaires étrangères, de la Défense et de la Justice, est père d'un petit garçon de trois ans, Kian, et d'une bambine de 11 mois, Valentia.

«Même si l'occasion était excitante et que la récompense était tentante, je crois que ce serait trop leur imposer que de retourner en politique en ce moment, qui plus est dans une course a la direction, avec tout ce que cela entraîne», a-t-il exposé.

L'ancien député, qui a siégé pendant près de 20 ans comme représentant de la circonscription néo-écossaise de Nova-Centre à la Chambre des communes, dit avoir mûrement réfléchi et abondamment consulté pendant l'été avant d'en arriver à cette décision.

Il devient le deuxième gros nom - son ancien collègue de cabinet, Jason Kenney, est retourné dans l'Ouest pour tenter de rassembler les forces conservatrices sous la bannière du Parti progressiste-conservateur de l'Alberta - à dire non à la chefferie du PCC.

Virage important

La campagne à la direction vient de prendre un virage important, et les jeux de coulisses risquent de s'intensifier, à commencer par ceux qui se joueront à Halifax, en Nouvelle-Écosse, où les troupes conservatrices sont réunies en caucus pour préparer la rentrée parlementaire.

Pour l'heure, cinq candidats ont officiellement déposé leurs papiers et payé le dépôt initial de 25 000$. Il s'agit de Maxime Bernier, Michael Chong, Kellie Leitch, Tony Clement et Deepak Obhrai.

On surveille aussi une possible entrée en scène de Lisa Raitt, qui a confirmé avoir pris sa décision, mais refusé de la partager publiquement.

D'autres, comme le représentant de la droite sociale Brad Trost, s'apprêtent à se lancer dans la mêlée, et plusieurs autres noms circulent, dont ceux des députés Steven Blaney, Andrew Scheer et Erin O'Toole.

Un pavé dans la mare

La course était jusqu'à présent peu riche en rebondissements, avec sur les blocs de départ des prétendants jouissant d'une faible notoriété. C'était jusqu'à ce que Mme Leitch ne lance un pavé dans la mare avec sa proposition d'imposer aux candidats à l'immigration un test de «valeurs anticanadiennes».

La suggestion a été descendue en flammes par ses adversaires, des députés issus des rangs conservateurs ainsi que par d'anciens stratèges de l'ère Harper, qui ont accusé la candidate de pratiquer une politique de la division («dog-whistle politics»).

Même la chef intérimaire du Parti conservateur du Canada (PCC), Rona Ambrose, s'en est mêlée, exprimant son désaccord en entrevue au réseau CTV, la semaine dernière. La candidate Leitch n'a pas apprécié cette ingérence de la part de celle qui tient temporairement les rênes de la formation.

La députée ontarienne n'a d'ailleurs pas écarté la possibilité de se plaindre auprès des autorités du parti, affirmant au cours d'un entretien diffusé dimanche dernier à CTV que son équipe de campagne avait eu des échanges avec le bureau de Mme Ambrose.

Le chef adjoint de la formation, Denis Lebel, n'a pas voulu se prononcer sur le fameux test des valeurs qui a fait couler tant d'encre ces derniers jours - et selon lui, lorsque la leader de l'opposition officielle l'a fait, c'était au nom du PCC.

«Je ne commenterai pas ça. [...] Mme Ambrose a déjà exprimé notre position du parti là-dessus», a-t-il signalé lundi en entrevue téléphonique depuis Montréal, alors qu'il était en transit entre sa circonscription de Lac-Saint-Jean et la capitale néo-écossaise.

Il ne s'attend pas du tout à retrouver à Halifax un caucus déchiré. Les derniers jours ont certes «amené certains candidats à la chefferie à échanger de façon forte sur des enjeux, mais autrement, notre caucus est très, très uni», a assuré M. Lebel.

Préserver l'harmonie au sein des troupes pour les prochains mois, jusqu'à l'élection d'un nouveau capitaine, le 27 mai prochain, sera cependant «un exercice intéressant, qui va demander beaucoup d'effort», a convenu le chef adjoint.

Désert conservateur

La réunion du caucus conservateur, qui s'ouvre mardi, se déroule dans une région où le parti a été décimé à l'élection du 19 octobre dernier.

Les conservateurs ont été complètement rayés de la carte, le Parti libéral du Canada (PLC) raflant les 32 sièges de la région.

S'ils se réunissent en Nouvelle-Écosse, c'est pour tenter de rétablir les ponts avec les électeurs de ce coin de pays, a indiqué Denis Lebel.

«C'est facile à comprendre qu'on a besoin de redorer notre blason et de travailler fort en Atlantique», a-t-il laissé tomber.

Le chef adjoint s'attend à entendre ici des doléances concernant le nouveau processus de nomination des juges à la Cour suprême du Canada.

Des voix se sont élevées après que les libéraux eurent refusé de s'engager à respecter le principe de représentativité régionale - la convention voudrait que le juge néo-écossais Thomas Cromwell, qui a pris sa retraite le 1er septembre dernier, soit remplacé par un magistrat de l'Atlantique.

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