Mauvaises méthodes libérales

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(Québec) DÉCODAGE / Le premier ministre Philippe Couillard pilotera une mission économique et politique à Cuba en début de semaine. Une mission au pays de Fidel qui tombe à pic après un caucus difficile.

Cette mission gouvernementale à Cuba a été longuement préparée. Elle est dans l'air depuis près d'un an. Tant mieux, dit-on en coulisses, si elle fournit en plus de bien belles images - ce qu'elle devrait permettre, on s'en doute.

Elle tombe à point nommé, car, normalement, à l'issue d'un caucus comme celui tenu mercredi et jeudi, l'équipe gouvernementale devrait être en ordre de marche. Or, ce n'est pas l'impression qu'ont bien des libéraux de la base.

Le gouvernement est constamment rattrapé par des questions que le premier ministre et son état-major jugent sans doute périphériques, mais qui sont peut-être révélatrices d'une certaine mauvaise méthode. Une espèce d'instabilité permanente s'est installée.

Pensons à cette histoire de transfert avorté d'un recherchiste caquiste au cabinet de la ministre Dominique Anglade. La Coalition avenir Québec (CAQ) n'avait pas nécessairement prévu dévoiler qu'elle avait envoyé à son ex-employé une mise en demeure l'intimant de ne rien divulguer des documents confidentiels qu'il a subtilisés avant son départ.

Mais voilà, la CAQ a vite compris que certains dans l'entourage du premier ministre avaient décidé de claironner qu'un caquiste venait de la déserter pour se joindre au gouvernement. L'élastique s'est brisé dans les mains de celui et de ceux qui, au gouvernement, le manipulaient.

C'est peut-être ce qui finit par arriver lorsqu'on devient obnubilé par l'objectif d'aller débaucher quelqu'un chez un adversaire; et pas nécessairement pour de hautes considérations politiques. Simplement pour lui faire mal, pour le faire mal paraître. Certains, on le voit, aiment ce genre de politique.

En passant, le recherchiste caquiste, qui semble avoir agi de son propre chef, n'aurait pas appris grand-chose aux libéraux. Si quelqu'un est vraiment dépositaire de «secrets» caquistes, c'est Yan Plante. Il a travaillé pendant plusieurs mois dans l'entourage de François Legault avant d'être recruté dans celui du premier ministre plus tôt cet été.

Couper des rubans rouges

Lors du caucus, le ministre Laurent Lessard a reconnu avoir fait appel, alors qu'il était responsable des Forêts, à un ami pour l'épauler à son bureau de circonscription, un ami qui est un entrepreneur et qui avait fait une demande de subvention au gouvernement l'année précédente.

L'entreprise qu'il dirige, qui oeuvre dans le domaine de la biomasse, a touché ladite subvention. L'entrepreneur en question ne travaillait plus au bureau de M. Lessard lorsque les trois millions de dollars ont été versés.

Laurent Lessard a fait valoir que son ami et lui ont requis l'avis du Commissaire à l'éthique et à la déontologie, lequel, dit-il, a fait savoir qu'il ne voyait pas de problème à son embauche. Mais le simple fait qu'on se soit tourné vers le Commissaire à l'éthique indique bien qu'il y avait, à tout le moins et même à leurs propres yeux, «apparence» de problème.

En passant, si toutes les subventions passent par le tamis des «programmes normés», que les demandes ne sont évaluées que par des fonctionnaires - et il n'y a pas à en douter, sauf exception -, on pourrait s'interroger sur le fait que des ministres soient toujours là pour couper le moindre ruban rouge.

Un bâillon en début de session

Plutôt que d'avoir à se défendre dans de telles affaires, le gouvernement préfère des dossiers difficiles et controversés, comme le projet de loi 70 sur l'aide sociale ou l'entente de principe négociée avec la multinationale Uber - si l'on fait abstraction des manifestations des chauffeurs de taxi qu'il redoute.

Dans des dossiers comme ceux-là - difficiles et controversés, répétons-le -, un gouvernement est dans de vraies décisions politiques. Il a des arguments à faire valoir, tout comme les opposants. Tout ce à quoi il doit veiller, c'est à ce qu'un de ses députés ne s'oppose pas à ce qu'il a décidé de mettre sur la table.

À ce caucus libéral, le premier ministre a brandi la possibilité de recourir au bâillon législatif pour faire adopter le projet de loi sur l'aide sociale du ministre François Blais. Philippe Couillard a dénoncé l'obstruction menée par Québec solidaire et le Parti québécois en commission parlementaire.

Un bâillon législatif pourrait donc être imposé peu après la reprise de la session parlementaire, le 20 septembre. Ce serait tout à fait inusité. D'habitude, c'est en fin de session que les bâillons tombent.

Cette possibilité fera sans doute penser à certains députés libéraux qu'il aurait mieux valu, si c'est pour en arriver là, régler ce dossier à la fin de la dernière session parlementaire.

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