Reconnaissance en Chambre: le Bloc québécois semble résigné

Le chef du Bloc québécois, Rhéal Fortin.... (photo Archives La Presse, Ivanoh Demers)

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Le chef du Bloc québécois, Rhéal Fortin.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Le Bloc québécois se battra pour bloquer Énergie Est, pour les agriculteurs, pour les transferts en santé, mais de guerre lasse, il ne remontera pas au front lors de la rentrée parlementaire pour réclamer plus de ressources ou demander d'être reconnu comme un parti officiel en Chambre.

Le chef bloquiste, Rhéal Fortin, ne semble pas considérer l'arrivée de Bardish Chagger comme leader du gouvernement aux Communes, en remplacement de Dominic LeBlanc, comme une occasion de relancer le dialogue.

«Les demandes ont été adressées par écrit, verbalement, ont été discutées, n'ont reçu aucune réponse favorable. Je ne referai pas cette discussion-là avec tous les leaders à moins qu'on me le demande», a-t-il tranché jeudi matin en conférence de presse au parlement.

La formation indépendantiste dispose de moins de ressources et de moins de temps de parole en Chambre - ayant échoué à faire élire 12 députés, elle n'est pas reconnue officiellement comme un parti. Ses élus sont par ailleurs confinés au vestiaire de la Chambre des communes.

Le Bloc québécois a tenté d'améliorer son sort en négociant avec M. LeBlanc au cours de la dernière session parlementaire, mais ce fut en vain, a rappelé M. Fortin, entouré des neuf députés du caucus bloquiste.

«Le Canada nous a dit : "Non, on ne veut pas vous reconnaître, on ne veut pas vous attribuer de budget pour le fonctionnement de vos activités parlementaires, on ne veut même pas vous accorder une place dans l'antichambre"», a pesté le chef bloquiste.

Alors à moins que Mme Chagger ne signale au Bloc québécois qu'elle souhaite aborder le sujet, «ce dossier-là est clos», a lancé Rhéal Fortin, se disant «tanné d'entendre parler de démocratie dans une Chambre qui ne respecte pas les partis qui sont là dans l'opposition».

La nouvelle leader parlementaire des libéraux, qui a été assermentée à Rideau Hall le 19 août dernier, n'était pas disponible pour une entrevue, jeudi. Dans un communiqué transmis par son bureau, Mme Chagger s'est dite «toujours ouverte» à discuter avec le Bloc québécois.

«La règle stipulant qu'un parti a besoin de 12 sièges afin d'être reconnu en tant que parti officiel à la Chambre des communes date de plusieurs décennies, a-t-elle dit. Je crois que tous les partis devraient tenter de travailler ensemble afin de trouver une solution qui sera satisfaisante à tous.»

Vers la rentrée

Les 10 députés du Bloc québécois comptent se faire entendre lors de la rentrée parlementaire, le 19 septembre, a prévenu M. Fortin.

«On est fin prêts pour la prochaine session, et je peux vous garantir qu'on a l'intention de brasser la cabane au cours des prochains mois», a-t-il affirmé.

Le projet d'oléoduc Énergie Est, l'importation de lait diafiltré et les transferts en santé - les libéraux iront de l'avant avec le plan conservateur de faire passer la hausse de 6 à 3 % en les arrimant à l'augmentation annuelle du PIB - sont des enjeux que le Bloc suivra de près.

Car dans tous ces dossiers, le gouvernement libéral ne tient pas compte des intérêts du Québec, a pesté Rhéal Fortin.

«Les Québécois qui pensaient que les choses s'amélioreraient avec l'arrivée des libéraux vont constater que rien n'a changé à Ottawa, sinon que le premier ministre actuel est plus photogénique que le précédent», a-t-il raillé.

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