G20: le protectionnisme complique les discussions sur le bois d'oeuvre, dit le Canada

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Justin Trudeau serre la main du président chinois Xi Jinping à l'ouverture du G20.

The Canadian Press

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Andy Blatchford
La Presse Canadienne
Hangzhou

L'impact du protectionnisme sur les intérêts commerciaux du Canada inquiète les dirigeants canadiens, qui ont abordé le sujet avec leurs pairs, dimanche, au sommet des pays du G20.

Le premier ministre Justin Trudeau lui-même devait discuter du sujet avec les dirigeants européens en marge du sommet, a révélé la ministre du Commerce international, Chrystia Freeland, qui faisait partie de la délégation canadienne à Hangzhou.

Mme Freeland a souligné que les mouvements grandissants contre le libre-échange avaient compliqué les discussions délicates entre les États-Unis et le Canada sur le bois d'oeuvre.

Selon la ministre, cet élan protectionniste a également affecté les efforts du Canada pour signer l'accord de libre-échange avec l'Europe, aussi connu sous l'acronyme AECG (Accord économique et commercial global).

«Le premier ministre profite de son temps ici - c'est vraiment précieux, plusieurs pays européens sont membres du G20 - pour faire pression en faveur de l'accord afin de l'amener à la ligne d'arrivée», a déclaré Mme Freeland.

Le bureau du premier ministre Trudeau a indiqué qu'il avait eu une brève discussion sur l'AECG avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Selon la ministre Freeland, les poussées protectionnistes ressenties des deux côtés de l'Atlantique influencent certainement les discussions avec les États-Unis et l'Europe.

Chrystia Freeland a toutefois été encouragée d'entendre les remarques de M. Juncker, qui a dit dimanche que l'AECG était «le meilleur accord et le plus progressiste» que l'Europe n'a jamais négocié et qu'il méritait l'appui de tous les pays membres de l'Union européenne.

Le Canada et l'Europe ont convenu de signer l'accord cette année pour qu'il soit ratifié en 2017. Mais Ottawa ne prend rien pour acquis, a soutenu Mme Freeland.

«Il y a un fort appui, mais ce sera très important de travailler fort avec les Européens pour discuter des éléments progressistes dans cette entente», a-t-elle précisé.

«C'est une entente qui sera importante pour le Canada et nous travaillons très, très fort en ne supposant rien.»

Une source gouvernementale a dit qu'Ottawa était au courant de certaines réticences dans des pays comme l'Autriche et l'Allemagne. Le gouvernement Trudeau fera de son mieux pour s'assurer l'appui des groupes de centre ou de centre gauche - publiquement ou de manière privée. Cette source, qui a décrit cette démarche comme un réel défi, a requis l'anonymat puisqu'elle ne pouvait pas discuter publiquement de cet enjeu.

L'avocat en droit du commerce Larry Herman affirme que l'opposition à l'AECG semble gagner en puissance dans plusieurs pays.

«Étant donné que l'accord languit depuis trois ans maintenant, une certaine introduction de progressisme est critique», a-t-il expliqué dans un courriel.

Selon Me Herman, les négociations sur le bois d'oeuvre ont été encore davantage compliquées par le fait qu'il y a une date d'expiration: le 15 octobre - donc en pleine campagne électorale aux États-Unis.

Il croit que le gouvernement canadien devrait travailler sur un prolongement de l'accord existant jusqu'en 2017, puisque les discussions sont teintées par la politique en ce moment.

Le négociateur en chef du Canada a récemment déclaré qu'il existait encore plusieurs désaccords sur des enjeux clés.

Mme Freeland dit avoir abordé le sujet, dimanche, à Hangzhou avec le représentant américain au commerce, Michael Froman. Elle devrait le rencontrer à nouveau dans environ dix jours.

La ministre a assuré que le Canada et les États-Unis étaient impliqués dans des négociations approfondies.

«Le niveau de rhétorique protectionniste actuellement aux États-Unis pendant la campagne électorale rend cette négociation encore plus difficile. Je crois vraiment à espérer pour le mieux et à s'attendre au pire», a-t-elle indiqué.

M. Trudeau, qui a participé à la cérémonie d'ouverture du sommet dimanche, a également profité du sommet pour faire la promotion du commerce international. Devant une foule, samedi, il a prévenu que l'isolationnisme n'aidait en rien la croissance économique.

Plus tôt dans la journée, dimanche, le premier ministre a rencontré le président du Tchad, Idriss Deby Itno, qui est également à la tête de l'Union africaine.

Selon un communiqué diffusé par le bureau du premier ministre Trudeau, les dirigeants ont abordé plusieurs sujets, dont les enjeux de sécurité, les droits des femmes et l'intérêt, pour le Canada, de s'impliquer davantage en Afrique.

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