L'ombre du tchador sur le Parlement

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(Québec) DÉCODAGE / En affirmant mardi que le Québec doit accueillir 10000 immigrants de moins par année, le chef caquiste François Legault a imposé le thème de l'immigration dans le débat politique.

La Coalition avenir Québec avait savamment préparé sa sortie. Elle avait décidé depuis un certain temps déjà qu'elle clôturerait son caucus «présessionnel» en campant sa position dans ce dossier.

Le Parti québécois, qui tenait aussi son caucus «présessionnel», ne pouvait pas rester sur les lignes de côté. Mais le sujet est beaucoup plus délicat pour lui, a fortiori en pleine course à la direction.

Le chef intérimaire Sylvain Gaudreault n'a pu qu'exprimer le minimum sur lequel les candidats s'entendent, soit de ne pas hausser les niveaux d'immigration -en plus de demander l'injection de fonds supplémentaires dans leur francisation et leur intégration. Soit dit en passant, cette réunion de l'aile parlementaire péquiste a révélé une véritable animosité entre les candidats à la succession de Pierre Karl Péladeau.

Plus loin que l'ADQ

Il a beaucoup été dit que la CAQ a décidé de jouer à fond la carte des questions identitaires. On l'a vu avec l'affaire du burkini où le parti, bien qu'il admette maintenant ne pas pouvoir l'interdire, continue d'exprimer toute son opposition à cette tenue.

Sur l'immigration, François Legault creuse un sillon qu'il avait déjà emprunté, et qu'avait ouvert l'Action démocratique du Québec. Du temps où elle existait, l'ADQ voulait ramener le nombre de nouveaux immigrants au Québec à quelque 45000 par année.

En août 2011, avant qu'il ne transforme la Coalition avenir Québec en parti politique, M. Legault avait proposé une «pause de deux ans» pendant laquelle le nombre d'immigrants accueillis ne devrait pas dépasser 45000.

Bon an, mal an, le niveau se situe autour de quelque 50000.

Aujourd'hui, en voulant abaisser ce niveau à 40000, le chef caquiste va plus loin que ce qu'il a déjà suggéré et plus loin que ce qu'avait réclamé l'Action démocratique du Québec avant lui.

Lignes de fractures

Pour le Parti québécois, l'immigration a toujours constitué un sujet délicat. Depuis de nombreuses années, le parti affirme qu'avant de se mouiller sur un chiffre, il faut connaître la capacité réelle d'accueil du Québec. Mais des tiraillements internes apparaissent.

En disant que le Parti québécois s'oppose à toute augmentation, Sylvain Gaudreault ne s'est pas trop immiscé dans un sujet où des candidats comme Alexandre Cloutier, plutôt à l'aise avec les niveaux actuels, et Jean-François Lisée, qui a récemment indiqué qu'ils devraient être abaissés, ne s'entendent pas.

Les débats entre les candidats à la direction révéleront d'importantes lignes de fractures. Pas seulement sur le calendrier d'accession à la souveraineté et le chemin pour y parvenir, mais sur des questions identitaires.

En jouant là-dessus à fond, la CAQ exacerbe les tensions au PQ.

Le retour du tchador...

Malgré ses «précisions» sur le burkini, la députée caquiste Nathalie Roy a déclaré qu'on ne devrait pas en voir au Québec -pas plus qu'une burqa, un niqab ou un tchador. Le tchador...

La CAQ sera-t-elle tentée de dénoncer le gouvernement Couillard à propos de ce vêtement? Le projet de loi de la ministre Stéphanie Vallée sur la neutralité religieuse devrait finalement être étudié en commission parlementaire d'ici Noël. Il stipule que les services de l'État doivent être fournis et reçus à «visage découvert».

La burqa et le niqab seront donc interdits. Mais pas le tchador, qui recouvre le corps sans cacher le visage.

Le sujet peut paraître théorique, mais souvenons-nous qu'il a déjà provoqué une crise au Parti libéral du Québec. Une crise qui a conduit au départ fracassant de la députée Fatima Houda-Pepin.

À la CAQ, on se souvient très bien que le tchador a constitué un élément déclencheur au départ de la libérale.

La tentation d'exploiter le sujet existera. Mais on peut penser que le parti de M. Legault choisira mieux ses mots que pour le burkini. Cette fois-ci, il conviendra sans doute dès le départ que, pas plus que le burkini, le tchador ne pourra être proscrit. Mais il clamera probablement haut et fort son aversion pour ce vêtement.

Daoust, lâché en juin

Les ténors du PQ, de la CAQ et de Québec solidaire ont répété cette semaine qu'ils ne lâcheront pas l'affaire de la vente par Investissement Québec des actions qu'elle détenait dans Rona.

Lors de son témoignage en commission parlementaire, Pierre Ouellet, l'ex-chef de cabinet de l'ex-ministre Jacques Daoust, a soutenu en avoir parlé au chef de cabinet du premier ministre après la publication du rapport de la Vérificatrice générale sur Investissement Québec. Il a évoqué le 3 juin. Le rapport a été publié le 2.

Le ministre démissionnaire Jacques Daoust... (Archives, La Presse Canadienne) - image 3.0

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Le ministre démissionnaire Jacques Daoust

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Or, c'est précisément le 3 juin que Philippe Couillard a proposé pour la première fois la tenue d'une commission parlementaire spéciale pour tenter de démêler le vrai du faux dans les versions. C'est à ce moment-là qu'il a commencé à lâcher Jacques Daoust; à ce moment-là, donc, qu'il a estimé qu'il ne pouvait plus complètement se porter à sa défense.

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