Les bonis versés à Investissement Québec jugés indécents

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Les 10 vice-présidents d'IQ ont partagé entre eux 663 000 $ en bonis, soit une moyenne de 66 275 $ par personne.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne

La Coalition avenir Québec (CAQ) veut décapiter la direction d'Investissement Québec: le parti de François Legault juge «indécente» et «scandaleuse» l'attribution de plus de 3 millions $ en bonis annuels à Investissement Québec (IQ), alors que la société d'État obtient des rendements décevants.

La Presse rapportait dans son édition de jeudi que les bonis annuels restent à peu près les mêmes depuis 2011, en dépit du fait que le résultat net de ce bras financier du gouvernement est en baisse du tiers, de 96 millions $ en 2014-2015 à 67 millions $ en 2015-2016.

Néanmoins, les 10 vice-présidents d'IQ ont partagé entre eux 663 000 $ en bonis, soit une moyenne de 66 275 $ par personne. De son côté, le personnel a aussi eu droit à des bonis, mais plus modestes. Pas moins de 85 % de l'effectif total de 500 personnes a touché un boni.

Autant la CAQ que le Parti québécois ont dénoncé en choeur cette généreuse distribution. «Je trouve ça scandaleux pour une grande majorité de Québécois qui travaille extrêmement fort», a commenté le leader parlementaire caquiste, François Bonnardel, dans une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, jeudi.

«Ce n'est pas acceptable, on passe au guichet automatique même si les résultats ne sont pas là, a poursuivi le député de Granby. Je pense que c'est indécent de la part de la ministre [de l'Économie, Dominique Anglade] d'accepter cela.»

La ministre, qui est responsable d'IQ, et le gouvernement Couillard se font «complices» dans la «mauvaise gestion» de la société d'État, estime-t-il, en laissant perdurer le statu quo sans fixer d'objectif clair.

Indicateurs accablants

Les indicateurs sont accablants, a-t-il déploré, par exemple en matière d'emplois créés ou préservés pour IQ: 8000 emplois en 2013-2014, 7000 en 2014-2015 et 6000 en 2015-2016. De même, les perspectives en investissements privés non résidentiels cette année au Québec, un des champs d'intervention d'IQ, sont mauvaises, a-t-il rappelé.

«Ça prend un coup de pied au derrière, une ministre qui a une vision claire pour les 10-15 prochaines années. Il en va de notre pouvoir économique par rapport aux autres provinces», a affirmé M. Bonnardel, qui réclame un «changement de culture» immédiat.

Pour ce faire, les «têtes doivent rouler», des dirigeants doivent être licenciés et il faut une meilleure reddition de comptes, ainsi que l'élimination pure et simple des bonis en cas de mauvais résultats, a exigé le député de Granby.

«Jamais des actionnaires dans une société n'accepteraient de verser des bonis comme ceux-là sans reddition de comptes, a-t-il illustré. Depuis quand on verse des bonis à des personnes qui ne sont même pas capables minimalement d'aller chercher le rendement de l'année précédente?»

Soulignons qu'Investissement Québec doit déposer le 21 septembre des propositions en réponse aux recommandations de la vérificatrice générale soumises dans un rapport très sévère en juin.

Pour sa part, l'opposition officielle a fait savoir qu'elle exigera des réponses au cours de cette commission parlementaire du 21 septembre. Le chef péquiste intérimaire, Sylvain Gaudreault, soutient que ces bonis ne servent au fond qu'à gonfler systématiquement les salaires.

«Une chose qui nous apparaît absolument inconcevable, ce sont ces bonis qui sont transformés en salaires déguisés et qui sont devenus une culture au sein d'Investissement Québec, a-t-il dit en conférence de presse, au terme d'un caucus présessionnel de deux jours de son parti à Gatineau. Cela contribue à faire perdre toute crédibilité en matière économique à ce Parti libéral.»

Turbulences

Investissement Québec n'a pas donné suite à nos demandes d'entrevue et de renseignements.

IQ traverse depuis quelques mois déjà une période de turbulences en raison de l'affaire RONA. La société d'État détenait 150 millions $ d'actions du quincaillier, soit une minorité de blocage potentielle, mais les a liquidées en douce en 2014 avant l'achat de l'entreprise par le géant américain Lowe's, au début de cette année.

Le ministre responsable de l'époque, Jacques Daoust, a toujours maintenu qu'il n'en savait rien jusqu'à ce qu'une série de courriels révèle que son cabinet était au courant, ce qui a entraîné sa démission le 19 août.

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