La CAQ veut réduire l'immigration de 20 %

Le chef de la Coalition avenir Québec, François... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a indiqué, lors du caucus de sa formation politique, qu'il faut se méfier des lobbies de gens d'affaires qui plaident pour accueillir plus d'immigrants afin de pouvoir s'offrir des employés au salaire minimum.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Saint-Jérôme) Les années de Philippe Couillard en Arabie Saoudite et son clientélisme politique pourraient expliquer son ouverture à plus d'immigration, avance le chef caquiste François Legault.

En clôture de son caucus de deux jours dans les Laurentides, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a proposé une diminution de 20 % du seuil d'immigration au Québec. 

Selon lui, il est clair que le Québec n'a pas les ressources nécessaires pour franciser et intégrer correctement les 50 000 nouveaux arrivants qu'il accueille chaque année. 

Dans ce contexte, M. Legault cherche à comprendre pourquoi le premier ministre s'est montré au contraire favorable à une hausse du seuil.

«Est-ce que c'est son voyage en Arabie Saoudite? a demandé le chef caquiste. Est-ce la défense de certains groupes qui votent libéral? [...] Chaque fois qu'on soulève une question autour du français, des valeurs québécoises, de l'immigration, il pète les plombs et il insulte tout le monde.»

Le chef caquiste renvoie au passage de M. Couillard, entre 1991 et 1996, à Dhahran, en Arabie Saoudite, où il a cofondé un service de neurochirurgie. Lundi, le premier ministre a comparé M. Legault au candidat républicain Donald Trump parce qu'il expulserait des immigrants incapables de réussir un «test de valeurs». 

«On ne se laissera pas insulter», a lancé le chef caquiste à ses députés. Il dit s'en remettre à «l'intelligence des Québécois» pour discuter calmement d'immigration. 

Le Québec reçoit - toute proportion gardée - plus d'immigrants que les États-Unis et la France, affirme M. Legault. Depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir en 2003, les seuils ont augmenté de 25 %, mais les budgets d'intégration et de francisation n'ont pas suivi, poursuit-il. Résultat : un taux de chômage de 18 % chez les nouveaux arrivants et 200 000 immigrants au Québec qui ne parlent pas français, dit M. Legault.

«Risque réel» pour le français

Le chef de la CAQ craint pour la survie du français au Québec. Il y a un «risque réel», affirme-t-il. «Ça devient mathématique, dit M. Legault. Faites une petite règle de trois, sur 25 ans, vous allez voir que c'est inquiétant. D'abord pour Montréal, puis pour l'ensemble du Québec.»

La dénatalité et le vieillissement posent un défi démographique au Québec, convient le chef caquiste. Mais l'immigration n'est pas le seul remède à l'augmentation de la population active pour générer de la croissance, insiste-t-il. La lutte contre le décrochage scolaire est une façon d'accroître le bassin de main-d'oeuvre qualifiée au Québec, note M. Legault.

Il faut se méfier, selon lui, des lobbys de gens d'affaires qui plaident pour accueillir plus d'immigrants afin de pouvoir s'offrir des employés au salaire minimum.

Le Québec est et doit demeurer une société ouverte, clame le chef caquiste. Mais il doit aussi respecter sa capacité d'accueil. Et, en cette matière, il y a un retard accumulé. Plafonner à 40 000 le nombre de nouveaux arrivants par année et maintenir les budgets au niveau actuel permettrait d'effectuer un certain rattrapage, selon lui.

Le chef de la CAQ se présente comme le chantre de la défense de la fierté et de l'identité québécoise. «Il y a effectivement des menaces de gens qui ne croient pas à nos valeurs, qui choisissent de ne pas apprendre le français, affirme le chef caquiste. Moi, j'y tiens. [...] Il ne faut pas être naïf.»

Le directeur des communications au bureau du premier ministre, Charles Robert, a déploré que la CAQ joue la carte de la division et «cherche à créer deux sortes de Québécois : le bon et le mauvais». Selon lui, la politique d'immigration de M. Legault est «un cynique calcul électoral».

Au Parti québécois, le leader parlementaire Nicolas Marceau croit aussi qu'il faudra revoir à la baisse le seuil d'immigration. Mais une analyse sérieuse devra être faite pour arrimer le nombre de nouveaux arrivants à l'argent investi pour les intégrer. La proposition caquiste sent «l'improvisation» qui s'inscrit en droite ligne avec leur «niaiserie» sur l'interdiction du burkini. «C'est du populisme de droite», affirme M. Marceau.

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